La montée des extrêmes menace l’unité de l’Union Européenne. Alors que certains pays viennent tout juste de sortir de récession, d’autres font trembler les fondements de l’Union, avec des choix isolationnistes, comme l’Italie.

C’est le cas de l’Italie, qui a déclaré ne pas vouloir se soumettre aux “experts de l’austerité”. L’extrême droite à la tête du pays a bien l’intention de ne pas se soumettre aux directives européennes.

Alors que le Vice-Premier Ministre, Luigi Di Maio est aussi leader du Mouvement 5 étoiles, il semblerait bien que la Russie interfère dans les relations entre les pays européens… Au risque de fragmenter le vieux continent. Analyse.

Une Italie patriote

C’est le quotidien Corriere della Sera qui a diffusé la nouvelle. Matteo Salvini, Vice-Premier Ministre et leader de l’extrême-droite, a exprimé sa colère contre Bruxelles, et a précisé que seul “le Parlement italien [était] susceptible de modifier le budget italien” – et non la Commission.

Toujours aussi protectionniste, Matteo Salvini a justifié sa décision par le patriotisme en accusant la Commission Européenne. “Vous n’attaquez pas un gouvernement mais un peuple”, peut-on lire dans cette interview.

Pourtant, le déficit budgétaire de l’Italie est trois fois plus grand que les prévisions de 2018, ce qui interpelle et inquiète les économistes de tous bords politiques confondus. En déplacement à Bucarest, Matteo Salvini n’a toutefois pas souhaité faire de commentaires quant à cette situation.

Une première dans l’histoire

Au départ, une histoire de chiffres. Alors que la coalition au pouvoir, Ligue et Mouvement 5 étoiles ont proposé un déficit de 2,4% pour 2019, ses prédécesseurs avaient promis à Bruxelles 0,8%.

De quoi déplaire à l’UE, alors qu’elle vient tout juste d’étaler la dette grecque et semble à peine se remettre de la crise économique de 2008. Pour l’Europe,  l’heure n’est plus à la négociation, et l’UE n’a aucunement l’envie de négocier.

Ce matin, un euro-député italien a même écrasé les notes de Pierre Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances français, et fervent défenseur d’une Europe unie, provoquant une vive réaction du Ministre français sur les réseaux sociaux.

Mais alors qu’une coopération entre les pays fondateurs aurait été de meilleure augure, le gouvernement en place en Italie en a décidé autrement.

Luigi Di Maio, l’autre Vice-Premier Ministre, a réagi sur Facebook, en défendant les intérêts nationaux : “Cela ne m’étonne pas : c’est le premier budget italien rédigé à Rome et non à Bruxelles !”, avant d’attaquer l’interventionnisme européen : “Nous savons que si nous devions nous rendre, les ‘experts’ favorables au secteur bancaire et à l’austérité reviendraient immédiatement”. 

La Russie aux portes de l’Italie

Mais ce qui inquiète le plus les experts, c’est la possible influence que la Russie pourrait avoir dans cette crise. Et si Vladimir Poutine était derrière cette stratégie isolationniste ? C’est en tous les cas la théorie très sérieuse avancée par le Financial Times ce matin.

Giuseppe Conte, Premier Ministre Italien, a déclaré que la Russie était un “partenaire stratégique” alors qu’il a rencontré Vladimir Poutine plus tôt ce matin à Moscou.

La mise en scène étudiée d’une amitié étroite entre les deux leaders a été très médiatisée en Italie. Le Premier Ministre Italien a, entre autre, proposé à la Russie de revenir à la table des négociations du G8.

Je veux que le peuple italien comprenne que vous, vous ne l’avez pas oublié”, a déclaré Conte, en narguant la décision de l’Union Européenne. Reste à voir comment les dirigeant européens vont prendre la nouvelle… Et négocier avec l’Italie.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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