En dépit de bénéfices exceptionnels au quatrième trimestre de 2018, Amazon a présenté des prévisions de ventes décevantes pour 2019. Les années de faste semblent être derrière le géant du e-commerce.

Si la baisse des ventes en ligne étaient jusqu’à présent compensées par les résultats des divisions publicité et cloud, les deux vaches à lait du groupe, les investisseurs s’inquiètent : Amazon est confronté au protectionnisme croissant de l’Inde, et les ventes en Amérique du Nord, son premier marché, ne cessent de reculer.

Une année 2018 exceptionnelle

Au quatrième trimestre de 2018, le chiffre d’affaires d’Amazon a progressé de 19,7% pour atteindre $72,38 milliards. Les analystes attendaient $71,87 milliards, soit une hausse de 19%. Le bénéfice net est de $3 milliards, soit $6,04 par action, contre $5,69 attendus.

Ce n’est pas une première pour le groupe, qui en est à son troisième bénéfice record consécutif. Le chiffre d’affaires d’Amazon a atteint $233 milliards (+31 %) sur l’année, tandis que le bénéfice net a triplé pour atteindre $10,1 milliards.

Des prévisions de ventes décevantes pour 2019

Les prévisions annoncées pour Amazon pour le premier trimestre 2019 sont plus faibles que prévues : le groupe a annoncé des ventes nettes entre 56 et $60 milliards, chiffre beaucoup plus bas que les $60,77 milliards attendus par le consensus.

Après la publication de ces résultats le 31 janvier, le cours de l’action a chuté de 5 % en Bourse, preuve que les actionnaires — bien que satisfaits de voir les excellentes performances du quatrième trimestre de 2018 — regardent vers l’avenir.

Pourquoi ces résultats décevants ?

  • Amazon prévoit de subir un effet de change défavorable, dû à la valorisation du billet vert.
  • Les ventes du groupe progressent moins vite que celles de ses vendeurs tiers. En bref, Amazon est devenu un intermédiaire de vente pour des sociétés extérieures, ce qui génère moins de revenus pour le groupe malgré des marges plus importantes.
  • Les ventes internationales d’Amazon ont ralenti de 15% par rapport à 2017 (29%). Le groupe subit une nouvelle législation en Inde l’empêchant de vendre à perte pour gagner des parts de marché. Au 1er février, le groupe a dû retirer de son site des milliers de produits. Pour les sociétés américaines, l’Inde est un pays émergent considéré comme un futur relais de croissance, où le marché de la vente en ligne est estimé à $200 milliards d’ici 2020 (chiffres de Morgan Stanley).

Ralentissement de la croissance

Le groupe montre déjà les premières limites de son expansion : au premier trimestre de 2018, la croissance avait déjà ralenti à 20% dans le monde. Pour la plupart des sociétés, une croissance annuelle de 20% serait célébrée, mais pour Amazon, il s’agit du taux le plus faible depuis 3 ans. Plus inquiétant, sur son premier marché, à savoir les Etats-Unis, sa croissance n’est plus que de 18% (versus 42% en 2017).

Le rachat des magasins physiques de Whole Foods a contribué au ralentissement. Pour couronner le tout, le Directeur Financier du groupe, Brian Olsavsky, a indiqué que les ventes du premier trimestre 2019 pourraient afficher une croissance autour de 14 %, soit au plus bas taux depuis 2001, lorsque la taille d’Amazon était de 1% de sa taille actuelle.

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Cloud et publicité : vaches à lait d’Amazon

Le cloud est le principal moteur de la croissance du groupe : les ventes de la division Amazon Web Services ont rapporté davantage que prévu avec $7,4 milliards pour le quatrième trimestre de 2018, soit une progression de 45% par rapport à l’exercice précédent.

Avec $2,2 milliards de bénéfices d’exploitation, le cloud représente deux tiers des bénéfices d’Amazon au quatrième trimestre de 2018. C’est 61% de plus qu’au quatrième trimestre de 2017. Amazon est leader du cloud, devant Microsoft et Google. Le cloud est une activité plus rentable que la vente en ligne. Pour preuve, le bénéfice net d’Amazon était en hausse de 65% au dernier trimestre 2018, pour atteindre $3 milliards.

Au quatrième trimestre de 2018, les “autres revenus” d’Amazon, c’est à dire les revenus publicitaires, ont atteint $3,4 milliards. C’est 95% qu’au quatrième trimestre de 2017.

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Une ascension fulgurante depuis 2001

Amazon en 2018, c’est 233 milliards de ventes et 500 000 employés à travers le monde. Le petit libraire est devenu la plus grande société cotée en bourse, avec $840 milliards de capitalisation boursière.

A l’instar des autres sociétés nées de l’internet, la croissance du groupe s’est agrandie en même temps que sa taille. En 2018, la croissance d’Amazon a progressé de 30 %, soit le double de sa progression en 2001. En trois ans, l’entreprise a doublé de taille.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo