En 2017, le cours du bitcoin a été multiplié par 14 pour devenir un sujet de conversation quotidien pour les français et les investisseurs. Si depuis 2009 aucune instance de régulation ou gouvernement n’a mis en place de mesure quant à la monnaie ultra spéculative, il semble que les choses soient sur le point de changer.

Bruno Le Maire et Peter Altmaier, ministres des finances français et allemand, ont affiché leur désir de s’allier afin de réguler le bitcoin. La proposition commune devrait être présentée lors du prochain G20 Finances qui se tiendra à Buenos Aires en mars.

Les projets de régulation font chuter le bitcoin

Depuis les années 2010 le bitcoin et les autres monnaies ne cessent de prendre de l’ampleur, au vu et au su des gendarmes financiers internationaux. Mais désormais, les régulateurs comptent bien prévenir le public contre les dangers présentés par les crypto-monnaies. En décembre 2017, l’ACPR et l’AMF ont publiquement appelé les investisseurs à être “vigilants avant d’investir leur épargne”.

Au premier rang des pays ayant annoncé la régulation du secteur, on retrouve la Chine: le géant asiatique travaille sans relâche sur l’introduction de sa propre monnaie. N’oublions pas que l’immense majorité des transactions en bitcoins étaient effectués en yuan et que la plupart des mineurs sont localisés en Chine.

Israël a également dénoncé « des risques pour le client » et « des risques de non-respect de la banque » causés par les monnaies virtuelles, tandis que plus récemment la France et l’Allemagne ont annoncé leur désir de proposer la régulation lors de la réunion du G20 Finances.

Il semblerait que les projets de régulation des monnaies virtuelles à travers le monde aient des conséquences catastrophiques sur leur crédibilité. En janvier 2018 le bitcoin perd brutalement 50% de sa valeur et repasse en dessous des 9 000 dollars. Mais il n’est pas la seule monnaie virtuelle souffrant d’un vent de panique: le ripple a déjà chuté de 40% en 2017.

Alors que le bitcoin avait attiré les fonds spéculatifs et engendré la création de 175 hedge funds spécialisés, l’institutionnalisation a d’autant plus accentué la volatilité du bitcoin. Aujourd’hui, un milliers de détenteurs de bitcoins possèderaient plus de 40% du nombre total de bitcoins en circulation. Il est donc normal que leur activité provoque des mouvements très brusques sur le marché.

Une coordination internationale est primordiale

Malgré les annonces médiatiques des instances de régulation, il est en réalité très difficile d’endiguer les monnaies virtuelles. En effet, un ordinateur ne possède pas de personnalité juridique. De plus, le bitcoin n’est pas considéré comme un instrument financier et échappe donc au périmètre d’action de l’AMF. Au sens juridique du terme, la monnaie n’est même pas considérée comme un moyen de paiement.

Cependant, l’obstacle peut être contourné en s’attaquant aux entreprises qui utilisent les crypto-monnaies et en faisant de la prévention auprès du grand public. Alors que particuliers sont déjà avertis quant aux dangers de ces placements, personne ne peut les empêcher de faire ce qu’ils veulent avec leur argent.

À en croire un responsable de la banque centrale allemande, une action coordonnée des États est nécessaire afin de réguler le bitcoin. En effet, les règles nationales seraient trop difficiles à appliquer dans un environnement virtuel sans frontières.

Le gouvernement français passe à l’action

En plus d’avoir nommé un “Monsieur bitcoin” chargé d’une mission sur les crypto-monnaies, le gouvernement français a décidé de passer à l’action en créant une “mission sur les cryptommonnaies en partenariat” avec l’Allemagne. La mission aura pour but de proposer des solutions sur l’évolution de la réglementation des monnaies virtuelles, solutions qui seront présentées lors du prochain G20 en mars prochain.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Monsieur Bitcoin, de son vrai nom Jean-Pierre Landau, ne va pas plaire aux investisseurs en monnaies virtuelles. L’ancien sous-gouverneur de la Banque de France a été chargé par le ministre des Finances Bruno Le Maire de faire évoluer la réglementation de ces monnaies. Landau sera chargé de proposer des recommandations quant à l’évolution des réglementations et à la lutte contre l’évasion fiscale liée au bitcoin.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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