Après des mois de tourmente et le départ de son ancien PDG Jean-Marc Janaillac il y a quelques mois, le groupe Air France-KLM a jusqu’au 31 décembre 2018 pour se restructurer. 

C’est Benjamin Smith, l’ancien numéro deux d’Air Canada qui a été nommé le 16 août pour prendre les commandes du groupe aérien.

Au programme : une négociation très attendue avec les syndicats pour discuter des salaires du personnel naviguant, la nomination d’un nouveau directeur général, la définition de la feuille de route d’Air France et un nouveau style de direction espéré.

Avec une intersyndicale décidée à ne rien lâcher, Benjamin Smith est attendu au tournant – les syndicats eux, déplorent son manque de connaissance du milieu aéronautique français, et doutent qu’il saura mener l’entreprise à bon port.

Acte I : négociation des salaires

Depuis l’histoire de la “chemise arrachée” en 2015, les syndicats d’Air France savent faire parler d’eux et inquiètent, encore une fois cette année, les dirigeants du groupe.

Avec un conflit social long de plusieurs mois cette année, le chiffre d’affaires d’Air France est prévu à la baisse pour 2018 et Benjamin Smith va devoir jongler les attentes de chacun.

« L’intersyndicale lui a réaffirmé un rattrapage de 5,1 % pour l’ensemble des salariés d’Air France » a déclaré au quotidien Le Monde Françoise Redolfi, représentante du syndicat l’UNSA-PNC.

Du côté de la direction, on se réjouit de la nomination de Benjamin Smith, ressenti comme un nouveau souffle à la tête d’Air France. La réunion de lundi dernier avec les syndicats a été concluante, définie comme “franche et directe” par différents représentants des équipes d’Air France.

Dans une interview exclusive donnée à Paris Match, Benjamin Smith explique qu’il espère gagner la “confiance et le respect” des salariés et arriver à un accord, “même si cela doit prendre un an”.

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Une nouvelle stratégie attendue

Mais à l’heure d’Open Skies et d’autres nouvelles régulations qui ont drastiquement multiplié les offres et développé une concurrence forte, les actionnaires, eux aussi, attendent Benjamin Smith au tournant.

Première question : la stratégie commerciale de l’entreprise. Alors que de nombreuses compagnies aériennes lancent des destinations spéciales pour les nouveaux pays riches Air France a lancé June, une ligne low-cost, qu’elle compte bien développer.

“Pour le moment, nous sommes uniquement présents pour les vols business, premium et luxe”, a expliqué Smith à Paris Match. Autrement dit, Air France devrait se développer très prochainement dans le low cost afin de prendre des parts de marché à Ryanair et Easyjet, les leaders du secteur en France et en Europe.

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Quid du DG ?

Mais il n’y a pas que la stratégie commerciale qui intéresse les actionnaires. La nomination très attendue d’un directeur général pose un grand point d’interrogation sur les capacités de Ben Smith à restructurer l’entreprise.

Qui Benjamin Smith choisira pour reprendre les rênes d’un géant Français ? Alors que les assises du transport aérien prennent du retard à cause d’Air France, il est prédit que Smith pourra rester plus longtemps à la tête du groupe si le bon profil n’est pas trouvé. Un cas déjà démontré par le passé avec Anne-Marie Couderc, Présidente des conseils d’administration d’Air France-KLM.

Nommée comme intérimaire par l’ex PDG Jean-Marc Janaillac,  elle est désormais permanente au sein du groupe. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour une des entreprises françaises les plus connues au monde.

En attendant de trouver son prochain DG, Air France souhaite présenter une nouvelle image, tournée vers les technologies afin d’attirer la nouvelle génération.

Cette semaine, un partenariat avec une entreprise de blockchain a été révélée sur le compte Twitter du géant aérien.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo