Au G-20 de Hangzhou, les puissants de ce monde ont lancé un signal d’alarme, et pour une fois tout le monde s’est mis d’accord. Selon eux, la croissance globale est insuffisante, et les peuples ont tendance à se replier sur eux-mêmes. D’après la Présidente du FMI, Christine Lagarde, la croissance a été trop faible, pendant trop longtemps et sans actions percutantes, le monde pourrait en souffrir pendant une longue période. Elle a également fait état de mouvements anti-commerciaux aussi bien dans les politiques que pour l’opinion publique. D’un autre côté, les politiques accommodantes des Banques Centrales ont atteint leurs limites, et même les indécis et les plus réticents ont été réveillés par le récent Brexit, pour plébisciter des relances par l’investissement public. Selon les chefs d’état des vingt pays les plus riches du monde, toute politique protectionniste est maintenant à proscrire.

 

Primordial d’enrayer la chute des échanges

Les pays membres du G-20 représentent à eux seuls 84 % de l’économie mondiale. A Hangzhou, l’accent a été mis sur la chute des échanges mondiaux, alors que la croissance globale plafonne à 3% par an, versus 7% durant les deux décennies qui ont précédé la crise de 2008. Il faut dire que l’année 2016 n’a pas été une sinécure avec le Brexit, la campagne présidentielle américaine et la crise migratoire. En bref, la mondialisation n’a pas bonne presse. La réunion des Ministres du Commerce en juillet à Shanghai fut un échec, en raison du nombre croissant de mesures restrictives affectant le commerce et les services. Les membres du G-20 en ont à présent bien conscience, la libéralisation des échanges mondiaux est plus que jamais impérative pour relancer l’activité économique mondiale.

«Il est facile de blâmer le commerce pour tous les maux qui affligent un pays, mais limiter le libre-échange risque de faire caler un moteur qui pendant des décennies a permis de réaliser des gains de bien-être sans précédent», Christine Lagarde, Directrice Générale du Fonds Monétaire International.

 

L’impopularité du libre-échange difficile à enrayer

Le commerce international est indispensable à la croissance. Mais en période de crise, les populations affichent une méfiance grandissante face à la mondialisation. Alors que les échanges progressaient à un rythme de 7% avant 2008, soit à des niveaux deux fois plus élevés que la croissance, ils chutent de manière continue depuis la crise, pour atteindre 3% par an aujourd’hui. Cela n’est pas une bonne nouvelle pour la croissance mondiale. Lors du B20 qui a eu lieu samedi, Christine Lagarde s’est exprimée devant le monde des affaires, pour déclarer que « Le commerce est beaucoup trop bas, et il est trop bas depuis longtemps. S’il n’y a pas de commerce international, si les services, les capitaux, les personnes et les biens ne traversent pas les frontières, cela fait moins d’activité pour vous, moins d’emplois dans votre pays, où que soit basée votre entreprise. »

“Sans commerce international, sans investissements entre pays, et si les services, le capital et les personnes ne traversent pas les frontières, cela entraîne moins d’activité, moins d’emploi dans tous les pays »,”Christine Lagarde, Directrice Générale du Fonds Monétaire International.

 

Le protectionnisme dans le collimateur du G-20

Les membres du G-20, bien conscients de l’intensification des sentiments protectionnistes envers la mondialisation, a ainsi mis l’accent sur l’importance du commerce mondial. Ces remarques sont adressées à ses propres membres, qui de plus en plus adoptent des mesures de restriction des échanges. Christine Lagarde, Directrice du FMI, s’est insurgée contre la remise en cause des accords commerciaux internationaux par les candidats Trump et Clinton. Les dirigeants sont finalement tous tombés d’accord : il est nécessaire de « s’opposer au protectionnisme ».

 « Nous nous sommes accordés pour soutenir le système d’échanges commerciaux multilatéral (…). Nous sommes résolus à revitaliser le commerce et les investissements internationaux. » « Nous prolongeons jusqu’à la fin de 2018 notre engagement de statu quo et de démantèlement des mesures protectionnistes », communiqué final du G-20.

 

Deux autres dossiers importants : le climat et la fiscalité

Mise à part la question des échanges commerciaux, de nombreux autres sujets ont été abordés, tels que les questions climatiques et la fiscalité. De quoi donner un nouvel élan à la question du verdissement de l’économie. La Chine, qui est pour rappel le premier pollueur du monde, est responsable de 24 % des émissions de CO2, vient de ratifier l’accord de Paris, neuf mois après la COP21. En ce qui concerne la fiscalité, il apparaît nécessaire de ralentir l’érosion des bases fiscales qui doit passer par des efforts en terme de transparence afin de lutter activement contre les paradis fiscaux. C’est la première fois que l’évasion fiscale est abordée lors d’un sommet du G-20.  Ainsi les chefs d’états ont chargé l’OCDE de produire d’ici juin 2017 une liste noire des pays non coopératifs dans la lutte contre l’évasion fiscale.

« La croissance a été trop faible pendant trop longtemps et pour trop peu de gens », Christine Lagarde, Directrice Générale du Fonds Monétaire International.

 

Objectif numéro 1 : le soutien de la croissance

Plus que jamais, le G20 recherche des relais pour la croissance mondiale. Les chefs d’état ont admis que « la politique monétaire mise en place par les Banques Centrales est incapable à elle seule de conduire à une croissance équilibrée ». Ils vont donc en faire un peu plus côté budget. La politique fiscale et les dépenses publiques devront être utilisées à bon escient, « notamment en accordant la priorité aux investissements de haute qualité ». Il faut dépenser mieux, mais pas forcément plus. Le G20 a appelé à un recours plus soutenu aux dépenses publiques, et pas uniquement aux assouplissements monétaires, afin de relancer une économie mondiale en berne, tout en dopant l’innovation pour en faire un « moteur de croissance ».

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo