Le 28 octobre dernier, IMB annonçait dans un communiqué le rachat de Red Start, premier développeur et distributeur du système d’exploitation open source Linux.

Avec cette acquisition à $34 milliards, IBM signe le plus gros rachat de son histoire et le troisième plus gros du secteur technologique américain. Sa stratégie ? Marcher dans les pas de Microsoft et Amazon en accélérant sa croissance sur le marché du cloud hybride. La transaction devrait être terminée au deuxième trimestre de l’année 2019.

– IBM rachètera Red Hat pour 1$90 par action, $73 au-dessus du cours de clôture
– La transaction sera financée sur les fonds propres d’IBM et par endettement
– Le PDG d’IBM, Virginia Rometty, affirme que 80% du progrès des entreprises dans le cloud se fera par le “cloud hybride”

Un achat motivé par l’essor du cloud

Pourquoi ce rachat ? Parce que Red Hat est en pleine croissance dans un secteur crucial pour IMB : le cloud. Longtemps dénigré par les grandes entreprises, le cloud est aujourd’hui l’objet de toutes les convoitises. Il répond à une problématique des sociétés : gérer le stockage et le transfert des données entre les centres de données internes des entreprises et les centres de données des fournisseurs de cloud.

Depuis 5 ans, IBM a affiché une baisse constante de son chiffre d’affaires, et ce malgré des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Grâce au rachat de Red Hat, IBM renforce sa présence dans le “cloud hybride”. D’après le mastodonte, cette acquisition devrait accélérer la croissance de son CA, de sa marge brute et de ses profits une année à peine après l’achat.

Red Hat valorisée à $34 milliards

Pour racheter l’éditeur dans sa totalité, IBM paiera $190 par action Red Hat, soit une prime de $73 par rapport au prix de clôture à la Bourse de New York vendredi dernier. $34 milliards c’est beaucoup, même pour un géant comme IBM qui affichait $79 milliards de chiffre d’affaire pour $5,8 milliards de bénéfices en 2017.

Afin de justifier cette décision, la Directrice du groupe, Virginia Rometty, a déclaré que “l’acquisition de Red Hat va changer la donne sur le marché du cloud”. Elle a ajouté : “IBM deviendra le premier fournisseur de cloud hybride dans le monde”. Selon elle, le cloud représente la prochaine source de croissance pour l’industrie informatique.

Un éditeur peu connu du grand public

Il s’agit d’un acteur majeur de l’industrie informatique et pourtant, vous n’en n’avez probablement jamais entendu parler. Créée en 1993, Red Hat est actuellement valorisée à $20 milliards à la bourse de New York. La société est spécialisée dans le développement et la distribution de logiciels libres, également appelés “open source”. Il s’agit de programmes informatiques gratuits pouvant être téléchargés, copiés et modifiés sans aucune restriction.

Le coeur de l’offre de Red Hat, c’est sa propre version du système d’exploitation Linux. Concurrent direct de Microsoft, Linux connaît un grand succès auprès des entreprises, notamment des centres de données.

Comment est-il possible de faire des profits en vendant des logiciels libres et gratuits ? En facturant des services autour de ces logiciels, à savoir des produits, fonctions modulables, formations et personnalisations. C’est grâce à cette stratégie que Red Hat affiche un chiffre d’affaires en croissance continue depuis 2001. En 2012, la société dépassait le milliard de dollars de chiffre d’affaires. Ce chiffre est de $2,9 milliards en 2018, avec une hausse de 21% entre versus 2017.

Le cloud hybride en pleine croissance

D’après IBM, en raison du manque d’ouverture du marché du cloud, 80% de la charge de travail des entreprises ne peuvent y être transposés. La solution résiderait dans le “cloud hybride”, un système permettant à une entreprise possédant un cloud interne d’aller chercher des ressources à l’extérieur.

Cette alternative est particulièrement intéressante dans le secteur bancaire, car une banque n’installera pas ses données sur un cloud qu’elle ne maîtrise pas. Avec le cloud hybride, les banques pourront par exemple aller chercher des ressources extérieures, tout en conservant leurs données en interne.

Le cloud hybride devrait permettre d’accélérer le développement d’entreprises qui pourront devenir les prochains géants du web. Mais selon TechCrunch, cela n’est pas forcément une bonne nouvelle. Le site spécialisé dénonce le rachat de Red Hat comme un moyen de concentrer massivement les richesses. Il ajoute que les logiciels ne nécessitent aucun coût matériel, contrairement aux fournisseurs de ressources physiques. Ainsi le capital glisserait hors des mains du travail.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo