Entre le Brexit, les difficultés de l’industrie automobile allemande et la dette de l’Italie, les sujets d’inquiétudes ne manquent pas en Europe. Résultat, la croissance en souffre. D’après les estimations préliminaires d’Eurostat, le PIB de la zone euro n’a progressé que de 0,2 % au troisième trimestre après avoir affiché +0,4 % au deuxième trimestre.

Le PIB de l’UE a également ralenti sa hausse, à +0,3%. Est-ce un seul passage à vide ou un renversement durable de tendance ? Les analystes sont divisés.

En 2017, la Commission Européenne avait abaissé ses prévisions de croissance pour 2018 à 2,1%. Le 8 novembre prochain, elle présentera ses nouvelles prévisions économiques.

Zone euro : +0,2 % de croissance du PIB

0,2% de croissance pour la zone euro, c’est non seulement deux fois moins que ce qu’attendaient les analystes, mais également le rythme le plus faible enregistré depuis 4 ans. Le PIB brut avait augmenté de 0,4% au cours des deux premiers trimestres de l’année.

Eurostat ajoute que la croissance en glissement annuel a elle aussi chuté à +1,7%, contre +1,8% attendus, alors qu’elle était de +2,2% au deuxième trimestre. Dans un communiqué séparé, la Commission Européenne a annoncé la dégradation du sentiment économique dans la zone euro en octobre pour le dixième mois consécutif. L’indicateur affiche sa plus forte baisse depuis le mois de mars, et tombe à 109,8 points, contre 110,9 en septembre.

Ces chiffres en demi-teinte confirment l’essoufflement constaté au premier trimestre. Au deuxième trimestre de 2018, la hausse du PIB de la zone euro avait atteint 0,4%, principalement portée par l’Allemagne. L’économiste indépendante Véronique Riches-Flores note qu’après une excellente année 2017, il est normal d’observer un ralentissement cyclique.

Après l’effet de rattrapage, le pic de croissance est derrière nous et l’activité de la zone euro retrouve son rythme de croisière. Reste à savoir quel sera le niveau de ce rythme, dont dépendent grandement les finances publiques.

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Italie fait du sur-place à +1,2%

D’après l’Institut National des Statistiques italien, l’Istat, le PIB de l’Italie a stagné à 1,2% au troisième trimestre de l’année, après trois ans de croissance. Il a progressé de 0,8% par rapport au troisième trimestre de 2017. Selon Istat, ce ralentissement de la croissance reflète “la faiblesse persistante de l’activité de l’industrie – apparue en 2017, suite à une phase intense d’expansion – n’est pas contrebalancée par la faible croissance des autres secteurs industriels”.

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L’Allemagne plombée par l’automobile

Il faudra attendre le 13 novembre pour la publication des chiffres du PIB allemand, mais les analystes estiment que les nouvelles normes anti-pollution de l’industrie automobile pèseront sur la croissance du pays.

Au début du mois d’octobre, le gouvernement allemand avait déjà abaissé ses prévisions de croissance pour 2018, en citant les nouvelles normes WLTP qui auraient désorganisé les chaînes de plusieurs constructeurs et pesé sur la production et les exportations du pays. En Allemagne, la branche automobile représente 800 000 à travers le pays.

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La France “rebondit” à +0,4%

Selon l’Insee, au troisième trimestre de l’année le PIB français s’est accéléré pour atteindre une croissance de 0,4% contre 0,2% au premier et second trimestres. Ce rebond est loin d’être à la hauteur des attentes, alors que l’Insee et la Banque de France attendaient une croissance du PIB à 0,5 %. L’institut précise que cette “légère” accélération peut être considérée comme un “retour à la normale” attribuable à un redressement de la consommation des ménages combinée à une bonne santé du commerce extérieur.

Les analystes ont observé que la croissance française avait évolué à contre-courant de celle de la zone euro depuis le début de l’année, alors qu’au troisième trimestre la croissance de la zone euro a ralenti à 0,2% en moyenne, alors que celle de la France a rebondi à 0,4% . Ils expliquent ce phénomène – dont la France semble coutumière – par des facteurs ponctuels et spécifiques.

En bref, les ménages français ont repris leurs habitudes de consommation après deux trimestres ponctués de grèves de transports, hausse de la CSG et taxes sur les carburants. Dans tous les cas, à moins qu’on assiste à une accélération surprise de l’activité en fin d’année, il est peu probable que la cible du gouvernement d’une croissance de 1,7 % en 2018 puisse être atteinte.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo