Prise dans une tourmente diplomatique, la zone euro ne sait plus comment rassurer les investisseurs étrangers. Les marchés montrent des signes de faiblesse, alors que l’indice Markit est tombé au plus bas depuis cinq ans en décembre, accusant un recul de sept points en moins d’un an.

De plus, les spécialistes ont confirmé que l’économie globale des 19 pays de l’Union Européenne étaient au plus bas depuis deux ans. L’UE a été sévèrement touchée par l’Italie, dont la recession au quatrième trimestre a affaibli l’ensemble des marchés.

Selon le média américain Bloomberg, qui vient de publier une étude consacrée à la zone euro, l’année 2019 risque d’être particulièrement difficile. 

Mario Draghi : “2019 marquera une récession”

Le 13 décembre dernier sur la chaîne Bloomberg, le Président de la Banque Centrale Européenne a partagé son vif sentiment d’inquiétude quant à 2019.

Selon lui, le tiercé d’une “géopolitique instable, des règles de protectionnisme aigües et des inquiétudes quant à la géopolitique” formeraient les ingrédients d’un cocktail explosif, qui handicaperait lourdement la croissance européenne.

Toujours très prudent, le Président de la BCE a par ailleurs ajouté que de plus de €2,6 trillions ont été créés depuis quatre ans aux comptes de l’institution.

Source: Bloomberg

De leur côté, les analystes espèrent qu’un regain de dynamisme pourrait apparaitre en réinvestissant dans des obligations à long terme.

La BCE semble de cet avis, puisque l’organisation a annoncé réinvestir pour une période étendue. “Cela pourrait être un bon moyen de permettre une présence équilibrée et régulière sur les marchés”, a ajouté Mario Draghi.

Royaume-Uni et Italie : les lanternes rouges

Peu médiatisée dans la presse française, la dette de l’Italie a fait des émules. Son gouvernement est bloqué depuis le mois de juin dernier, car la commission européenne n’a toujours pas validé son budget.

Depuis, les produits manufacturés ont chuté ces deux derniers mois et le taux de chômage a atteint l’un des taux les plus élevés de toute l’UE.

Au Royaume-Uni, les analystes ironisent sur “une croissance” vantée par Theresa May, qui se révèle être en réalité une stagnation à 0,1% pour l’année 2018. La santé financière du royaume britannique reste très incertaine jusqu’au 29 mars 2019, date de l’entrée en vigueur du Brexit.

Le camouflet qu’a subi la Première Ministre Theresa May plus tôt cette semaine ne fait qu’inquiéter encore plus les marchés sur les aboutissants du Brexit, alors que la prochaine session pour les députés est prévue le 15 janvier.

A lire aussi : “La croissance de la zone euro ralentit au troisième trimestre”

Les élections : un tournant décisif

Alors que les analystes suivent de près la situation du Royaume Uni, les experts du monde politique essaient de prévoir les résultats des élections européennes, qui auront lieu le 26 mai prochain. Tous y voient un tournant décisif, où l’extrême-droite pourrait bien franchir une nouvelle étape.

Bien que les partis travaillistes et indépendantistes se disent confiants, les politologues prédisent une large victoire des partis néoconservateurs à travers le continent.

En Italie, le leader d’extrême-droite et Ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, a proposé un “pacte aux souverainistes polonais”, rapporte Ouest-France. L’objectif : créer une alliance pour assurer la victoire des candidats d’extrême-droite.

Alors que ces élections marqueront le 40ème anniversaire de l’Union Européenne, elles pourraient bien initier la fin d’une ère, comme l’explique un article de France Soir, qui évoque même un “avenir menacé”.

Pour beaucoup, les législations européennes devront être assouplies, au risque d’un déclin économique. Dernier exemple en date, le rapprochement entre le constructeur français Alstom et l’allemand Siemens rejeté par Bruxelles, a tiré la sonnette d’alarme pour de nombreux politologues.

Un rapprochement entre les pays européens est plus que jamais nécessaire si l’Union Européenne veut s’assurer de pouvoir rester compétitive face à la Chine.

Face à de telles incertitudes, les marchés européens fermaient à quasi 0% en France, en Allemagne et au Royaume-Uni ce mercredi.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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