Selon les chiffres du journal les Échos confirmés par Reuters, le gouvernement estime que la pression fiscale s’allègera de 6 milliards l’an prochain, et ce malgré la hausse des taxes sur l’énergie. Comme l’a précisé Emmanuel Macron, il s’agit d’une “baisse d’impôts massive” qui n’a pas été observée depuis 10 ans.

Pour obtenir ce chiffre, sont pris en compte la baisse de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, la suppression des cotisations salariales pour les actifs, la baisse de la CSG pour les retraités modestes et enfin l’exonération de cotisations sur les heures supplémentaires.

Le chef d’État essaie-t-il de faire remonter sa cote de popularité ? Ces baisses d’impôts seront-elles suffisantes pour garder le déficit public au dessous des 3% du PIB fixés par Bruxelles ?

€6 milliards d’allègements fiscaux

Les baisses pour les ménages

– baisse de la taxe d’habitation pour 80% des Français (3,8 milliards)
– suppression des cotisations salariales pour les actifs (4 milliards)
– baisse de la CSG pour 300 000 retraités modestes (300 millions)
– exonération de cotisations sur les heures supplémentaires (600 millions)
– réforme de la flat tax (300 millions)

Les hausses pour les ménages

– hausse de la fiscalité énergétique (1,9 milliard)
– hausse sur les paquets de cigarettes (400 millions)
– restrictions du périmètre du CITE (800 millions)

L’addition est contestée

  • 6 milliards de baisse nette selon le gouvernement.
  • 3,5 milliards de baisse nette selon l’OFCE. Le calcul de l’institut, jugé plus complet, inclut d’autres mesures telles que les pensions, les APL et les allocations familiales. Ainsi, les gains seraient de 3,5 milliards, soit bien en dessous des chiffes annoncés par le gouvernement.

Ce qu’on peut retenir, c’est que l’ensemble de ces chiffres a été remis en cause par les membres de l’opposition, qui dénoncent une “vaste opération de communication” et un “tour de passe-passe” ayant pour but de redorer l’image du gouvernement.

Plus forte baisse de la fiscalité depuis 2007

En vue de la présentation du budget 2019 lundi, le gouvernement a laissé filtrer des indices laissant présager une baisse massive d’impôts pour 2019, malgré les hausses des taxes sur le tabac et les carburants, on attend une réduction de l’ordre de 6 milliards.

Selon Matignon, il s’agirait de la plus forte baisse fiscale depuis la loi Tepa mise en place en 2007. Il s’agissait alors de défiscaliser les heures supplémentaires.

Contrer le ralentissement de la croissance

Le budget 2019 présenté le lundi 24 septembre 2018 sera ensuite examiné par le Parlement durant l’automne. Face au ralentissement de la croissance française et sans aucune marge de manoeuvre, Bercy a dû faire preuve d’imagination.

La croissance française a plafonné à 0,2% au premier comme au deuxième trimestre 2018, ce qui a obligé Bercy à revoir ses prévisions, ainsi que sa trajectoire budgétaire. Selon les prévisions, la hausse du PIB devrait atteindre 1,7% en 2019, bien en dessous des 1,9% initialement attendus. À en croire la Banque de France, le ralentissement serait beaucoup plus marqué, à 1,6%.

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Réduction drastique des dépenses publiques

Comment ce tour d’équilibriste est-il possible ? En réduisant les dépenses de manière drastique :

  • Le budget 2019 comprend un quasi gel des pensions de retraite, des allocations familiales et des aides personnalisées au logement. Ces prestations ne seront revalorisées que de 0,3% alors que l’inflation est attendue à 1,3%.
  • Du côté de l’emploi, une baisse de crédits de 2,1 milliards est attendue. Cela implique la réduction du nombre de contrats aidés.
  • 4 500 postes seront supprimés dans la fonction publique l’an prochain, et 50 000 d’ici à 2022. L’Éducation Nationale et les comptes publics sont les plus touchés avec 1 800 et 2 000 postes.

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Respecter les prévisions de Bruxelles

Le déficit public devrait selon Bercy s’établir à 2,8% du PIB. C’est 0,4 points de plus que la prévision envoyée à Bruxelles il y a quelques mois, et toujours en dessous de la barre des 3%. Mais à ce stade, le moindre ralentissement de la croissance pourrait mettre le gouvernement dans l’embarras.

Il faut dire que le budget 2019 fut un véritable casse-tête, 2018 ayant été une année noire pour le gouvernement : remboursement du CICE, baisse des cotisations, sans oublier l’absorption de la dette de la SNCF Réseau qui a été intégrée à la dette publique par l’Insee.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo