Alors que la France et l’Allemagne sont en pourparlers pour finaliser les propositions de réformes de la zone euro, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé à la télévision allemande être opposée au plan d’Emmanuel Macron. Qu’est-ce qui la dérange ?

La volonté du Président français de doter la zone d’un budget d’investissement qui représenterait “1 ou 2% du PIB de chaque pays”, soit plusieurs centaines de millions d’euros.

Merkel, qui craint la mutualisation des dettes de l’ensemble des pays de la zone euro, concède à investir “quelques milliards” seulement. De son côté, Macron a fait savoir qu’il allait se montrer “tenace” dans les négociations.

Conseil des ministres de la zone euro

Le conseil des ministres franco-allemands visant à réformer la zone euro se tiendra le 19 juin prochain. Une chose est sûre, Angela Merkel se montre plus inflexible que jamais. Lors d’une interview à la télévision allemande le 10 juin, elle s’est montrée ouvertement contre la question du budget d’investissement, pour ensuite déclarer : “Je ne dit pas qu’il n’aura rien de ce qu’il veut”.

La chancelière allemande s’est rapprochée de Macron sur la défense et l’immigration, mais reste réservée sur le budget d’investissement de la zone euro. Selon Merkel, le Président français aurait fait des propositions “qu’il savait mauvaises depuis longtemps”.

Les ministres des finances français et allemands Bruno Le Maire et Olaf Scholz ont discuté pendant des heures samedi soir, sans toutefois parvenir à un accord. Si Paris et Berlin répètent être déterminés à trouver un accord rapidement, le temps presse.

Investir 1% ou 2% du PIB de chaque pays

La proposition phare d’Emmanuel Macron est d’allouer 1% ou 2% du PIB de chaque pays pour investir dans la zone euro, et ainsi créer un “budget d’investissement”. Ainsi chaque pays devrait débourser plusieurs centaines de milliards d’euros.

La Première Ministre allemande a accepté le principe du budget d’investissement, mais en évoquant un montant limite. Loin des souhaits de son homologue, Angela Merkel concède un investissement de quelques dizaines de milliards d’euros seulement.

Pas de partage de la dette au sein de la zone

Si Angela Merkel a accepté le principe de solidarité des membres de la zone euro, elle a expliqué que cela ne devait en aucun cas conduire à “une union de la dette”. La chancelière allemande a ainsi exclu d’emblée la possibilité d’allègement de la dette italienne.

Cette décision fait réponse à la volonté de la coalition au pouvoir en Italie de demande à la BCE d’effacer les €250 milliards d’euros de dettes du pays.

Hormis le budget d’investissement, Merkel se rapproche de Macron sur l’immigration, la défense et les institutions. Sur le volet de l’immigration, elle est favorable à la création d’une agence européenne des migrations dans le but d’harmoniser les procédures d’asile dans chaque pays membre.

En ce qui concerne la défense, elle est d’accord avec la création d’une force commune d’intervention. Sur le volet des institutions, Merkel accepte une réduction de la taille de la Commission européenne, quitte à ce que «les grands pays renoncent par roulement à un commissaire».

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo