C’est une brèche dans laquelle Airbus pourrait bien s’engouffrer. Alors que Boeing se retrouve en pleine tourmente après le crash de deux de ses derniers modèles, les 737 Max, qui ont causé la mort de centaines de passagers, la Chine a signé une commande de plus de 300 avions signés Airbus lors de la visite de son Président Xi Jinping en France. 

Le contrat, signé lors d’une cérémonie officielle au Palais de l’Elysée, promet l’achat de 290 Airbus A320 et dix A350 par le gouvernement chinois. L’entreprise dite “étatique” chinoise, la CASC (China Aviation Supplied Holding Company) a signé les papiers lundi. 

Cependant, de nombreux économistes s’inquiètent de la mainmise de la Chine sur les entreprises françaises. Cet énième épisode serait-il le coup de trop ? Analyse. 

Le retour en force d’Airbus

Le retour d’Airbus sonne l’heure d’une grande victoire pour les industriels français, mais surtout une opportunité unique pour le président Emmanuel Macron de regagner en popularité.

D’ailleurs, l’événement a été largement relayé sur ses réseaux sociaux par ses comptes officiels.

Le président a d’ailleurs marqué le coup, en décrivant “La conclusion d’un grand contrat pour Airbus est une avancée importante et un excellent signal de la force des échanges entre la Chine et la France”, a t-il déclaré lors d’une allocution officielle.

Pour le constructeur d’aviation européen, il était temps de signer des commandes : son carnet en 2018 (moins de 800 avions commandés) n’avait jamais été aussi mauvais en six ans.

Dans un communiqué de presse publié après l’allocution d’Emmanuel Macron, Airbus a confirmé la “commande de 300 appareils Airbus au total par des compagnies chinoises”, un accord bien plus juteux que le pré-accord annoncé en 2017, qui ne comptait seulement que 184 Airbus A320.

La commande confirmée cette semaine s’élèverait, si on en s’en réfère aux chiffres publiés dans ses catalogues, à plus de $35 milliards.

Si les experts se demandent pourquoi le chiffre a presque doublé, il faut certainement y voir une conséquence des actualités de l’industrie. En effet, c’est, tragiquement, peut-être le double crash du Max 737 de Boeing qui aurait tiré Airbus d’affaire.

A lire aussi : “Selon Boeing, la Chine va acheter 7 690 avions d’ici à 20 ans”

Boeing en pleine crise

Car si Airbus et Boeing sont un peu ce que sont les “Apple-Microsoft” de l’informatique, la guerre fratricide a pris un nouveau tournant tragique ce mois-ci avec la mort de près de 300 personnes à bord des 737 Max-8, les plus grands avions jamais construits par Boeing.

Avec une nouvelle fonctionnalité technique qui n’aurait pas été transmise aux pilotes, Boeing aurait fait l’économie fatale de former ses employés et les utilisateurs du logiciel, dont les pilotes de ligne.

Résultat : deux avions se sont crashés depuis le début de l’année, un Boeing 737 Max de la compagnie Lion, et un Boeing 737 Max de la compagnie Ethiopian Airlines. Alors que Boeing comptait sur cet avion pour dépasser Airbus sur le long terme, ces deux tragédies devraient porter préjudice au géant américain pour les prochaines années.

Mais ce qui fait le malheur des uns fait le bonheur des autres… Du côté Français, et plus précisément à Neufchâtel-en-Bray, on se réjouit de la commande.

Neufchâtel-en-Bray : destination Airbus

Cette petite ville de Normandie de 4728 habitants à l’année pourrait bien se développer à belle allure. Selon le magazine régions de France 3, la société Mecanolav située à Neufchâtel-en-Bray depuis 35 ans développe des technologies pour nettoyer, dégraisser et sécher des pièces mécaniques.

“Cela alimente toute la filière aéronautique et les sous-traitants”, s’est réjouit le propriétaire de l’usine, qui s’est félicité d’un tel investissement.

Au total, ce sont près de plusieurs centaines de postes qui seraient créés ces prochaines années en France pour délivrer la commande dans les délais.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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