Euronext, la Bourse paneuropéenne, s’apprête à racheter Borsa Italiana pour 4,33 milliards d’euros auprès du London Stock Exchange, qui la détient depuis 12 ans. Pourquoi ce rachat, largement médiatisé, retient autant l’attention des investisseurs ? Dans une Europe post-Brexit et en pleine crise du Covid-19, les marchés d’Euronext s’apprêtent à connaître une nouvelle ampleur.

 

Euronext ou l’émergence d’un champion européen

L’opérateur boursier qui exploite les places de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne, Dublin et Oslo va racheter la Bourse de Milan à la Bourse de Londres, son détenteur depuis 12 ans. La Suisse (Six Group AG) et l’Allemagne (Deutsche Börse) étaient en lice, avant de voir leurs offres écartées. La compétition était serrée et les appétits fort aiguisés.

L’opération de rachat s’élève à 4,33 milliards d’euros. Elle intervient au moment d’une série de transactions de ce type entre les grandes places boursières mondiales destinées à créer des synergies et réduire les coûts, sorte de grand « Monopoly de la Bourse ». Euronext avait d’ailleurs cherché à acquérir la Bourse de Madrid au printemps dernier avant de renoncer.

Le secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, Clément Beaune, a célébré la naissance de ce géant paneuropéen en ces termes : « un vrai champion européen est né, pour s’affirmer dans l’Europe de l’après-Brexit ». L’annonce a eu lieu vendredi mais la rumeur courait depuis l’été.

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Euronext prendra la main sur les IPO dans l’Union européenne

Une fois l’acquisition accomplie, un quart des actions négociées sur les marchés européens pourraient l’être sur la place Euronext. « L’achat de Borsa Italiana va faire d’Euronext le premier marché actions d’Europe », a titré Les Echos.

Selon le quotidien Le Monde, celui-ci « deviendra le numéro 1 européen des introductions en Bourse et des marchés secondaires pour les actions. A l’avenir, 28 des 50 valeurs de l’Euro Stoxx, l’indice boursier répertoriant les principales entreprises européennes, seront cotées sur Euronext ».

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Le patron d’Euronext Stéphane Boujnah a renchéri, expliquant que l’acquisition de Borsa Italiana permettra de « créer la colonne vertébrale de l’union des marchés de capitaux en Europe ».

Une étape majeure

Pour Euronext, en place depuis 20 ans, il s’agit d’une nouvelle étape importante. L’Italie devient le plus grand contributeur au chiffre d’affaires du groupe, devant la France. Selon Le Monde, « la transaction va d’ailleurs s’opérer avec le soutien de la Caisse des dépôts italienne et de la banque Intesa Sanpaolo, qui entreront à son capital ».

Le rachat de Borsa Italiana est un accès non seulement aux actifs clé de cette dernière mais aussi à la plateforme de négociation MTS qui concentre l’essentiel des échanges sur la dette souveraine italienne.

Il offre à Euronext la possibilité non seulement d’occuper une position stratégique dans la zone euro et une ouverture toujours plus grande sur les marchés mondiaux mais aussi de poursuivre sur le chemin de la diversification. L’opérateur boursier s’est en effet beaucoup focalisé ces dernières années autour de la fourniture de données et de services aux investisseurs.

« Euronext bénéficie d’une solide dynamique. Le groupe est sorti renforcé de la crise sanitaire. Depuis le début de l’année, son action s’est envolée de plus de 40 % », rappelle notamment Le Figaro.

Le contenu ci-dessus est considéré comme une information à titre indicatif et ne peut être assimilé à une recherche ou un conseil en investissement indépendant.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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