Longtemps crainte par ses prédécesseurs, Emmanuel Macron compte mettre en œuvre la réforme des retraites. Ces dernières coûtent pour le moment 300 milliards d’euros – soit presque 15% du PIB, selon le Figaro.  

Un an après son élection, le Président de la République française a demandé aux retraités de faire un “effort”, lors d’un entretien télévisé pour BFM-RMC.

Il promet une réforme qui rendra les régimes “plus simples, plus clairs et plus transparents”. La nouvelle réglementation sera mise en application d’ici à 2019.

Une retraite “par points”

La promesse électorale d’Emmanuel Macron était de “revaloriser (la retraite) chaque année selon la croissance des salaires. Ainsi, chaque euro cotisé accroîtra de la même manière la pension future, quel que soit le statut du travailleur et l’origine de cette cotisation”, comme l’indique le site d’En Marche.

Nommé en charge de cette réforme, Jean-Paul Delevoye a présenté il y a quelques semaines le diagnostic du gouvernement aux syndicats. Sa proposition : une retraite “par points”, dont les détails devraient être dévoilés d’ici à la fin de l’année.

Uniformiser les systèmes

Difficile de mettre tout le monde d’accord… La France compte pas moins de 37 systèmes différents de retraites ! Les régimes spéciaux, dont ceux des fonctionnaires, risquent de changer, comme le précise le Nouvel Observateur.

La réforme sera débattue au premier semestre 2019 au Parlement. Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye a dévoilé son calendrier de négociations, tout en précisant au Nouvel Observateur : “J’ai ma méthode. Nous allons confronter les points de vue par discussion”.

Un calendrier de négociations

Au programme, les mois d’avril et mai 2018 seront consacrés à la définition du nouveau régime : niveau de couverture, d’assiette et taux de cotisation.

Mai et juin seront l’occasion de parler de la compensation liés à la maladie, la maternité, le chômage, ainsi que les planchers de bases de pension. Cet été, cela sera au tour de l’égalité hommes-femmes et droits liés au nombre d’enfants.

Le dernier trimestre de l’année sera consacré aux conditions d’ouverture des droits à la retraite et des départs anticipés, ainsi que “la gouvernance du système et modalités de transition entre l’ancien et le nouveau système.”

Des syndicats sceptiques

Alors que la CFDT se montre plutôt favorable, pour la CGT, la retraite par points est “la marche vers la capitalisation”.

Le syndicat regrette “que la retraite n’est plus calculée sur les 25 meilleures années. Elle prendra en compte les moins bonnes années – petits boulots et temps partiels inclus”.

La ministre de la santé et des solidarités, Agnès Buzyn, a organisé un débat au Sénat le 19 avril dernier pour expliquer comment elle envisage la réforme. “Démarrer la concertation en expliquant quand elle se termine et comment elle va se terminer, ça donne envie d’y aller ! “, a ironisé le délégué Force Ouvrière au Nouvel Observateur.

Aux Pays-Bas, le gouvernement mène les mêmes réformes. Les jeunes retraités et seniors sont très mécontents. En cause : un âge de départ repoussé, indexé sur l’espérance de vie.

En France, le même scénario est envisageable. L’âge de départ qui pourrait être repoussé à 67 ans pour certains France, n’enchante guère les syndicats.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo