Alors que la guerre commerciale risque de freiner l’économie chinoise, celle-ci représente une grande opportunité pour plusieurs pays d’Asie du sud est, dont le Cambodge et le Vietnam. 

Alors que le “Made in China” risque de devenir un produit de luxe, les multinationales étudient de nouvelles destinations pour leurs usines. 

Le Cambodge, avec ses prix attractifs, intéresse de plus en plus les enterprises occidentales qui s’y implantent. Pour autant, le manque d’infrastructure et l’instabilité politique limitent son développement. Le Vietnam, plus stable et moins cher, attire les capitaux étrangers.

Le Cambodge, une nouvelle alternative

Steve Madden et Coach ont fait cap sur le sud: pour les marques de luxe, le Cambodge est la dernière destination à la mode. Pourquoi donc ? Tout d’abord, parce que depuis 2016, plusieurs milliers de produits sont exempts de taxe d’importations vers les Etats-Unis.

Cette réforme exempt, entre autres les accessoires, les chaussures, les sacs à main, ou encore les valises. Une aubaine que les professionnels de la mode ont bien saisis. Entre 2016 et 2017, le Cambodge a vu ses exportations augmenter : plus de 25 pour cent pour les chaussures et plus de 11 pour cent vers les Etats-Unis.

De plus, une étude de l’Association de l’industrie de la mode des Etats-Unis montre que plus de 67 pour cent des enseignes américaines songeaient à délocaliser leurs usines basées en Chine, vers un autre pays asiatique. D’après Steve Lamar, Vice-Président de l’association, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis a causé “beaucoup d’anxiété” dans l’industrie de la mode.

Un pays politiquement instable

C’est la marque Steve Madden qui a senti la tendance en premier. D’ici à 2019, la marque a annoncé produire près de 60 pour cent de ses produits au Cambodge. D’autres marques ont suivi. En 2017, les Etats-Unis et l’Union Européenne représentaient près de 72 pour cent des exports en prêt-à-porter.

Pour autant, les experts alertent sur l’instabilité du pays, dont les résultats des élections générales en juillet sont vivement critiqués par l’opinion publique. Ces derniers ont crée une tension au sein de la majorité, faisant craindre une ‘crise démocratique’, rapportent les experts.

Les professionnels locaux de la mode en ont bien conscience. Kaing Monika, attachée du secrétaire générale de l’association des professionnels de la mode au Cambodge a déclaré que “la paix et la stabilité sont essentiels” pour pérenniser la croissance nationale.

Face à cette incertitude politique, certaines entreprises ont d’ores-et-déjà mis les voiles sur le Vietnam, où des millions d’ouvriers bon marché cherchent de nouvelles opportunités.

Le Vietnam, une alternative stable

Alors que la plupart des maisons de luxes repensent leur stratégie asiatique, plusieurs marques haut-de-gamme ont déjà décidé de s’installer du Cambodge vers le Vietnam.

Les usines des marques Coach et Kate Spade, détenues par le groupe de luxe Tapestry, se sont installées au Vietnam l’année dernière. Tapestry ne détient plus que cinq pour cent de sa production en Chine.

Avec une frontière commune, les entreprises qui étaient installées en Chine convoitent sur le nord du Vietnam, où un ouvrier coûte en moyenne 15 dollars par mois – comparé à 750 dollars pour son homologue chinois, dans la région frontalière du Guangxi.

Dès aujourd’hui, les nouveaux “tariffs” du gouvernement Trump entreront en vigueur. Une taxe supplémentaire de 25 pour cent s’ajoutera à de nombreux produits Chinois.  En réponse à cette mesure, la Chine a annoncé qu’elle mettrait en vigueur la même augmentation pour tout produit manufacturé Américain.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo