Ancien fleuron de l’industrie américaine, General Electric vient d’être exclu de l’indice vedette de Wall Street, à savoir le Dow Jones Industrial Average (DJIA). Il s’agit d’un symbole fort, celui de la perte d’influence du conglomérat industriel.

La semaine dernière, le groupe avait officiellement annoncé ne pas tenir ses engagements quant à la création de 1 000 emplois sur le territoire français avant la fin de l’année.

La Ministre du Travail Marisol Touraine est formelle : le groupe américain devra payer une pénalité de 50 000 euros par emploi non créé, soit un total de 34 millions d’euros.

General Electric éjecté du Dow Jones

À partir du 26 juin prochain, General Electric sera remplacé au sein du Dow Jones par Walgreens Boots Alliance, groupe américain de distribution qui a été jugé “plus représentatif des secteurs de la consommation et de la santé au sein de l’économie américaine”.

Le groupe faisait partie des premiers membres du Dow Jones Industrial Average en 1986, et en était un membre continu depuis 1907. Mais l’économie américaine a changé, et les entreprises du secteur industriel se sont affaiblies face au secteur de la finance, de la santé et de la technologie.

Pour rappel, le Dow Jones représente le club prestigieux des trente entreprises les plus importantes de l’industrie américaine.

General Electric a été gravement affecté par la crise de 2008, comme en témoigne sa perte nette de plus de $6 milliards en 2017. L’action du groupe valait $60 à son apogée en 2000, pour descendre à $30 en 2016 et terminer à $12,95 mardi.

C’est cette chute drastique qui aurait entraîné l’exclusion du Dow Jones,  ce dernier calculant le poids de ses membres en fonction du prix de leur titre.

Rachat d’Alstom en 2014

En 2014, General Electric a obtenu l’autorisation de racheter Alstom, à condition de créer 1 000 emplois en France et sous peine de payer une pénalité de 50 000 euros par emploi non créé. Le groupe américain a dépassé son concurrent Siemens, grand favori de l’ancien Ministre de l’Économie Arnaud Montebourg.

À ce jour, le groupe n’en a créé que 323 et a officiellement informé Bruno Le Maire ne pas pouvoir honorer ses engagements d’ici la fin de l’année en raison d’un “environnement difficile”.

Selon John Flannery, General Electric est confronté à “un environnement difficile du fait de l’évolution défavorable de ses marchés historiques dans le secteur de l’énergie”.

Pour rappel, John Flannery a succédé Jeff Immelt à la tête de General Electric en 2017, après que ce dernier ait mené à bien le rachat de la branche énergie d’Alstom pour $13,5 milliards, tout en décrivant l’opération “décevante”.

Pénalité de 50 000 euros par emploi

La Ministre du Travail Marisol Touraine a rappelé que le contrat initial prévoyait une pénalité de 50 000 euros pour chaque emploi non créé à la fin de l’année 2018.

Cela représente une somme totale de 34 millions d’euros. Bruno Le Maire a de son côté annoncé “regretter” l’annonce de General Electric, pour ensuite demander au groupe “de prendre désormais toutes les dispositions nécessaires pour se conformer au mieux à ses engagements”.

Il s’est adressé au PDG de General Electric, John Flannery pour lui rappeler que “les engagements qui ont été pris par le groupe étaient d’une grande importance pour le gouvernement, et qu’il se devait de veiller à leur concrétisation”.

Le groupe essaie de rassurer sur ses autres engagements, comme par exemple la création de quatre sièges mondiaux en France, la non fermeture de sites, ou encore la présence d’un français au conseil d’administration. Mais les élus territoriaux de Belfort comptent bien faire tout ce qui est en leur pouvoir pour préserver l’emploi.

Le début de la fin pour Alstom France ?

Ce qu’ils craignent, c’est que cette mauvaise nouvelle ne soit que le début d’une longue série. Dès la fin de l’année 2018, les anciens employés d’Alstom ne seront plus protégés par le plan de restructuration de 4 500 emplois en Europe.

La performance du pôle énergie d’Alstom avait été qualifiée de “très décevante” par le Directeur Général de General Electric. Ce dernier a annoncé un plan de cession de $20 milliards visant à se séparer des activités transports et services d’électricité du groupe.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo