Avec l’élection de Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite qui polarise toute une nation, le plus grand pays d’Amérique du sud a basculé dans le national populisme. Cette campagne tendue s’est terminée sur une victoire écrasante de l’ancien militaire, avec 55,13% des suffrages soit 58 millions de voix.

La violence, la crise économique et la corruption associés à une crise de confiance aiguë dans la classe politique ont poussé les brésiliens à voter pour un candidat ouvertement raciste, homophobe et sexiste. Sans surprise, celui qu’on surnomme le “Trump des tropiques” est vu comme une menace pour la démocratie.

Virage à l’extrême droite pour le Brésil

Le candidat de la droite dure, Jair Bolsonaro, a remporté les élections présidentielles brésiliennes face au candidat de gauche Fernando Haddad. Il a été élu avec 55,13% des suffrages, contre 44,87% pour son adversaire. Lors de son premier discours de Président élu, il a déclaré que le Brésil “ne pouvait plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche”.

Sa devise ? “Gouverner pour la majorité, et non pas pour la minorité”. Si les brésiliens les plus optimistes pensent que l’ancien militaire abandonnera cette réthorique après sa prise de fonction, nombre d’entre eux craignent une fin de la démocratie dans le plus grand pays d’Amérique du sud.

A lire aussi : Les JO de 2016 ont mis le Brésil sur le paille

“Nouveau modèle économique”

De son propre aveu, Jair Bolsonaro n’a aucune connaissance en économie. Il confiera cette partie à un ancien banquier ultra-libéral de 69 ans, Paulo Guedes. La cible de ce dernier ? La dette publique du pays. Le probable Ministre des Finances a affirmé que le prochain gouvernement “changerait le modèle économique du Brésil” grâce à un vaste plan de privatisations et de coupes budgétaires. Selon ses propos, le Brésil a connu trois décennies de “dépenses publiques incontrôlées” ayant provoqué la hausse des impôts, des intérêts et de la dette.

Pour rappel, le Brésil sort d’une des pires récessions de son histoire : son PIB s’est contracté de 3,5% en 2015 et en 2016, tandis que le pays compte 13 millions de chômeurs. Paulo Guedes a déclaré que le gouvernement se pencherait dès sa prise de fonction sur la réforme des retraites. Très impopulaire, cette dernière est selon lui vitale pour réduire la dette du pays.

L’accélération du rythme des privatisations lancée sous le gouvernement du Président actuel a également été évoquée. En 2016, Michel Temer avait lancé un vaste plan d’austérité, sans réussir à faire approuver la réforme des retraites.

Le “Trump des tropiques”

Trente ans après la fin de la dictature militaire, le candidat d’extrême droite surnommé le “Trump des tropiques” a remporté l’élection présidentielle brésilienne, loin devant son adversaire de gauche Fernando Haddad. Mais à l’inverse de Trump, Bolsonaro affiche une longue carrière politique. Il a été élu conseiller municipal en 1988 à Rio, pour y obtenir son premier mandat de député fédéral en 1991.

S’il n’a fait approuver que deux lois en 27 ans dans l’hémicycle, il s’y est distingué par ses propos controversés et autres dérapages en tous genres. En 2014, il déclarait à la parlementaire de gauche, Maria do Rosario, qu’elle “ne méritait pas qu’il la viole, étant trop laide”. En 2016, il faisait l’éloge d’un personnage de la dictature militaire tristement connu pour ses actes de torture. Finalement, il déclare en 2011 au magazine Playboy, préférer avoir “un fils mort plutôt qu’homosexuel”.

A lire aussi : Le victoire de Trump surprend le monde

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

Articles à Recommender