Après les efforts de Barack Obama pour écrire un nouveau chapitre entre les Etats-Unis et l’Iran, le Président Donald Trump semble fait un pas en arrière sur l’accord Iranien de 2015.

Alors que ces nouvelles sanctions contre l’Iran ont largement été critiquées par les pays de l’Union Européenne, les Iraniens ont partagé l’instabilité et l’incertitude qui planent dans le pays avec l’Associated Press, décrivant l’économie locale comme “une vraie jungle”.

Les sanctions économiques ayant repris ce mardi, Donal Trump a annoncé que les entreprises qui entretiendront des relations économiques à partir de ce jour avec l’Iran seront bannies de toute activité sur le sol américain. 

Les experts sont inquiets et certains parlent même d’une escalade diplomatique. 

L’Union Européenne veut rester “pacifique

Pour l’Union Européenne, il n’y a pas de doute : le plus important est d’entretenir des relations pacifiques avec l’Iran.

C’est ce qu’a résumé un communiqué de presse publié lundi 6 août, rédigé par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni – et signé par tous les pays de l’Union Européenne.

En réponse à cette annonce, le Président Iranien s’est vanté publiquement des relations diplomatiques étroites entre l’Iran et l’Union Européenne, la Russie et la Chine, concluant que “Pékin est notre allié le plus proche”. D’ailleurs, seules la Chine et la Turquie “refuseront à tous les coups de se soumettre aux demandes de Washington”, a commenté un analyst de la Commerzbank.

Toutefois, certaines entreprises européennes se sont mises d’accord pour suivre les demandes de Donald Trump. Le constructeur automobile allemand Daimler AG, a, par exemple, annoncé qu’il arrêterait toute activité en Iran, fermant également son bureau local.

En ce qui concerne les constructeurs automobiles français, Renault fermera ses portes en Iran. Le constructeur a vendu plus de 160 000 voitures l’année dernière en Iran et espérait relancer ses ventes au Moyen-Orient grâce à une activité plus accrue dans le pays.

En revanche, PSA compte bien rester dans le pays : il représente plus de 30% du marché automobile et ne commercialise aucun de ses véhicules outre-Atlantique.

Airbus, le constructeur aéronautique, a seulement fourni trois avions sur les 98 commandes annoncées en début d’année. Air France avait d’ores-et-déjà anticipé la situation en fermant la ligne Paris-Téhéran, rétablie au total durant deux ans, après des dizaines années de gel.

Alors que la compagnie avait justifié son arrêt pour cause de “faible demande”, plusieurs spécialistes avaient expliqué à Reuters que c’était dû au symptôme de “l’incertitude de l’accord iranien”.

Le marché du pétrole instable

Pour Donald Trump, il n’y a aucun doute que les entreprises ainsi que les pays doivent s’aligner et choisir entre les Etats-Unis et l’Iran. Cela risque de mettre plusieurs entreprises dans une instabilité internationale – tout particulièrement les géants de l’industrie pétrolière, comme Total.

Dès le 5 novembre prochain, les sanctions sur le pétrole iranien seront à nouveau imposées. “Le risque géopolitique est dans tous les esprits”, a commenté un haut cadre de Schneider Electric à MarketWatch.

Sur un plan global, les sanctions pourraient mettre toute l’industrie du pétrole dans une instabilité à long terme. Certains analystes craignent même une pénurie.

Les experts du marché pensent que les sanctions pourraient bien bloquer plus d’un million de barils par jour sur les 2,5 millions exportés quotidiennement.

Par ailleurs, le but des Etats-Unis à long terme est d’empêcher les leaders de Téhéran de soutenir les “activités militantes” dans la région, ainsi que de stopper le programme d’enrichissement à l’uranium. 

Une nouvelle révolution verte ? 

Autre conséquence de la situation, les Iraniens eux-mêmes semblent vivre une période extrêmement morose. Alors que de nombreuses manifestations s’organisent depuis plusieurs jours, la population craint une escalade de la violence, comme en 2007.

L’inflation imminente, le taux de chômage élevé ainsi qu’une économie en berne inquiètent les habitants. Pour eux, la fin de cet accord marque surtout un échec culturel. “L’Iran est un marché immense de plus de 90 millions de personnes extrêmement éduquées, qui aiment tout particulièrement voyager”, a commenté un professionnel du tourisme.

Pour l’instant, les Etats-Unis ont indiqué qu’ils seraient ouverts à la négociation avec le gouvernement local si le gouvernement Iranian améliore le traitement de ses citoyens, accepte un accord plus dur et si change sa politique régionale.

Alors que les Iraniens sont connus au Moyen-Orient pour être de grands consommateurs, les multinationales sont inquiètes pour leur chiffre d’affaires.

Les sanctions pourraient générer une chute drastique de la croissance régionale, déjà enclin à de nombreuses crises et d’affaires de corruption. Il y a deux jours, un haut fonctionnaire de la Banque Centrale Iranienne a été arrêté pour malversations.

La situation pourrait bien empirer

Lundi dernier,  Federica Mogherini, en charge des affaires étrangères dans l’Union Européenne, a demandé aux entreprises européennes de continuer leurs affaires avec l’Iran. Elle a déclaré que la décision de Washington était “une terrible décision unilatérale prise qui n’aurait jamais, jamais dû arriver”.  

En ce qui concerne Rouhani, il a publiquement expliqué mardi qu’“associer les mots sanctions et négociations sont un non-sens complet”. Le Président Iranien a ensuite déclaré que les Etats-Unis souhaitaient déclarer une “guerre psychologique à l’Iran, tout en créant des distorsions”.

En effet, cette guerre psychologique risque de coûter cher à l’Iran. Quelques heures après l’annonce, la Banque Centrale Allemande bloquait $400 millions. La réaction des autres pays européens devrait avoir lieu dans les prochains jours. Les Etats-Unis pourraient bien se voir plus isolés qu’avant, quelques semaines après que la Chine et l’Europe aient affiché un rapprochement

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo