Le gouvernement avait d’ores-et-déjà annoncé la suppression de 50 000 postes de fonctionnaires d’ici à 2022. Dimanche dernier, il y a ajouté 20 000 postes. Un “dégraissage massif” des emplois de la fonction publique révélé par les Echos, qui n’a pas été confirmé par le gouvernement. 

Bercy devrait supprimer des emplois aux services du fisc. Les douanes sont également concernées, alors que la frontière franco-britannique en cas de Brexit devrait en accroître les besoins.

Critiqué par plusieurs partis, le reste du plan “Action Publique 2022” sera présenté mercredi. 

Un gouvernement discret

C’est une réunion qui risque de faire beaucoup de bruit. Et pour cause : les Echos ont divulgué son contenu avant sa date. Mercredi, le gouvernement prévoit d’annoncer la suppression de 20 000 postes supplémentaires de fonctionnaires.

L’annonce du quotidien a choqué l’opinion publique et le gouvernement, qui n’a pas souhaité “faire de commentaire” à l’AFP. Gérard Darmanin, Ministre de l’Action et des comptes publics, a réagi sur Twitter dans un langage très familier sur Twitter “Les Echos écrivent n’importe quoi ! Dommage de ne pas vérifier les infos ! Le B-A-BA du journalisme normalement…”. 

Une grogne qui monte

La colère des fonctionnaires est pourtant loin d’être nouvelle. Le 3 juillet dernier, les agents du fisc avaient manifesté leur mécontentement. Ils sont descendus dans les rues de plusieurs villes en France pour dénoncer la décision de la Cour des Comptes de supprimer 30 000 postes.

Selon Denis Grégoire, Secrétaire Général de la CFDT Finances, le chiffre réel de fonctionnaires serait d’environ 4 000 en 2019.

Alors que les ministères de l’Education et de la Défense créeront 20 000 nouveaux postes de fonctionnaires d’ici à 2022,  le syndicat Solidaires avertit que les suppressions d’emplois supplémentaires n’absorberont pas tous les départs à la retraite.

En d’autres termes, le gouvernement risque d’acter non seulement des départs volontaires, mais aussi des suppressions de postes. Une première dans l’administration française, reconnue pour sa stabilité et la sécurité de l’emploi.

Mission numérisation

Si les suppressions de poste de fonctionnaires auront lieu dès 2019, cela sera pour les remplacer par des outils informatiques. L’objectif de la réunion de mercredi semblerait être l’annonce de suppressions d’emplois là où le gouvernement a automatisé ou informatisé certaines démarches.

Les derniers grands chantiers auraient seulement confirmé ce projet : la suppression de la taxe d’habitation, l’informatisation de la déclaration de revenus en ligne et le prélèvement de l’impôt sur le revenu.

Alors que les médias spéculent sur le contenu de la reunion de mercredi, les experts s’accordent à dire que l’opinion publique s’impatiente du manque de transparence du gouvernement.

“Action Publique 2022”

Action Publique 2022, un rapport qui révèle les réformes du gouvernement, a été dévoilé en juin – mais seulement partiellement. De quoi susciter la colère des syndicats – et la curiosité des médias.

Toujours selon les Echos, le gouvernement prévoirait de dévoiler son programme tout au long de l’été, lors de différentes rencontres.

L’objectif : distiller les informations afin de contenir un mécontentement national – Libération parlait même d’une possible “insurrection nationale” lundi matin. Les dates des prochaines assemblées sont encore à préciser.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo