La Ville de Paris continue sa croisade contre Airbnb et les plateformes numériques de locations à courte durée. Elle leur reproche de ne pas enlever les annonces sans le fameux numéro d’enregistrement, obligatoire depuis le 1er octobre dernier, et de perpétuer des techniques frauduleuses.

Le 12 juin prochain, la justice tranchera sur ce contentieux au tribunal de grande instance de Paris. 

A Paris, 15% des logements inoccupés

Avec 15% de logements inoccupés, Paris compte plusieurs quartiers avec près de 20% du parc locatif uniquement dédié à la location de courte durée, de type Airbnb. Comme le rappelle Le Figaro, près de 80% des 54 000 annonces actives en ligne – soit 45 000 annonces sur ces sites – n’auraient toujours pas de numéros d’immatriculation. 

Malgré des amendes aux prix dissuasifs – 1 000 euros par jour de retard si l’annonce n’est pas retirée, 5 000 euros si une nouvelle annonce est publiée sans numéro,  Airbnb, Wimdu et Paris Attitude n’auraient pas été assez efficace, selon la Mairie. Rien qu’au premier trimestre, 490.000 euros ont été infligés aux propriétaires frauduleux. Par ailleurs, il y aurait presque 50 audiences prévues d’ici à juin 2018 au tribunal de Paris.

Une baisse du nombre d’annonces

Première conséquence d’une restriction renforcée, les plateformes comptent de moins en moins d’annonces. Selon Ian Brossat, adjoint (PCF) à la mairie de Paris chargé du logement,  celles d’AirbnB auraient diminué de 11%, en seulement deux mois, entre septembre et décembre dernier. “Notre objectif, c’est de faire en sorte que les règles soient respectées pour protéger le logement”, a t-il déclaré dans un entretien au Parisien.

Pour Ian Brossat, qui l’affirme dans cette même interview pour Le Parisien, Airbnb “ne respecte pas la loi”.  Contacté par le journal, Airbnb nie ce chiffre et déclare même que les dernières mesures n’ont eu “aucun impact” sur son activité.

Pour Booking.com, le nombre de locations a également baissé. Une diminution de 20% en seulement un mois, entre novembre et décembre 2017. Pour éviter des pertes plus conséquentes, Booking.com a affirmé vouloir collaborer avec la mairie de Paris.

Le site a déclaré à LCI “comprendre les mesures engagées” et a affirmé avoir contacté chacun de ses utilisateurs pour les mettre en garde contre une utilisation frauduleuse. De manière préventive, le site a alors supprimé une annonce sur cinq. 

Paris, premier marché mondial pour Airbnb

Si le géant américain aime tant la ville des Lumières, c’est pour une bonne raison : Paris est la première destination mondiale d’Airbnb. Si la plateforme est née à San Francisco en Californie, c’est bien à Paris qu’elle a su se développer, grâce un nombre record de touristes dans la capitale française, en hausse constante, et ce, malgré les attentats de 2015.

Pour Airbnb, qui a déjà essayé de nombreuses alternatives, dont une carte prépayée pour réserver plus rapidement, depuis retirée d’utilisation, la France représente le deuxième marché mondial d’Airbnb, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 130 millions d’euros en 2016. 

Ce n’est pas la première fois qu’Airbnb se confrontera à la justice française. En 2017, la presse – dont le Point – avait révélé que la plateforme américaine n’avait payé que 92 944 euros d’impôts en France, suscitant une vive réaction des Parlementaires quant à la régulation des entreprises numériques,  et plus largement des GAFAs, dont les sièges sociaux sont souvent basés en Europe en Irlande, où l’impôt sur les sociétés n’est que de 12,5% contre 30% en France. 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo