Deux semaines,après la chute de son action, le géant aérien vit un nouveau rebondissement. Le président d’Air France et PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac a annoncé sa démission vendredi, suite au refus des salariés d’accepter sa proposition salariale par référendum.

C’est donc avec une direction affaiblie qu’Air France et KLM vont devoir affronter les grèves prévues les lundi 8 et mardi 9 mai. Près de 15% des avions ne décolleront pas. C’est le chiffre le plus bas de mobilisation depuis le début du mouvement.

Les salariés, qui ont rejeté l’accord à 55%, prévoient des mouvements à Paris-Orly, Paris-CDG, Lyon, Metz-Nancy, Friedrichshafen, Toulouse et d’autres aéroports.

Des salariés déterminés

La situation est inédite. Les salariés d’Air France-KLM ont été nombreux à se manifester lors du vote. Selon la revue Challenges, le taux de participation était de 80% sur plus de 46 000 employés,  soit près de 37 000 votants.

Alors que la grève commencera, l’intersyndicale se réunira lundi 7 mai dans l’après-midi, pour une possible reprise des négociations. Cependant, le gouvernement ne souhaite pas intervenir, et se dit même très réticent à l’idée de soutenir le mouvement.

La grève des transports ne se fera pas que dans les airs. Comme l’indique La Dépêche,  la SNCF compte bien, elle aussi, faire la grève dès lundi soir. Presque une douzaine de jours de grèves seraient encore à prévoir d’ici à la fin du mois de juin, rapporte le quotidien. Le gouvernement s’est exprimé à ce sujet.

Un gouvernement inflexible

“L’Etat n’est pas là pour éponger les dettes”, a déclaré Bruno le Maire, le ministre de l’Economie sur BFM TV. Pour le ministre, il n’est pas question de céder à la pression de l’intersyndicale.

Lors de cet entretien télévisé, le ministre a prié les salariés de la flotte aérienne française de bien vouloir s’adapter au marché de l’air.
De plus en plus très concurrentiel,
 Bruno le Maire a déclaré qu’ “on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées que celles qui sont sur la table (..) lorsque l’on sait que l’entreprise est en danger.

L’Etat, qui possède 14% du capital d’Air France, est un actionnaire minoritaire. De ce fait, il semble exercer une forte pression pour renouer le “dialogue social”.

Bruno le Maire a affirmé cette intention à  l’Agence France Presse: “les 14% que l’Etat a dans le capital d’Air France, c’est l’argent des Français. Comme ministre de l’Economie, je suis comptable du bon emploi de l’argent des Francais”.

Bruno le Maire a estimé que l’entreprise était sur la bonne voie jusqu’à vendredi dernier. Pour lui, les résultats du vote ont changé, la donne. La survie d’Air France serait même “en jeu”.

Une succession inconnue

Le PDG actuel Jean-Marc Janaillac assurera ses fonctions jusqu’au mardi 15 mai. Une gouvernance de transition prendra la relève dès le lendemain.

Bruno le Maire a décrit la mission du prochain Président comme “claire: le rétablissement du dialogue social comme priorité absolue, et en deuxième lieu le rétablissement de la compétitivité”.

Un mouvement coûteux

Au-delà des grèves, c’est la santé financière du groupe Air France-KLM qui inquiète. Ce dernier aurait déjà accumulée 269 millions d’euros de dettes. Plus inquiétant encore: selon Le Monde, ce chiffre ne comprendrait que trois jours de grèves : le 22 février, 23 et 30 mars.

Alors que les salariés prévoient près de 14 jours de grève au total, l’action continue de chuter en bourse, à presque -7% enfin de journée vendredi dernier. La reprise du dialogue entre syndicats lundi 7 mai est par conséquente très attendue des actionnaires et du gouvernement, de plus en plus inquiets.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo