Pour la Chine, l’année 2016 a été productive dans le domaine du photovoltaïque, puisque le pays a plus que doublé ses capacités de production. Quand on connaît les problèmes récurrents que connaît le géant asiatique en termes de pollution de l’air, il est difficile de l’imaginer en championne des énergies propres.

Mais en multipliant sa capacité de production d’énergies propres, l’Empire du Milieu est devenu le plus grand producteur d’énergie solaire au monde. Il s’agit d’un grand pas en avant dans le développement des énergies vertes pour le géant asiatique, alors que l’énergie solaire ne représente qu’1 % de l’énergie produite du pays.

Mais le pays ne compte pas s’arrêter là, et compte investir 364 milliards de dollars dans les énergies propres d’ici 2020. Avec une production a atteint 77,42 gigawatts en 2016, la Chine est loin devant l’Allemagne, le Japon ou encore les Etats-Unis.

Reusable energy for China

Les contraintes environnementales, la chute des prix des panneaux photovoltaïque et l’afflux massif d’investissements poussent les producteurs d’électricité et industriels à se tourner vers le solaire. Petit à petit, le monde est entré dans une nouvelle ère énergétique.

Les projets de centrales solaires se multiplient en Chine

Grâce à de généreuses subventions de l’État, les projets de centrales solaires se sont multipliés sur le territoire chinois ces dernières années. Le plus grand parc photovoltaïque est en pleine construction dans une zone désertique mais très ensoleillée du Ningxia, au nord de la Chine.

Le projet développé sur 27 km2 a déjà coûté plus de 721 millions de dollars, pour offrir une capacité de production totale de 2 gigawatts (GW). Cette énergie serait suffisante pour alimenter en électricité près de 200 000 foyers.

Derrière ce projet pharaonique, on retrouve China Minsheng Investment Corp, une société créée il y a à peine deux ans. Grâce à une politique industrielle très agressive, la Chine domine totalement la production mondiale des panneaux solaires. En effet, sur les dix premiers producteurs, six sont chinois. Ainsi, la production de panneaux solaires sert à la fois la transition énergétique, et le développement industriel.

Dans la lignée de l’accord de Paris sur le climat

Pékin s’est engagée à une réduction de l’intensité carbone de -60 à -65 % d’ici 2030, sur la base des émissions de 2005. Cette décision fait du sens, dans le sillage de l’accord de Paris sur le climat. Cet engagement, l’administration a tout intérêt à la tenir : les épisodes récurrents de « smog » installé à travers le pays deviennent un véritable problème de santé publique pour la population.

Chinese plan for reusable energy

Mais la Chine n’est pas le seul pays asiatique à se lancer dans la course aux énergies renouvelables : l’inde est également sur le coup, avec d’importants investissements pour dépasser son rival et construire à son tour la plus grosse base photovoltaïque du monde.

Le principal enjeu : réduire la consommation de charbon

En 2016, la Chine avait déjà commencé à fermer une partie de son parc de mines de charbon, initiative qui devrait se confirmer en 2017. La raison de l’abandon progressif de cette source d’énergie peu coûteuse ? Son fort taux de pollution.

Mais la Chine reste hautement dépendante de l’industrie du charbon, et ce pour deux raisons : tout d’abord, l’abondance des gisements à travers le pays permet de couvrir les besoins nationaux, tout en assurant son indépendance énergétique. La deuxième raison est que jusqu’à aujourd’hui, le pays ne disposait pas d’autre alternative pour remplacer le charbon. C’est chose faite grâce aux panneaux solaires.

La manœuvre allouée au charbon devra être réorientée

Le charbon représente toujours 64 % des apports énergétiques de la Chine. Mais le gouvernement compte faire rapidement descendre ce chiffre en dessous des 58 % en 2020. Il s’agit d’un délai très court, mais l’enjeu est à la hauteur des investissements nécessaires.

Le gouvernement a d’ailleurs déclaré investir 341 milliards d’euros dans les énergies renouvelables. Ainsi, une partie importante de l’industrie chinoise est sur le point d’amorcer une transition de grande ampleur, et la main d’œuvre allouée à l’exploitation du charbon devra être requalifiée, ou réorientée.

Le solaire ne représente que 1,3 % du mixte énergétique chinois

Ces investissements sont certes impressionnants, mais la réalité doit être nuancée. Malgré les efforts spectaculaires de la Chine pour développer les énergies renouvelables, ces énergies pèsent peu sur l’ensemble des besoins énergétiques du produit.

China manufacturing solar panals

En ce qui concerne le solaire, il représente seulement 1 % de la capacité de production totale de production de la China, soit 66,2 milliards de kilowatts-heures. Mais il y a un début à tout, et à horizon 2020 la Chine prévoit de disposer d’au moins 110 GW de capacités en énergie solaire, à en croire un plan quinquennal pour l’énergie publié en novembre 2016.

La Chine est contrainte de réduire sa production

À l’heure actuelle, les ambitions de la Chine sur le marché des énergies propres entraîne un rythme de fabrication de deux éoliennes par heure. Ainsi, ce secteur doit faire face à un changement de la demande.

Le problème, c’est que la production n’a pas été accompagnée de la modernisation du réseau de distribution d’électricité, qui est resté adapté aux centrales thermiques. Ainsi, un cinquième de l’énergie produite par les parcs éoliens chinois n’a pas été redistribuée, et le niveau de ces pertes s’élève à 50 % dans certaines provinces chinoises.

Conclusion, alors que la Chine et le marché avec le plus fort taux de croissance dans le secteur des énergies propres, elle sera contrainte de ralentir son rythme de production.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo