Alors que les restrictions sur les émissions carbones font des émules, les deux constructeurs Fiat-Chrysler et Tesla ont passé un accord de partenariat fin d’éviter une amende de l’Union européenne. 

Selon le contrat, le constructeur italo-américain versera des centaines de millions de dollars à son rival californien pour comptabiliser ses véhicules électriques dans son propre parc automobile.

Pour autant, le dépassement des limites d’émissions de carbone reste encore opaque. Alors que Volkswagen vient d’être poursuivi par le gendarme boursier de Wall-Street, la SEC, pour le “dieselgate”, l’Union européenne cherche des solutions.

Une amende de plusieurs milliards

A l’heure du tout électrique, les constructeurs automobiles redoublent de créativité. Comment se préparer à un monde sans pétrole à l’horizon des années 2030 ? Pour le moment, la réponse semble vague.

Au cours des dernières années, les réglementations européennes se sont durcies. Désormais, les voitures en vente dans l’Union européenne ne devront pas dépasser les 95 grammes par kilomètre.

Alors que le constructeur américain Tesla vend des voitures électriques au prix de départ de €20 000, les autres marques sont à la traîne.

Les ingénieurs n’ayant pas encore réussi à développer des modèles de production nécessaires, un géant de l’automobile a alors eu une idée : faire un partenariat avec Tesla. Comme le rapporte Le Point, Fiat-Chrysler aurait signé un accord de centaines de millions de dollars avec Tesla afin éviter des amendes européennes.

« L’engagement de FCA est de réduire les émissions de tous nos produits. En même temps, nous allons tirer le meilleur des options offertes par la réglementation pour respecter les normes », a expliqué un responsable du groupe à l’AFP.

En jeu : une amende de plus de $2 milliards que Fiat-Chrysler prenait le risque de payer d’ici à 2021 si l’accord n’avait pas été signé.

La France condamne l’alliance

Mais si cette alliance est légale, elle pose des questions d’éthique au long terme. Le gouvernement français s’en est d’ailleurs préoccupé.

Lors d’une session hebdomadaire à l’Assemblée nationale, Brune Poirson, Secrétaire d’état auprès du Ministre à la Transition écologique et solidaire a déclaré que “cela questionne la sincérité de la démarche, il s’agit clairement d’un détournement de l’esprit de la règle qui est bien que tous les constructeurs s’engagent dans les transports propres en profondeur”.

La militante environnementale a par ailleurs dénoncé un “détournement de l’esprit de la règle”, alors qu’il faudrait mieux investir dans la recherche et le développement. “C’est un très mauvais signe pour Fiat, c’est reculer pour mieux sauter”, a t-elle conclu.

Suite et fin du dieselgate ?

De l’autre côté du Rhin, la série noire pour Volkswagen continue. Il y a trois semaines la SEC, l’Autorité Américaine de Régulation des Marchés Financiers, a annoncé poursuivre le constructeur allemand pour “fraude massive” aux dépens d’investisseurs américains.

En d’autres termes, la SEC considère que les actionnaires ont été dupés par la firme allemande, qui, en 2015, avait été épinglée pour avoir menti sur les émissions carbones de ses voitures lors des tests en usine.

Une addition qui pourrait s’avérer très élevée : Volkswagen a d’ores-et-déjà donné son accord pour payer $25 milliards aux Etats-Unis.

Pourraient s’ajouter à cela, des dommages et intérêts et des amendes supplémentaires, totalisant ainsi une somme de $4,3 millions.

Renault : une longueur d’avance ?

C’est dans ce contexte très houleux que Renault, en pleine tourmente avec le scandale Carlos Ghosn, vient d’annoncer le lancement d’une voiture 100% électrique en Chine.

Le pays a d’ailleurs imposé à chaque constructeur installé sur son territoire de vendre au moins 30 000 voitures électriques par an.

La City Z-KE modèle Kwid, sera vendue à $10 000 pièce. Elle sera mise en vente au grand public dès le 18 avril et a déjà rencontré un grand succès en Inde et au Brésil.

Une réussite internationale qui pourrait bien permettre au constructeur français de lancer un modèle similaire en France, en vue des nouvelles réglementations.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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