Jeudi dernier, les représentants politiques de l’Union européenne se sont rassemblés à Sibiu en Roumanie pour discuter des enjeux environnementaux et du climat. 

Alors qu’Emmanuel Macron comptait sur ce sommet pour relancer le concept de “neutralité carbone”, les 27 autres membres de l’UE se sont montrés plutôt réticents. Seuls neuf pays ont signé ce projet.

Le vieux continent semble avoir du mal à trouver une solution pour le climat et le sommet parisien de la COP21 en 2015 apparaît plus que jamais comme un lointain souvenir. La France risque de perdre sa position de leader en politique climatique, alors qu’un sommet à l’ONU est prévu à New-York en septembre prochain.

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Jeudi 9 mai, Emmanuel Macron s’est présenté aux 27 autres pays de l’Union européenne avec un projet de loi proposant deux éléments forts :

  • le premier : limiter la hausse des températures à 1,5C – ce qui semble désormais impossible d’après de nombreux scientifiques.
  • Le deuxième : assurer une “neutralité carbone” d’ici à 2050. Cette dernière forcerait tous les industriels à trouver des solutions technologiques qui respecteraient l’environnement, comme l’hydrogène.

Cette idée avait déjà été suggérée lors de la COP 24 en novembre 2018, juste avant la crise des Gilets jaunes.  L’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Finlande, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Slovénie avaient alors manifesté leur soutien.

Dans le secteur privé, de nombreuses entreprises essaient de trouver des alternatives. Elles promettent d’aller dans le sens de futures directives pro-environnementales, comme par exemple le constructeur automobile Mercedes, souvent critiqué pour sa production polluante.

Mais pour les experts, comme l’indique Les Echos, la classe politique a un devoir envers les industriels.

“Les gouvernements doivent fournir un modèle économique aux industriels. Ces derniers sont colossaux et nécessitent de nouer des partenariats forts avec les gouvernements afin de construire un modèle économique viable”, pouvait-on lire la semaine dernière dans les pages du quotidien.

Au-delà du sommet en Roumanie, les représentants politiques locaux, comme les maires, se sont mobilisés pour soutenir le projet d’Emmanuel Macron.

200 maires pour le climat

A quelques semaines des élections européennes, plus de 200 maires de villes de toute l’Europe ont signé un appel pour soutenir le projet de la neutralité carbone, ainsi que d’une meilleure gestion du climat par l’Union européenne.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est elle-même engagée et a déclaré dans un communiqué de presse que “les dirigeants européens doivent mettre de côté leurs différences pour prendre les décisions ambitieuses et courageuses nécessaires en matière d’action climatiqueL’Europe se doit d’être à l’avenir un leader mondial de la question climatique. Les générations futures ne nous pardonneront pas si nous n’agissons pas alors que nous en avons encore le temps.”

De nombreuses manifestations ont également eu lieu dans toute l’Europe le week-end dernier. Intitulé “Climate Action Call”, le collectif derrière ces rassemblements publics a souhaité lancé un message fort. L’objectif : rappeler à tous les pays qu’il est obligatoire de respecter les engagements pris lors de la COP21 en 2015 à Paris.

Pour beaucoup de citoyens et d’activistes, les politiques climatiques doivent rester réalistes et continuer à faire pression sur les industries polluantes, quitte à ralentir certains secteurs industriels.

Les législateurs ont rappelé dans la presse que les lois actuelles sont déjà bien assez restrictives. D’après Libération, l’Europe s’est engagée à réduire de 40% ses émissions de CO2 entre 1990 et 2030. Les scientifiques prévoient même que le continent pourrait bien atteindre 45%, voire 60% en 2050 si la tendance se maintient.

D’autre part, les économies d’énergie atteindront 32,5% et les réductions d’émission de C02 pour les voitures devront atteindre 40%.

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Prochain sommet prévu en septembre

Même s’il semble qu’un tiers des pays de l’Union européenne semble prêt à faire des efforts, plusieurs sommets seront encore nécessaires pour mettre d’accord les 28 membres.

En septembre prochain, une conférence sur le climat sera organisée par les Nations-Unies à New-York.

Les experts estiment que les pays européens n’auront pas d’autre choix que de proposer de nouvelles solutions, l’Europe étant le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

En ce qui concerne les activistes et militants pro-environnement, une “grève mondiale pour le climat” est prévue le 24 mai prochain, pendant les élections européennes, afin d’alerter tous les candidats sur l’importance de l’urgence climatique.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo