Dans la course à la télévision payante, Canal+ veut se placer leader en Europe. La semaine dernière, le groupe français a racheté M7, une société luxembourgeoise qui détient les principales parts du marché au Benelux et en Europe de l’Est. 

Alors que le rachat doit encore être validé par Bruxelles, l’opération pourrait bien relancer le groupe Canal+, qui a essuyé des pertes historiques ces dernières années. 

Une fois la transaction validée, Canal+ devrait compter près de 20 millions d’abonnés dans le monde entier, dont 12 millions en Europe. 

Une stratégie locale

C’est l’annonce la plus importante du groupe depuis près de 15 ans. “Il s’agit de la plus importante acquisition du groupe Canal+ depuis TPS”, assure Maxime Saada, Président du Directoire du groupe CANAL+ au Figaro.

Face à une télévision en perte de vitesse, le groupe CANAL+ a décidé d’investir dans des contenus proches de ses téléspectateurs. La semaine dernière, CANAL+ a annoncé vouloir racheter le groupe M7 pour près de €1 milliard. C’est l’un des plus grands opérateurs de télévision payante en Europe, détenu par le fonds de private equity Astorg.

En rachetant ainsi le groupe, CANAL+ rachète également les infrastructures de télécommunications très coûteuses, qui lui donneront ainsi la possibilité de toucher les foyers en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie et en Roumanie.

“La stratégie vise à déployer notre modèle sur des territoires où le groupe Canal+ n’était pas présent et s’inscrit dans notre stratégie de développement accéléré à l’international”, a ajouté Maxime Saada.

L’agrégateur de distributeur de chaînes locales et internationales a bonne presse chez les particuliers : les groupes sont connus du grand public et ont une image jeune et tendance, tournée vers le numérique, comme le groupe Online.nl, HD Austria ou encore Skylink, dont le siège social est situé au Luxembourg.

D’ailleurs, Universal-Comcast avait, selon le Figaro, convoité un temps le rachat de M7 pour renforcer sa présence en Europe.

Des chiffres prometteurs

Peu connu du grand public, le conglomérat M7 est un des leaders du secteur audiovisuel en Europe. L’année dernière, son chiffre d’affaires était estimé à plus de €400 millions.

Le groupe compte environ 3 millions d’abonnés, et pourrait devenir crucial dans la stratégie de CANAL+ qui souhaite solidifier sa présence en Europe. Par ailleurs, le groupe M7 distribue d’ores-et-déjà les programmes des chaînes américaines les plus appréciées des téléspectateurs européens, dont Disney Channel, HBO et National Geographic.

Lancé en 1999, le groupe M7 a aujourd’hui plus de 3 millions d’abonnés actifs. Si la transaction est validée par l’Union Européenne, le rachat de M7 portera le nombre d’abonnés pour CANAL+ à 20 millions dans le monde, dont 12 millions en Europe.

A lire sur Alvexo: “Conflit autour de la 5G”

Une concurrence féroce

Alors que Canal+ a perdu ses droits pour retransmettre en direct les matchs de football – ce qui en avait fait sa réputation dans les années 1990, le groupe doit désormais faire face à des concurrents féroces dans le domaine du cinéma depuis 2014.

D’ailleurs, depuis le mois de février dernier, Netflix est officiellement passé devant Canal+ en nombre d’abonnés en France.

Alors que le groupe CANAL+ est très populaire en Afrique, où l’on compte pas moins de 652 000 clients, les clients en France se font de plus en plus rares : la chaîne de télévision a perdu près de 251 000 abonnés en 2018.

Pourtant, CANAL+ reste l’un des plus gros producteurs du cinéma français : le groupe investit environ €3 milliards par an, dont 500 millions pour ses propres productions. L’objectif pour Maxime Saada est “d’amortir” cette enveloppe en ayant de plus en plus d’abonnés.

Car si M7 est un groupe de distribution, la société luxembourgeoise ne produit aucun contenu. Une aubaine pour le groupe CANAL+ qui pourrait donc facilement trouver de nouveaux clients grâce à “un catalogue de plus de 6 000 titres StudioCanal”, comme le rapporte le Figaro.

De plus, CANAL+ a récemment annoncé un partenariat avec Orange, le fournisseur de téléphonie mobile de France Télécom, afin d’adapter son contenu aux formats mobiles et d’attirer ainsi une clientèle nouvelle génération.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo