Amazon et Jeff Bezos : Vers un avenir radieux ?

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Amazon est sur un petit nuage. Le géant du e-commerce a récemment publié ses résultats pour le dernier trimestre 2020 et ils sont exceptionnels. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 125,6 milliards sur les trois derniers mois de l’année dernière. Une première pour l’entreprise.

Son fondateur, Jeff Bezos, a choisi ce moment historique pour annoncer sa décision de prendre un peu de recul. Il quittera ses fonctions de directeur général au troisième trimestre 2021 pour prendre la présidence du conseil d’administration.

Amazon bat des records en pleine pandémie

Si l’année 2020 a été synonyme de catastrophe pour de nombreuses sociétés à travers le monde, cela n’a pas été le cas pour Amazon. Le numéro un mondial du e-commerce est, en effet, le concept type de la société dite « confinement » ou « stay at home ». Il s’agit des entreprises dont le secteur ou le mode de fonctionnement ont permis de profiter à plein régime des restrictions instaurées dans le cadre de la crise sanitaire.

Les confinements à répétition ont créé un engouement particulier pour les achats en ligne alors même que les magasins traditionnels étaient dans l’obligation de fermer. Si au sein du secteur tous en ont profité, de Cdiscount à Alibaba,  Amazon fait évidemment figure de principal bénéficiaire du fait de sa position dominante parmi les entreprises du commerce en ligne.

Les chiffres relatifs à la bonne santé d’Amazon donnent le tournis. L’entreprise a dépassé les 1500 milliards de capitalisation boursière en 2020. L’action a approché de près les 3000 dollars. Le bénéfice net annuel a quasiment doublé en 2020 pour s’établir à 21,3 milliards de dollars avec 7,2 milliards enregistrés sur la seule fin d’année. L’activité a bondi de 44% sur la période des fêtes. La division cloud du groupe, AWS, leader mondial du secteur, a, elle, augmenté ses revenus de 28% et a généré 12,7 milliards de bénéfices. Tous les signaux sont donc au vert pour l’entreprise de Seattle.

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Loin sont les temps où Jeff Bezos montait dans son garage une société spécialisée en vente de livres à distance ! Depuis cette époque de la fin des années 1990 et son introduction en Bourse,  Amazon, qui a connu trois « stock splits », a vu son action s’envoler de 226 500% !

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Vers d’autres challenges

C’est donc sous ces augures favorables que Jeff Bezos a annoncé son prochain départ du poste de directeur général du groupe. Il désire prendre la présidence du conseil d’administration afin de consacrer plus de temps à ses autres activités. Le changement devrait s’effectuer au cours du troisième trimestre 2021.

Bezos a d’ores et déjà désigné son successeur à la tête d’Amazon. Il s’agit d’Andy Jassy, le patron de la division cloud du groupe, AWS. Le choix n’est pas anodin. Le « cloud computing » pourrait bien représenter l’avenir d’Amazon. En réalité, cette division de l’entreprise fait déjà partie des plus rentables et si le marché du commerce en ligne grand public est important, celui du B2B l’est sans doute encore plus.

Le choix d’un successeur qui dirige déjà la principale activité de l’entreprise semble montrer qu’Amazon veut s’assurer que cette dernière le reste. L’hébergement cloud devrait donc revêtir une importance considérable pour Amazon dans les prochaines années, asseyant par la même son positionnement de leader des entreprises numériques multiservices.

Enfin, Andy Jassy affiche une longue carrière de 24 ans chez Amazon, presque autant que son fondateur. Autant de raisons de penser que si Jeff Bezos se détourne un peu de son premier bébé, il compte le laisser entre de bonnes mains.

D’autant que si l’avenir s’annonce rose sur un plan économique et financier, le nouveau patron d’Amazon devra faire face à un certain nombre de défis comme les accusations d’abus de position dominante qui visent, notamment depuis le Congrès des États-Unis, les principaux membres des GAFAM. Des accusations qui pourraient mener à la mise en place, à terme, de nouvelles lois anti-trust du XXIème siècle.

Bezos continuera-t-il à peser dans Amazon?

L’homme compte bien continuer à garder un œil sur l’entreprise. Pétri d’ambition, Jeff Bezos semble suivre l’exemple de Bill Gates en se retirant suffisamment tôt pour consacrer sa vie à d’autres activités. Si Gates se consacre principalement à la philanthropie, l’actuel homme le plus riche du monde (193,2 milliards de dollars) a plusieurs cordes à son arc. Lui aussi se voit en philanthrope. Mais pas seulement. Il va, bien sûr, se consacrer à ses programmes philanthropiques, Day One Fund et Earth Fund. Mais aussi et surtout à son autre entreprise, Blue Origin.

 

Passionné par l’espace comme son dauphin au classement des milliardaires, Elon Musk, Bezos dispose aussi de sa société consacrée au spatial privé. Si elle est moins médiatisée que sa concurrente SpaceX, Blue Origin n’en est pas moins en train de progresser. Elle pourrait très bientôt être en mesure d’envoyer des hommes dans l’espace. C’est donc, comme Musk, vers l’espace que va se tourner Bezos avec cependant légèrement moins d’ambition pour l’instant que pour le patron de Tesla, qui lui ne vise pas seulement la Lune mais Mars.

Jeff Bezos continuera, par ailleurs, à guider Amazon en essayant de défricher de nouveaux marchés comme les pharmaceutiques.

Autre possession du milliardaire, l’un des principaux quotidiens de presse écrite des États-Unis, le Washington Post, réputé pour sa qualité. Bezos a déclaré vouloir s’y investir davantage avec peut-être en ligne de mire une implication plus grande dans la vie politique du pays. Celui qui a été un fervent détracteur de Donald Trump ne se verrait-il pas être le second milliardaire à franchir en président les portes du Bureau Ovale ?

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