Donald Trump a lancé une bombe lors d’un entretien avec Bloomberg News le 30 août: soit l’OMC progresse dans ses réformes et se montre plus juste envers les États-Unis, soit ces derniers se retirent de l’organisation.

Selon lui, la proposition de l’UE de supprimer les taxes douanières automobiles n’est pas “satisfaisante”. Il ajoute que les États-Unis auraient été “très mal traités” par l’organisation au fil des ans. Un retrait de Washington de l’OMC serait catastrophique pour le commerce mondial actuel, et pourrait même mener à une récession globale.

  • Donald Trump a (à nouveau) déclaré vouloir se retirer de l’Organisation Mondiale du Commerce.
  • Une telle action plongerait le commerce mondial dans le chaos, les États-Unis étant les plus grands perdants.
  • L’OMC a pour mission de veiller au respect des accords commerciaux entre ses 164 pays membres.

Donald Trump menace de quitter l’OMC

Comme à son habitude, Donald Trump préfère la menace à la conciliation. Lors d’un entretien avec l’agence de presse Bloomberg News, le Président américain a déclaré que la proposition de l’UE de supprimer les taxes douanières automobiles portée par la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström n’était “pas satisfaisante”, pour ensuite ajouter que “s’ils ne mettent pas d’ordre là-dedans (l’OMC), je me retirerai”.

Cela n’est pas la première fois que Trump menace de quitter l’OMC, la plus grande organisation de régulation du commerce international. Selon lui, l’institution serait un frein à la guerre commerciale lancée par les États-Unis envers la Chine, l’UE, le Japon, le Canada et le Mexique.

Pour rappel, Cecilia Malmström avait déclaré au Parlement européen “Nous sommes prêts à réduire à zéro nos droits de douane même sur les automobiles. Tous les droits de douane à zéro si les États-Unis font de même. Il faut que ce soit réciproque”.

Mais selon le Président américain, les consommateurs européens n’achètent pas de voitures américaines. En juin dernier, il s’était offusqué de voir des nombreuses Mercedes dans les rues de New York, pour ensuite menacé d’appliquer une taxe à hauteur de 25 % sur toutes les voitures en provenance d’Europe.

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Depuis, un bras de fer commercial entre Trump et Bruxelles s’était engagé. Le Président américain avait même comparé l’Union européenne et la Chine, déclarant que “l’Union européenne est presque aussi terrible que la Chine, mais en plus petit”. La hache de guerre semblait pourtant enterrée en juillet après la visite du chef de l’exécutif européen Jean-Claude Juncker à Washington. Force est de constater que nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec le locataire de la Maison Blanche.

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Menace réelle ou pure négociation ?

Deux cas de figure sont envisageables:
  • Trump pourrait retirer les États-Unis de l’OMC comme il l’a fait pour l’Accord de Paris sur le climat. En faisant ce choix, il se soustrait à toute institution internationale limitant le pouvoir des États-Unis dans le monde et revient à des accords bilatéraux. C’est ce que les économistes appellent le mercantilisme: on favorise les exportations et limite les importations.
  • Autre cas de figure, Trump pourrait utiliser cette menace comme une tactique de négociation. Selon lui, les règles actuelles de l’OMC sont plus contraignantes pour les États-Unis que pour les autres pays.

L’OMC, à quoi ça sert ?

L’Organisation Mondiale du Commerce a deux rôles principaux:

Libéraliser les échanges commerciaux entre ses 164 pays membres, principalement en négociant la baisse des droits de douanes.

Proposer un cadre juridique veillant au respect des accords commerciaux.

En bref, l’organisation est un obstacle aux guerres commerciales multiples lancées par Donald Trump depuis son élection.

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Conséquence du retrait pour les États-Unis

Un retrait des États-Unis aurait plusieurs conséquences sur le pays:

  • Les États-Unis ne subiraient plus aucune régulation en termes de droits de douanes. Ainsi le pays pourrait librement pratiquer des “prix de dumping”, une méthode commerciale très agressive. Il s’agit de fixer des prix de vente inférieurs aux coûts de production pour gagner des parts de marchés et donc favoriser la production du pays.

 

  • Mais attention, sortir de l’OMC pourrait coûter davantage aux États-Unis que cela ne lui rapporte. Le pays serait en effet obligé de renoncer aux avantages octroyés aux pays membres. On pense notamment à son principe fondamental, à savoir la clause de la nation la plus favorisée (NPF) qui garantit l’égalité de traitement entre les signataires

 

  • De plus, les États-Unis seraient à la merci des autres pays. En effet chaque pays du monde pourrait taxer et copier les produits américains comme bon lui semble, sans aucun recours ! Si Trump est persuadé que la déglobaliation sera favorable à son pays, sans l’OMC ce sera la loi du plus fort qui prévaut. Or rien ne dit ques les États-Unis seraient en position de force face à l’UE ou à la Chine.
A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo