Le 16 octobre, Google a annoncé sur son blog que les fabricants de smartphones européens ne seraient plus contraints de pré-installer les applications Google sur les téléphones fonctionnant sur Android, et ce dès le 29 octobre prochain.

Mais en échange de cette liberté, les constructeurs devront payer une licence d’utilisation s’ils souhaitent installer Google Recherche et Google Chrome, les deux services les plus populaires de Google.

Avec cette décision, Google répond aux exigence de la Commission européenne qui lui en infligeait en juillet dernier une amende de $4,3 milliards pour avoir abusé de sa position dominante, afin d’assurer sa suprématie sur le secteur des systèmes d’exploitation.

Amende record de $4,3 milliards

Le 18 juillet dernier, la Commission Européenne imposait une amende de $4,3 milliards à Google pour abus de position dominante sur le marché des systèmes d’exploitation mobiles. Le groupe n’autorisait pas les constructeurs de smartphones à installer Android sans installer les applications de Google, à savoir Play Store, Gmail, Google Maps, Google Search ou encore Youtube.

Plus précisément, les constructeurs étaient autorisés à installer Play Store seulement s’ils incluaient un ensemble d’autres applications du groupe. Selon la Commission européenne, Google a rémunéré des fabricants de smartphones pour qu’ils pré-installent l’application Google Search de manière exclusive, excluant de ce fait la concurrence. Grâce à cette stratégie, les applications Google sont devenues incontournables pour les utilisateurs.

A lire aussi : L’UE inflige une amende record à Google

Réponse de Google : punir les constructeurs

Les constructeurs pourraient difficilement se passer des applications de Google, devenues incontournables. Le groupe compte en profiter pour les rentabiliser.

Le 16 octobre 2018, Google a annoncé sur son blog que les fabricants de smartphones commercialisant leurs produits en Europe pourraient dès le 29 octobre utiliser dans leurs produits le “fork Android”, une version du système d’exploitation ne contentant pas les application pré-installées de Google.

Le groupe ajoute que les fabricants auront le choix d’installer les applications de leur choix. Mais tout cela n’est pas gratuit : tous les fabricants souhaitant pré-installer Google Recherche et Google Chrome – à savoir les deux applications les plus populaires de Google – devront payer une licence d’utilisation.

A lire aussi : La nouvelle taxe sur les GAFAM

Licences distinctes pour Chrome et Search

Selon le Vice-président et Directeur des plateformes et des écosystèmes chez Google, Hiroshi Lockheimer, cette décision a été prise dans le but de se conformer aux exigences de l’UE en matière de droits de licence pour les applications.

Sur le billet de blog, il ajoute que les constructeurs pourront installer des licences non officielles d’Android et ignorer Search et Chrome, qui étaient jusqu’à présent imposées. Les coûts de licence seront payés pour l’ensemble des applications de Google, à l’exception de Google Search et Chrome qui feront l’objet de droits de licence distincts. Sur ces deux marchés, Google est en position de monopole.

A lire aussi : Les géants du web ne respectent pas le RGPD

Pourquoi une telle décision ?

Rien n’oblige Google à faire payer ses licences, pas même la condamnation de l’UE. Google se justifie en expliquant que ces deux applications participent au financement du développement et à la distribution gratuite d’Android.

En réalité, la société a pris cette décision de son plein gré, et son message est clair : imposer une licence payante pour ses applications après la décision de Bruxelles qui laisse penser que l’UE est responsable d’un préjudice touchant les fabricants et consommateurs. C’est en effet sur ces derniers que les coûts seront répercutés.

Deux scénarios possibles pour le public

1- Les constructeurs répercutent le coût des licences d’applications sur le consommateur final, ce qui aura pour effet de faire monter le prix de vente des smartphones.
2 – Les constructeurs absorbent les coûts et rognent leurs marges, à condition que les acquisitions de licences ne soient pas trop lourdes à supporter financièrement.

Ce qui est certain, c’est que la réaction du grand public entrera dans l’équation. Une hausse de prix des appareils de quelques dizaines d’euros sera t-elle suffisante pour repousser une clientèle prête à payer 1000 pour un smartphone ?

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo