Dix ans après, la crise des subprimes est encore dans toutes les mémoires. Mais comment éviter un nouveau scénario catastrophe ? Il est essentiel de prévenir, et donc d’identifier les nouveaux risques qui pourraient toucher les établissements financiers.

Prévoir l’imprévisible

D’où surgira la prochaine crise ? Eternelle question qui obsède les spécialistes. Personne n’avait vu venir l’ouragan subprimes avant qu’il ne soit trop tard. Bien sûr, depuis ce traumatisme, des mesures ont été prises : les accords de Bâle II, puis de Bâle III, ont considérablement accru le ratio de fonds propres que les banques doivent détenir pour garantir leurs actifs.

Ainsi, entre 2008 et 2015, les fonds propres des grands groupes bancaires français ont bondi de 132 à 275 milliards de dollars. Mais est-ce suffisant ? Pas si sûr… c’est en tout cas la conclusion d’une étude récente du cabinet Oxfords Economics.

Revoir les indicateurs

La raison avancée ? Le ratio de solvabilité, principal indicateur utilisé pour juger de la solidité d’une banque, serait trop peu prédictif. Le quota de fonds propres, clef de voûte du système décidé par les accords de Bâle II et Bâle III, serait facilement contournable par les banques. La santé robuste qu’affichent actuellement les banques serait donc trompeuse.

Pour les experts d’Oxford Economics, la solution serait de changer de méthodologie, et plus précisément d’indicateur. Ils appellent à se baser sur le ratio de levier, qui ne quantifie pas le niveau de risque des actifs – méthode privilégiée aux Etats-Unis, et qui donnerait des résultats reflétant mieux la réalité.

Shadow Banking

Oxford Economics alerte par ailleurs sur le recours de plus en plus fréquent au “shadow banking”. Ce secteur peu régulé, étudié attentivement par les autorités de régulation, continue à inquiéter. Parfois appelé “finance hors banques”, fait l’objet d’une attention toute particulière de la Banque de France et du Conseil de stabilité financière. Pourtant, à l’heure actuelle, il n’est pas question d’imposer une réglementation bancaire plus stricte…

Beijing passe à l’action

La problématique est d’ampleur mondiale : prévenir les risques systémiques est aussi vu comme une nécessité cruciale en Chine, où les régulateurs commencent à prendre des mesures. Le contrôleur bancaire chinois a ainsi limité l’exposition aux risques des banques commerciales. Celle-ci ne peut pas, légalement, dépasser 25% des fonds propres. Un document publié en mai 2018 par la Commission de contrôle des banques et assurances en Chine précise que le total de l’exposition aux risques d’une banque par un seul client non bancaire ne doit pas dépasser 15% de ses fonds propres, et que les prêts en cours d’une banque à un client de ce type ne doit pas dépasser 10% de son capital net. La règle prendra effet le 1er juillet prochain.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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