Coup de communication ou baisse réelle ? Dans les pages du Parisien la semaine dernière, le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé que près de 95% des Français paieront moins d’impôts l’année prochaine.

Une annonce qui arrive à point nommé, alors que la tempête des Gilets jaunes continue de sévir dans une France déchirée à la veille des élections européennes. 

Afin de rassurer les Français et d’endiguer la crise, Darmanin a même annoncé un chiffre : €300 par foyer et par an seront reversés dès 2020. 

Cependant, de nombreux économistes y voient un écran de fumée placé pour attirer les votes des Français vers le parti d’Emmanuel Macron LaREM alors que le Rassemblement national de Marine le Pen est en tête dans les sondages. 

€300 annuels par foyer dès 2020

C’est l’annonce qu’il faut retenir de l’interview donnée par le ministre Gérald Darmanin au Parisien. Dès l’année prochaine, près de 95% des ménages français verront leurs impôts diminuer, résultant en un gain allant de 180 à €350 par foyer.

Selon le ministre, ces avantages fiscaux sont le résultat d’une bonne gestion du budget par le gouvernement Macron. “Des réformes comme celles de la Fonction publique, de l’assurance chômage, de l’audiovisuel public ou encore des mesures qui incitent à travailler plus longtemps nous permettront de ne pas creuser le déficit”, peut-on lire dans Le Parisien.

Dès la publication de l’article, un sondage réalisé par Les Echos a révélé que les Français ne trouvaient pas le ministre crédible.

Deux semaines après son intervention le président de la République n’avait déjà pas su convaincre, “les deux tiers des français jugent que l’annonce d’une baisse d’impôt sur le revenu n’est pas crédible, et même pas du tout crédible pour un français sur cinq”, selon Les Echos.

Le ministre est-il l’homme de la situation ? L’année dernière, Gérard Darmanin avait été accusé de viol par une prostituée. Une réputation déjà bien entachée qui aurait desservi le gouvernement.

Le Grand Débat a d’ailleurs été un échec sur le plan fiscal, excepté sur la proposition de l’Etat de réduire les niches fiscales. Ces dernières représentent un manque à gagner pour le gouvernement estimé à €86 milliards par an.

Un déficit de 2% pour le budget

Autre information cruciale pour l’économie française, Gérard Darmanin a expliqué au Parisien que les recettes publiques se portent bien. “Des réformes comme celles de la Fonction publique, de l’assurance chômage, de l’audiovisuel public ou encore des mesures qui incitent à travailler plus longtemps nous permettront de ne pas creuser le déficit”, a t-il expliqué.

Malgré tout, les journalistes du Parisien soulignent que derrière ces belles annonces, le ministère à Bercy ne sait pas comment mettre en application ces mesures – et surtout, n’a aucun moyen de garantir une baisse de 2% du budget.

“Sous les dorures de l’Élysée, on se félicite d’avoir enclenché une forte baisse de l’impôt sur le revenu. Mais déjà, dans les couloirs de Bercy, les cols blancs s’arrachent les cheveux pour trouver l’équation qui maintiendra le budget à flot. Car trouver €5 milliards n’est pas si aisé.” peut-on lire dans l’analyse du quotidien.

En d’autres termes, le gouvernement veut se montrer fort et expert en économie, là où d’autres partis – dont le Rassemblement national de Marine le Pen – ne savent pas comment faire.

Les élections du 26 mai en ligne de fond

Si l’Etat essaye d’améliorer la vie des Français et d’augmenter leur pouvoir d’achat, ces annonces arrivent aussi à un moment stratégique avec les élections européennes.

Le scandale de la tête de liste du parti, Nathalie Loiseau, a gravement affaibli les chances de LaREM de remporter les élections. Des archives ont révélé que Nathalie Loiseau, actuellement directrice de l’ENA, a été candidate et membre du parti du GUD, un groupe d’extrême-droite violent dans les années 1980- 1990.

Profitant de la montée des extrêmes en Europe, le parti a ressurgi en 2017 à Lyon en se renommant “Social Bastion”.

Un élément très déroutant pour les électeurs, dont le parti de Marine le Pen s’est réjoui, puisqu’il démontre une certaine hypocrisie au sein du parti d’Emmanuel Macron, qui souhaitait s’entourer de femmes et d’hommes politiques aux visions modernes tournées vers le futur…

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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