Les aides sociales sont plus que jamais dans le viseur du gouvernement. Comme l’annonçait déjà le Ministre du Budget Gérald Darmanin fin avril, l’objectif est de faire des économies.

Interrogé sur le sujet, Darmanin a affirmé qu’il y avait “beaucoup trop d’aides sociales en France”, mais sans pouvoir donner leur nombre exact.

Peut-on le blâmer ? DU RSA aux aides à la mobilité, il existe aujourd’hui plus d’une centaine de prestations. Le social représente 50% de la dette publique en France.

“Ce qui est certain c’est qu’il y en a trop”

C’est ce qu’a affirmé le Ministre du Budget Gérald Darmanin au micro de RTL le 29 mai dernier. Selon lui, les allocations sont “trop nombreuses” et “souvent contradictoires dans leur objectifs”. Interrogé sur le nombre d’aides sociales disponibles en France, il a déclaré “ne pas savoir”. La seule chose qui serait certaine selon lui, c’est “qu’il y en a trop”.

Selon Darmanin, deux types d’aides sociales doivent être distinguées :
  • Celles qui viennent en aide eux “gens qui sont cassés par la vie” et qui relèvent de la “solidarité nationale”, à l’instar des allocations handicapées et du minimum vieillesse.
  • Celles qui “permettent d’attendre” au moment où en est entre deux périodes d’activité. En bref, ce sont des aides accordées aux personnes capables de travailler mais qui ne le font pas.

Ce sont les deuxièmes qui posent problème : pas assez incitatives pour sortir d’une période d’activité, elles seraient des “trappes à inactivité”. De plus, les entreprises les utiliseraient comme prétexte pour ne pas augmenter les salaires.

C’est sur ces aides que Darmanin souhaite intervenir grâce à une “aide sociale unique” qui pourrait “mieux inciter” la reprise d’activité. La prime d’activité, attribuée aux personnes qui travaillent et ayant des salaires modestes, est particulièrement dans son viseur. Créée en 2016, elle coûte aujourd’hui €6 milliards à l’État tandis que la croissance économique a repris depuis belle lurette.

Le gouvernement entretient le flou

Le 20 mai dernier, le Ministre de l’Economie Bruno Le Maire déclarait qu’il était “légitime de réduire la politique sociale sur l’emploi dans la mesure où des postes étaient créés dans le secteur privé”.

Quelques jours plus tard, Gérald Darmanin le contredisait sur RMC et BFM-TV, déclarant qu’il “ne fallait pas modifier les prestations sociales individualisées”. La Ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé ces propos devant l’Assemblée nationale, pour assurer qu’il n’y aurait “pas de remise en cause des aides sociales”.

Qui croire ? Ce dont on peut être sûrs, c’est que la réflexion est en cours. Selon Le Monde, le Ministère du Budget serait en train de plancher sur “plusieurs pistes d’économies”. La prime d’activité ainsi que le fonctionnement des APL pourraient être mis en question.

Réduction des aides aux entreprises

Autre piste de réduction des dépenses publiques évoquée par Darmanin, la réduction de l’aide aux entreprises, déjà mentionnée par Bruno Le Maire dans le cadre de la loi Pacte.

Le Ministre a affirmé qu’en contexte de reprise économique, les €140 millions d’aides aux entreprises allaient être abaissées d’à peu près €5 milliards.

Le gouvernement estime qu’il est temps pour les entreprises de “faire un effort” après la baisse de l’impôt sur les sociétés, la suppression de l’ISF et la mise en place de la flat tax. Les entreprises vont mieux, et la baisse des aides est donc justifiée.

Guide des aides sociales en France

Combien d’aides sociales ? Même le Ministre de l’action et des comptes publics ne connaît pas le nombre des aides sociales en France. C’est dire si elles sont nombreuses.

Aujourd’hui en France, il existe des dizaines de prestations dans les domaines de la santé, de la famille, de l’emploi, du handicap, de l’asile, et de l’éducation. Certaines sont versées mensuellement, d’autres de manière ponctuelle. En bref, il est impossible de faire un décompte exhaustif.

Combien de personnes en bénéficient ? En 2015, 4,1 millions d’allocations ont été versées à 7 millions de personnes, ce qui représente 11% de la population française.

C’est le RSA qui est l’allocation la plus distribuée en France, versée à 2,5 millions de personnes chaque année. Il est suivi de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs en fin de droits.

Quelle est la part du budget de l’État ? Les dépenses de protection sociale représentent au total €701,2 milliards, soit 32 % du produit intérieur brut français.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo