“France is back” déclarait Emmanuel Macron à Davos en janvier dernier. Il semble que les entreprises ont bien reçu le message.

À en croire EY, la France a affiché un redressement de son attractivité spectaculaire en 2017 et 2018. C’est en tout cas la conclusion de l’étude annuelle du cabinet d’audit financier, qui affirmé que le pays se hissait sur le podium européen de l’attractivité.

La France a créé 1 019 projets d’implantation ou d’extension en 2017, soit 31% de plus qu’en 2016. Elle est derrière le Royaume-Uni (1 205 projets) et l’Allemagne (1 124 projets). 

Les chiffres du rapport EY:

– En 2017 les investisseurs étrangers ont annoncé 1019 projets d’implantation et d’extension en France. C’est 31 % de plus qu’en 2016, et très proche des chiffres de la Grande-Bretagne (1205 projets) et de l’Allemagne (1124 projets). Ainsi la France revient dans le trio de tête de l’attractivité en Europe.

– 81% des dirigeants d’entreprise se déclarent satisfaits de l’attractivité de la France en 2018, contre 73% l’année précédente.

– 55% des dirigeants se disent confiants pour les 3 ans à venir, alors qu’ils n’étaient que 27% l’an passé. Ce chiffre est supérieur à celui de l’Allemagne (45%) et du Royaume-Uni (30%).

– L’industrie est le moteur de la dynamique avec 323 projets d’investissement soit 52% de plus qu’en 2016. 86% de ces projets sont des extensions, et une minorité d’investisseurs se déclare prêts à créer une usine.

– Les États-Unis sont le premier pays d’origine des investissements étrangers, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni.

– 55% des 208 dirigeants étrangers interrogés pensent que l’attractivité de la France va s’améliorer d’ici trois ans. (27% en 2016).

– 37% des dirigeants interrogés jugent Paris comme la métropole européenne la plus attractive. 37% préfèrent Londres, et 23% Berlin.

– 25, c’est le nombre d’emplois créés ou sauvegardés par un projet d’investissement étranger en 2017. La moyenne européenne est deux fois supérieure à ce chiffre.

Les raisons du regain d’attractivité

1. La reprise économique en Europe

D’après le partenaire d’EY Marc Lhermitte, la reprise économique dans l’ensemble de l’Europe est le principal facteur de cette embellie en 2017. Sur l’ensemble du vieux continent, les projets d’investissement étrangers ont augmenté de 10% l’an dernier.

2. L’influence des réformes

Marc Lhermitte affirme que la France avait pris conscience du besoin d’adapter sa compétitivité aux nouvelles formes d’investissement, dans la technologie ou dans les services. Il cite également un “un effet de rattrapage” quant à la mise en place des diverses réformes sur le travail et les entreprises.

Désormais, le pays accorde davantage d’importance à ce que pensent les investisseurs. Selon l’étude, les “handicaps historiques de la France” seraient en train de s’atténuer:ordonnances sur le Code du travail, remplacement de l’ISF par l’IFI, baisse de l’impôt sur les sociétés…La compétitivité fiscale s’améliore et le droit du travail est plus flexible.

3. La bonne santé de l’industrie

L’industrie est le premier moteur du retour de la France sur le devant de la scène. Les villes moyennes françaises ont des compétences et des travailleurs bien formés, ce qui pousse les investisseurs à se concentrer sur des petits bassins d’emploi.

En 2017, les projets étrangers dans l’industrie ont doublé. Le seul problème, c’est que chaque investissement étranger dans l’industrie française créé seulement 32 emplois, contre 50 pour le Royaume-Uni et 139 pour la Pologne. Ce phénomène serait du à la forte robotisation de l’industrie française.

4. L’effet Emmanuel Macron

L’effet Macron est incontestable. La France s’est retrouvée du jour au lendemain avec un Président jeune, moderne et ultra-libéral, en plus d’être pro-Europe. Son discours d’ouverture après son élection a été un déclencheur, et il a mis les bouchées doubles pour séduire les entreprises, dès son arrivée à l’Élysée.

En janvier dernier, il invitait 140 patrons de multinationales à Versailles pour un « Sommet de l’attractivité » et dégainait son désormais célèbre “France is back”. Oui, Emmanuel Macron a remis la France sur les rails, mais François Hollande n’est pas étranger à l’amélioration du pays à l’étranger. Durant la fin de son quinquennat, un léger rebond avait déjà été observé.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo