L’épidémie de coronavirus s’étend dans le monde entier. Les États sont amenés à prendre des mesures de plus en plus drastiques tandis que les marchés boursiers alternent entre panique et regain temporaire de confiance. Les entreprises, notamment les PME, s’apprêtent à vivre un cataclysme. Un secteur semble cependant retenir l’attention des investisseurs, celui des biotech dont les grands fleurons sont lancés dans la course au remède.

 Les marchés dans une spirale infernale

L’épidémie Covid-19 et son virus Sars-CoV2 bouleversent l’ordre du monde. Les États prennent des mesures de plus en plus drastiques afin de contenir ce que l’OMS s’est résolue à nommer « pandémie ».

Du côté des marchés, la situation est tendue. Le lundi 9 mars restera dans les annales un « Lundi noir » avec la chute de nombreux indices boursiers et du cours du pétrole. Le CAC40 a enregistré jeudi 12 mars la plus lourde chute de son histoire.

La situation sanitaire globale inquiète les investisseurs. Ces derniers alternent entre panique totale et regain temporaire de confiance dans l’attente d’annonces positives de la part des institutions financières ou des États.

Cette situation économique tendue, couplée aux mesures drastiques de prévention et de confinement, risque de mener à la banqueroute de nombreuses entreprises, notamment les PME. Les secteurs les plus touchés sont déjà connus : l’aérien, le tourisme, l’évènementiel, l’hôtellerie etc.

Le secteur automobile est très touché également, à l’image de Renault. Son action est en chute libre et ne représente plus que l’avant-dernière capitalisation du CAC 40.

Les entreprises de biotech en tête d’affiche

Dans ce climat morose, il existe pourtant un secteur qui tire son épingle du jeu. C’est celui des biotechnologies dont les entreprises montent en puissance en Bourse.

Vaccin, antiviral… Celui qui trouvera le Graal fera le bonheur des boursicoteurs. Parmi ces entreprises décidées à sauver le monde en un temps record, on peut citer Gilead.

Connue pour ses antiviraux traitant notamment le virus du Sida, celui de la grippe ou encore celui responsable de l’hépatite. Son antiviral, destiné à combattre Ebola, le remdesivir, semble être le plus prometteur contre le coronavirus.

L’entreprise mène déjà deux études pivots (essai clinique de phase 3) en Chine ainsi que plusieurs essais randomisés dans le monde. Nous devrions savoir sous deux mois si ce traitement est efficace.

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Autre entreprise de biotech en vue, Inovio.  Elle met les bouchées doubles pour trouver non pas un antiviral mais un vaccin. Ayant déjà un vaccin contre un autre coronavirus, le MERS, en phase 2 d’essai clinique dans ses tuyaux, l’entreprise américaine a décidé d’accélérer et de faire au plus vite. Des essais de phase 1 sur des humains devraient débuter en avril si tout se passe bien.

Autre compagnie sur les rails, Moderna, également américaine, compte aller encore plus vite. Quitte à prendre des risques, elle entreprendra des tests sur l’homme dans une dizaine de jours. Ils doivent se dérouler à Seattle et inclure quarante-cinq adultes de 18 à 55 ans. L’objectif est de vérifier l’innocuité du produit et de déceler des indices de réaction immunitaire.

Cette prise de liberté avec la durée des essais cliniques traditionnels n’est pas au goût de l’industrie pharmaceutique plus traditionnelle.

Parmi les entreprises, plus connues du grand public, Pfizer, le numéro trois mondial, est lui aussi sur la route du vaccin, mais celle-ci sera plus longue. En revanche, il pourrait proposer un antiviral plus tôt, ses chercheurs ayant décelé des inhibiteurs potentiels du coronavirus dans certains antiviraux en développement avant la crise.

Des actions en hausse

Les investisseurs, eux, ne s’y trompent pas. Les actions de ces entreprises de biotech ont atteint des sommets ces derniers jours. L’action Pfizer a pris 13% dans la journée de mardi. Celle d’Inovio près de 37% au cours du mois de janvier. Gilead est en hausse de 23% depuis le début de l’année.

La biotech apparaît de plus en plus comme une « niche refuge » pour les investisseurs tandis que le marché actions enregistre un fort recul.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo