Le bitcoin n’a pas fini de faire parler de lui en Europe. Alors que de nombreux pays souhaite l’interdire ou le réguler, la Suisse fait le contraire: elle est sur le point de devenir un leader mondial de la technologie des “chaînes de blocs”.

Les entreprises et le secteur public helvètes envisagent d’utiliser cette technologie pour leurs propres activités: la blockchain permet un registre numérique accessible à tous, infalsifiable, sécurisé et décentralisé. C’est particulièrement vrai pour les entreprises suisses du secteur des transports et de la distribution.

La Suisse, deuxième révolution du web

On peut se demander à juste titre si la blockchain est une innovation durable ou un effet de mode passager ? Il semble que la technologie révolutionne toutes les transactions comme l’avait fait l’apparition d’internet. Ainsi dans le futur, l’ensemble des intermédiaires seront supprimés et il sera possible de régler des achats en crypto-monnaies.

En conséquence directe de l’émergence de la blockchain, de grands acteurs risquent de disparaître. On pense à Uber et Airbnb, des systèmes très centralisés qui tentent de s’adapter et d’optimiser les flux de transactions.

Malheureusement, ces sociétés ne savent pas encore comment monétiser ce service. Les secteurs à haute valeur ajoutée tels que l’immobilier, la finance voient déjà s’immiscer la blockchain dans leur fonctionnement.

Pour faire simple, la technologie blockchain ou en français “chaîne de blocs” peut être définie comme un système de stockage de la vérité. Il s’agit en effet d’un registre infalsifiable, décentralisé et sécurisé. Ce système ne comporte aucun intermédiaire, les utilisateurs étant capables de valider les transactions des autres.

La Suisse fait partie des leaders mondiaux

Sur les 3,5 milliards de dollars levés avec les ICOs l’an dernier, une grand partie a pris le chemin de la Suisse. L’Ethereum avait ouvert la voie en 2014 en confiant la gestion de ses levées de fonds au pays. Pourquoi ce dynamisme?

Parce que la Suisse offre un environnement très favorables aux start-up spécialisées dans les crypto-monnaies et la blockchain.

En Suisse et en particulier à Genève, les secteurs publics et privés ont pris nombre d’initiatives pour mettre en place des stratégies blockchain. C’est sans surprise que le pays se situe dans le top 3 mondial de la blockchain. Des acteurs majeurs y affluent afin de se financer grâce à des ICO, ces levées de fonds de l’ère du numérique.

Grâce à la technologie blockchain il est à présent possible de créer une société suisse en moins de 48 heures au lieu de 6 semaines. Le nouveau registre du commerce créé par la ville de Genève et l’organisation E-Government testent ce dispositif plus rapide et nécessitant moins de paperasse.

Bitmain et Gublin s’installent en Suisse

Il existe deux manières de gagner de l’argent avec le bitcoin. Vous pouvez tout d’abord acheter des bitcoins et les revendre lors de la hausse des cours, ou faire fructifier vos bitcoins grâce au mining. Pour la plupart des grandes entreprises c’est la deuxième option qui est aujourd’hui pratiquée.

Cela explique l’essor des sociétés de mining telles que le chinois Bitmain qui se développe à l’échelle mondiale. C’est en Suisse, dans la ville de Zoug, que le plus gros producteurs d’ordinateurs pour bitcoin au monde a décidé d’ouvrir sa filiale européenne.

Alors qu’elle a vu le cours de son action doubler en janvier, Kodak espère relancer son activité en autorisant les photographes à être rémunérés avec sa propre monnaie, le KodakCoin.

D’un autre côté la société de pierres précieuses Gublin cherche à améliorer sa blockchain afin de rendre les transactions plus transparentes et sécurisées, tandis que UBS s’est alliée à à Deutsche Bank, BNY Mellon et Credit Suisse afin de lancer un “utility settlement coin” visant à faciliter les transactions des quatre banques.

L’opacité du bitcoin pourrait mener à des abus

D’après le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, le bitcoin pourrait nuire à la réputation de la place financière suisse en raison de son caractère secret et opaque. Il ajoute que la crypto-monnaie ne constitue pas un modèle économique durable, contrairement aux dollar et au franc.

Alors que de nombreux pays souhaitent vouloir réguler ou même interdire le bitcoin afin de lutter contre le blanchiment d’argent, la fraude fiscale et le financement du terrorisme, la Suisse semble vouloir faire le contraire.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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