La présidence américaine a décidé de rétablir les sanctions économiques envers l’Iran. Entrées en vigueur officiellement ce lundi 5 novembre, elles ont pour but de limiter la stabilité économique du pays, alors que Barack Obama avait tout fait pour pacifier la relation entre les deux états.

Le dirigeant Iranien, Hassan Rohani s’est adressé directement à Donald Trump en déclarant face caméra qu’il fera tout pour contourner les sanctions américaines.

Cet été, des sanctions touchant les secteurs financier et automobile avaient déjà porté préjudice à l’économie iranienne. En seulement un trimestre, les exportations de l’Iran sont passées de 2,8 millions de barils par jour à 1,6 million aujourd’hui.

Comment l’économie du pays va t-elle depuis l’été dernier et comment les entreprises françaises comptent-elles réagir ? Analyse.

Une annonce en direct

L’Iran est le troisième producteur de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (Opep,), ce qui en fait un acteur clé mondial.

Alors que l’Arabie Saoudite suit avec attention le développement de la situation, Hassan Rohani s’est adressé directement à Donald Trump, lundi 5 novembre lors d’une allocution à la télévision en direct.

Il y a déclaré : “J’annonce que nous allons contourner avec fierté vos sanctions illégales et injustes car elles vont à l’encontre du droit international. Nous sommes en situation de guerre économique et nous affrontons une tentative d’intimidation.”

Il a ensuite ajouté : “Je ne pense pas que dans l’histoire américaine il y ait eu jusqu’à présent quelqu’un à la Maison Blanche qui contrevienne à ce point au droit et aux conventions internationales.”

Une inflation sans précédent

Pour les Iraniens, la crise n’est pas nouvelle ; cela fait depuis des mois qu’ils doivent faire face à des pénuries alimentaires.

Les premières victimes des sanctions ne sont pas les industriels, contrairement à ce que Donald Trump avait prévu, mais bien la population. A Téhéran, le souk a vu sa fréquentation baisser de 90%, d’après un reportage de l’AFP.

De plus, en raison de l’insécurité planant sur l’économie du pays, la monnaie iranienne a perdu en un an 70% de sa valeur face au dollar.

Le retour de l’embargo, qui avait été levé par Barack Obama, a d’ores et déjà plongé le pays dans une récession et devrait entraîner un repli important de 3,6% de l’économie iranienne d’ici à 2019, selon le Fonds Monétaire International (FMI).

Les géants français quittent l’Iran

De nombreuses enseignes françaises ont fait un choix : le pétrolier Total par exemple, s’est retiré du projet gazier South Pars 2, estimé à plus de €4 milliards. Avant juillet, Total achetait plus de 100 000 barils par jour à l’Iran, il n’en achète désormais plus aucun.

Implanté également aux Etats-Unis, le géant pétrolier a dû faire un choix entre les deux puissances et a décidé de se retirer de l’état iranien.

Dans les airs, l’heure est également aux turbulences. Après deux ans de liaisons rétablies entre Paris et Téhéran, Air France a annoncé interrompre ses liaisons. Pour rappel, les vols Paris-Téhéran avaient été interrompus pendant des décennies et rétablis lors du deuxième mandat de Barack Obama.

A lire : Etats-Unis et Europe se déchirent sur l’accord iranien

Les Galeries Lafayette elles aussi, vont ralentir leur activité, alors même que le grand magasin de luxe français avait ouvert ses portes l’année dernière à Téhéran. L’enseigne avait pour projet de développer plusieurs sites initialement.

D’autres géants industriels français ont décidé de se retirer du pays comme Air Liquide ou encore le constructeur automobile PSA… Un coup dur pour la présidence française, qui avait joué la carte de l’ouverture avec l’Iran.

En attendant, les entreprises occidentales partent petit à petit, ne faisant que confirmer les prévisions pessimistes du FMI.
A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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