C’est la grande nouvelle annoncée par Emmanuel Macron lors de son voyage en Afrique. Le franc CFA, crée en 1945, sera remplacé par “l’eco”.

Si la démarche diplomatique a été saluée par l’opinion publique, elle pose des questions quant à l’avenir de l’économie locale. Par ailleurs, les réserves de change ne seront plus obligatoirement logées au sein du trésor français et la France se retirera des “instances de gouvernance”.  

Quelles seront les nouvelles monnaies et quels seront les nouveaux accords entre les pays et l’Union européenne ? Retour sur un changement historique. 

8 pays d’Afrique de l’Ouest en route vers “l’eco”

La fin du franc CFA (ancien acronyme pour « Colonies françaises d’Afrique » remplacé ensuite en 1958 par « franc de la Communauté française d’Afrique), annoncée par Emmanuel Macron et le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara le 21 décembre 2019, a ouvert une nouvelle ère pour la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Pour rappel, le franc CFA est né en 1945. Il est actuellement en circulation dans quatorze pays d’Afrique de l’Ouest. Mais la réforme ne concerne pour l’instant que les huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest africaine (UEMOA) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

 

Dans un futur proche, ce sont près de 150 millions d’Africains qui utiliseront l’eco.

La France prend du recul

Par ailleurs, la fin du franc CFA sonnera également le glas de “la centralisation de placement des réserves de changes de la BCEAO au Trésor Français”, note le magazine Entreprendre.

La France deviendra donc “simple garant financier” de la convertibilité en euro, mais ne fera plus partie des instances de gouvernance comme elle l’a pu l’être auparavant avec le franc CFA. Aussi, les réserves de change ne seront plus obligatoirement logées au sein du trésor français.

En outre, c’est un nouveau souffle pour l’économie africaine qui espère attirer les investisseurs.

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Booster la finance africaine

Avec une économie plus indépendante et moins liée au vieux continent et des investissements étrangers croissants, les marchés ont bien réagi à l’annonce du 21 décembre.

Comme le souligne le magazine Entreprendre : “C’est désormais en Afrique que les réserves seront placées, ce qui pourrait renforcer le marché financier régional ouest africain en termes d’activité.”

Une nouvelle qui arrive à point nommé, puisque les trois plus grandes places boursières en Afrique pour l’année 2019 sont hors-zone : l’Afrique du Sud, Maurice et le Nigéria se hissent sur le podium.

La seule introduction en Bourse de taille en Afrique de l’Ouest, celle du groupe bancaire ouest-africain Oragroup, a chuté de près de 30% l’année dernière.

Les experts se montrent cependant pessimistes quant à la réussite de la réforme étant donné les importantes disparités économiques et budgétaires entre les pays de la zone concernée, sans compter les démêlées techniques qui ne manqueront pas de ralentir le processus.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo