Exactement 20 ans après le triomphe de 1998, les Bleus ont réalisé l’exploit de remporter leur second titre de champions du monde. Mais contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, la victoire de la France lors de la Coupe du Monde n’a presque aucun impact sur la croissance du pays.

Certes, cela donne un coup de fouet immédiat à la consommation et au moral des ménages, mais les gains économiques à long terme sont faibles. Analyse.

En bref :
– Bruno Le Maire affirme que la victoire des Bleus va stimuler la croissance
– Selon les économistes, l’effet “mondial” est quasi-nul, voire inexistant
– La compétition augmenterait principalement la valeur marchande des joueurs

Seulement 3,6 % de croissance en 1998

Le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire semble confiant : après la finale de 1998, la France a connu une croissance de 3,6 %, contre 2,3 % en 1997. Mais selon les spécialistes, ces résultats sont à nuancer : durant cette période, le contexte était favorable à l’économie française, notamment grâce aux prix du pétrole anormalement bas. De plus, la compétition était organisée en France, ce qui a eu un impact notable en termes d’afflux touristique.

Le Maire ajoute que gagner la “Coupe du Monde” rapporte en moyenne 0,2 point de consommation en plus, ce qui représente 0,1 point de croissance supplémentaire ; soit 2,3 milliards d’euros. Ainsi selon ces calculs la croissance de la consommation française passerait de +1,1 à +1,3 % en 2018, tandis que la croissance du PIB passerait de +1,8 à +1,9 %.

Un effet économique qui reste à prouver

Selon la légende urbaine, la victoire d’un pays en finale de Coupe du Monde aurait un effet positif sur son économie. L’exécutif en a bien besoin, étant donné que les prévisions de croissance pour 2018 vont être revues à la baisse : 2% selon le gouvernement mais 1,7% selon l’Insee et 1,8% selon la Banque de France. Malheureusement, cet impact positif reste toujours à prouver. Ce que l’on sait, c’est qu’à court terme le Président en fonction gagne en popularité et que le moral des foyers s’améliore.

A en croire l’économiste du sport et chercheur au CNRS, Luc Arrondel, le rôle du la victoire en Coupe du Monde sur la croissance économique d’un pays relève de la légende urbaine :

Cela n’a pas d’impact direct sur le PIB ou sur la croissance, seulement sur le bonheur national brut. Car une victoire peut renforcer l’optimisme de la population et sa confiance en l’avenir, et ainsi engendrer davantage de consommation de certains biens – les maillots, les télévisions ou les boissons dans les bars, bien sûr, mais aussi des biens convoités depuis longtemps, comme un appartement ou une voiture“.

Plus de consommation pour certains secteurs

Plusieurs secteurs profitent du surplus de consommation durant le mois de compétition. Les français vont voir les matchs dans les bars, achètent des maillots, drapeaux, jouets, et ce qui regardent les matchs chez eux achètent de nouveaux téléviseurs pour l’occasion.

Portés par l’enthousiasme général, les français auraient même tendance à davantage se laisser tenter par de gros achats. Mais tout cela impacte négativement d’autres secteurs, c’est ce qu’on appelle “l’économie de substitution”.

Par exemple, les français vont moins au cinéma durant la Coupe du Monde, et ce même s’il y a de bons films à l’affiche. De même, les restaurants traditionnels sont éclipsés en faveur des brasseries et autres PMU.

Vrai gagnant de la compétition : la FIFA

Pour cette victoire en finale, la Fédération Française de Football (FFF) recevra un chèque de 32 millions d’euros, ainsi qu’un bonus de la marque Nike. Cela fait 10 ans que la marque américaine habille l’ensemble des équipes.

Chaque joueur de l’équipe de France recevra une prime de 280 000 euros, alors que cette nouvelle ligne sur leur profil devrait faire gonfler leur valeur marchande de 30 à 40 %.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo