C’est la plus grande annonce du secteur automobile depuis des décennies : le géant italo-américain Fiat Chrysler pourrait bien racheter Renault, constructeur automobile français historique.

Fondé il y a plus d’un siècle, connu pour ses équipements lors des deux secondes guerres mondiales puis pour ses autos grand public, comme la 2CV, Renault fait partie du patrimoine français. 

Quelques semaines seulement après l’arrestation du PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, accusé de corruption, le constructeur français craint une vague de licenciements. Néanmoins, le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire a publiquement déclaré qu’il n’y aurait aucune fermeture d’usines en France et a demandé à Fiat Chrysler “plusieurs garanties”. 

Par ailleurs, Renault pourrait bien ouvrir les portes de l’Afrique à Fiat et à Chrysler, un continent en pleine expansion automobile.

Une industrie en crise

Si les Etats-Unis ont connu une crise aigüe dans le secteur de l’automobile en 2008, les années 2010 ont été difficiles pour l’industrie automobile en Europe.

Pour le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, l’annonce d’un potentiel rachat fait suite à une logique de transition entre l’automobile à essence et la voiture électrique, ainsi qu’aux véhicules autonomes.

Invité à la matinale de RTL ce mardi, Bruno Le Maire a expliqué que “l’industrie automobile est confrontée à des défis technologiques les plus importants depuis ceux qu’elle a eu à affronter au début du XXsiècle. Cela va demander des dizaines de milliards d’euros d’investissement.”

Le Ministre a également ajouté qu’il fallait “rassembler les forces pour faire face à ces investissements. Les entreprises qui survivront seront celles qui auront la capacité d’investir massivement dans le véhicule autonome, connecté et électrique.” Le gouvernement français détient à ce jour 10% des parts de Renault.

D’après la presse anglo-saxonne, le constructeur Nissan, qui fait partie du même groupe avec Renault, aurait appris la nouvelle quelques heures avant l’annonce publique. Le PDG de l’alliance Renault-Nissan, Jean-Dominique Senard, a justifié avoir gardé l’information jusqu’au dernier moment car les dirigeants de Nissan n’avaient pas approuvé cette idée.

Actuellement, Nissan détient 15% des parts de Renault. Il en perdrait la moitié en cas de rachat et deviendrait donc actionnaire minoritaire. D’autre part, si le rapprochement est confirmé, Renault-Fiat-Chrysler deviendrait le troisième plus grand groupe automobile au monde.

Vers la voiture du futur

Si l’italo-américain a jeté son dévolu sur Renault, c’est pour une bonne raison : le constructeur français est un pionnier dans l’innovation automobile.

Véhicules autonomes, électriques ou encore hybrides, Renault sait s’entourer de fournisseurs performants,  comme Valéo.

Dernière présentation spectaculaire de Renault : Trezor, le tout premier cabriolé 100% électrique aux performances uniques. Avec un moteur de 350 chevaux, une esthétique futuriste dont l’ouverture par le capot, elle est devenue la star du Mondial de l’Automobile en 2016.

Capable de passer de 0 à 100 kilomètres par heure en moins de dix secondes, la Trezor a attiré l’attention de la presse et de nombreux constructeurs. Même si sa commercialisation n’a pas encore commencé, ses feux arrières ont inspiré les modélistes de la dernière Clio, mise en vente l’été dernier.

Présentée au Geneva Motor Show l’année dernière, la Renault EZ-GO est une voiture autonome qui permet le co-voiturage, comme une sorte de taxi commun robotisé. Il correspond à la ligne directrice du constructeur : électrique, connecté et partagé. Le constructeur a dit pouvoir mettre le produit en vente dès 2030.

De plus, Renault s’est associé au fil des années avec de nombreux architectes et urbanistes pour créer des concepts innovants. Une stratégie marketing qui a marqué les esprits, comme pour les “2020 Renault Float”, des voitures volantes capables de s’assembler et de se détacher selon leurs destinations.

A lire sur Alvexo: “Nissan : Carlos Ghosn révoqué par les actionnaires” 

Prochaine destination : l’Afrique

Renault, très populaire en Afrique de l’Ouest, pourrait conquérir de nouvelles terres inconnues pour Fiat-Chrysler. Comme le rappelle Flavien Neuvy, Directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile au micro de RFI :  “l’Afrique sera le marché de demain”.

En mars dernier, Renault avait d’ailleurs racheté les parts de PSA dans la société marocaine automobile Somaca, qui a produit plus de 402 000 véhicules en 2018.

Alors qu’une usine a ouvert ses portes en 2012 à Tanger, il semblerait bien que le continent africain – où les salaires sont plus bas qu’en Europe – devienne une terre privilégiée pour les sous-traitants automobiles.

Une des raisons pour lesquelles Bruno Le Maire souhaite s’assurer que les emplois dans l’hexagone seront préservés, alors que le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 2009 en France.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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