L’industrie bancaire vit une période de transition. Avec le Brexit, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, des taux historiquement bas, ainsi qu’une menace sous-jacente de nouvelle crise financière, les banques européennes se préparent à de grands bouleversements. 

Lançant un pavé dans la mare, le rapport publié par la banque HSBC ce mois-ci dresse un portrait alarmant de la situation des banques en Europe. Le taux de croissance des pays de l’Union européenne est morose – entre 1% à 5% annuel par pays – et les nombreux scandales – dont la Deutsche Bank qui en a connu plusieurs cette année.

Résultat : les géants du secteur ont décidé de se délester de milliers d’employés, avec un record pour la Deutsche Bank qui a annoncé le licenciement de près de 20 000 employés. 

Allemagne : la DB en pleine tourmente

Malgré la crise financière, l’Allemagne avait su sortir son épingle du jeu, tout particulièrement dans le secteur bancaire…

Cette ère semble bien révolue puisque le géant Deutsche Bank a annoncé la suppression du cinquième de ses effectifs, soit 18 000 salariés “dans le cadre d’une restructuration de €7,4 milliards”, a confirmé Le Monde le mois dernier.

Alors que 2020 marquera les 150 ans de la banque allemande, les experts voient un signe fort lancé aux institutions européennes d’une possible crise financière au cours de l’année prochaine.

De nombreux scandales ont entaché la réputation de la DB ces derniers mois – dont une affaire de blanchiment d’argent avec la danoise Danske Bank.

Ce rapport sur les banques européennes, non sans ironie, a été publié par la banque londonienne HSBC, qui elle-même a annoncé supprimer près de 2% de ses effectifs – soit 4 000 salariés – d’ici à la fin de l’année.

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France : le Crédit Agricole délocalise

Autre pays, autre stratégie : en France, le Crédit Agricole a annoncé fin 2018 délocaliser certains de ses bureaux au Portugal, pour réduire ses coûts, les salariés lusophones étant payés près de 30% en moins.

La BNP semble avoir pris la même initiative. Avec une présence dans près de 40 pays, la BNP Paribas a d’ores-et-déjà délocalisé des milliers de postes en Inde, en Pologne et au Portugal. Néanmoins, les délocalisations ne suffisent pas. D’après une annonce confirmée par Le Monde le 22 août dernier, la BNP a annoncé la suppression de 500 postes en France.

Vers une automatisation des postes ?

Au-delà des suppressions et des délocalisations à l’étranger, l’automatisation de nombreux postes dans le secteur bancaire inquiète les syndicats.

Ainsi, la Société Générale a annoncé vouloir automatiser 80% de ses services d’ici à 2021, ce qui pourrait engendrer la disparition de milliers de postes à travers le monde.

Si le secteur bancaire attire toujours autant les jeunes diplômés, les postes disponibles ne représentent que 1.9% des emplois proposés en France dans le secteur privé. La baisse des effectifs dans ce secteur en est à sa neuvième année consécutive.

Pour d’autres, l’intelligence artificielle pourrait créer de nouveaux emplois si les formations et les passerelles sont créées à temps.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo