Le 9.3, la nouvelle poule aux œufs d’or de J.P. Morgan ? A en croire l’annonce faite en début de semaine, le géant de la finance américain va investir largement dans la région la plus pauvre de France: la Seine-Saint-Denis.

Connue pour être la région où le taux de chômage est le plus élevé dans le pays, la Seine Saint-Denis est dans le collimateur de J.P. Morgan qui a décidé de s’implanter dans la région dans le cadre de son programme “AdvancingCities“. L’objectif sera d’aider les entrepreneurs et les chômeurs de la petite couronne. 

L’initiative globale d’AdvancingCities est estimée à €440 millions et a pour but de cibler le développement économique des zones précaires de grandes métropoles mondiales. €26 millions seront consacrés à la Seine-Saint-Denis et seront dépensés d’ici à 2024. 

Une région à fort potentiel

“Il faut que la Seine-Saint-Denis soit prête”, a déclaré Stéphanie Mestrallet, Responsable des activités France de la fondation JPMorgan au micro de France Bleu, ce mardi.

Alors que le démarrage des travaux pour le village olympique se fait attendre, la ville de Saint-Denis a un des stades les plus grands de la région parisienne. Il accueillera de nombreux évènements lors des Jeux Olympiques. Un détail qui n’est pas passé inaperçu chez JP Morgan : la ville a un grand potentiel économique.

Le groupe bancaire prévoit d’ailleurs un important regain d’activités dans cinq ans… D’où l’intérêt pour la banque de se positionner en investisseur clé dès cette année.

Actuellement, près de 28% de la population de Seine-Saint-Denis vit sous le seuil de pauvreté. C’est la région qui compte le plus de crimes et a le taux de chômage le plus élevé en France, avec près de 30% de chômeurs rien que dans la ville de Saint-Denis.

D’autre part, la Seine-Saint-Denis est également la région la plus jeune de France avec près de 22% de la population âgée de moins de 15 ans, contre une moyenne nationale de 20%.

Avec un énorme potentiel de créativité et de dynamisme, de plus en plus d’entreprises s’y intéressent. Par son métissage et son multi-culturalisme, la Seine-Saint-Denis, est devenue, en quelques années, un aimant à projets.

J.P. Morgan : grand mécène du 93 ?

La banque n’en est pas à son premier galop d’essai dans la région. Elle finance déjà des organisations implantées dans la région, comme Les Compagnons du Devoir,  Sport dans la Ville ou encore la Fondation agir contre l’exclusion et Mozaïk RH.

Il y a quelque mois, J.P. Morgan a financé l’école de code informatique Simplon qui a ouvert ses portes à Montreuil, dans l’objectif de rendre le numérique accessible à tous, en favorisant une formation accélérée pour les chômeurs de longue durée.

Les artistes sont aussi particulièrement attachés à cette région. En 2012, Luc Besson a crée son école de cinéma et offre aux jeunes artistes locaux une formation gratuite de deux ans. Néanmoins, l’école a fermé l’été dernier par manque de moyens, laissant apercevoir les difficultés de financement dans une région très controversée.

Avec une réputation ternie par les attentats de Novembre 2015 au Stade de Saint-Denis et les violences quotidiennes, la réputation de la région pourrait faire du tort à JP Morgan.

Un projet pas si philanthrope

Dernier point de ce projet : la polémique autour des intentions de la banque.

Si Stéphanie Mestrallet convient que les objectifs de J.P. Morgan sont de “faire en sorte que les jeunes en situation de décrochage scolaire puissent accéder à la formation“, certains experts pointent du doigt les avantages fiscaux que cette opération représente.

Selon France Bleu, la Banque J.P. Morgan bénéficiera d’une déduction fiscale intégrale aux Etats-Unis pour les €30 millions dépensés d’ici à 2024.

Une aubaine pour le groupe alors que les impôts sur les entreprises augmentent aux USA, notamment depuis les dernières décisions du gouvernement de Donald Trump.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo