Les chiffres des douanes publiés le 5 octobre dernier montrent que le déficit commercial français s’est nettement creusé au mois d’août. Après s’être réduit à 3,4 milliards en juillet, il s’établit désormais à 5,6 milliards. Ces performances médiocres sont attribuables à un rebond des importations, qui avaient subi un repli en juillet.

Les exportations se maintiennent à un niveau élevé, et ce malgré les mauvaises performances de l’industrie aéronautique. Le déficit cumulé sur les 12 derniers mois est estimé à 61,9 milliards, contre 63,8 milliards en 2017.

  • Le déficit commercial français se creuse à €5,63 milliards en août
  • Les importations ont bondi en août après un net repli en juillet
  • Les exportations sont toujours élevées, malgré un secteur aéronautique en chute libre

Dégradation du commerce extérieur français

D’après Alain Bentéjac, Président des conseillers du commerce extérieur (CCE), la dégradation du commerce extérieur français est “extrêmement décevante”. Interrogé par l’AFP dans le cadre du cinquième mondial de l’institution, il regrette que les efforts faits par les entreprises et les autorités pour renforcer la compétitivité des entreprises françaises aient été vains.

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L’industrie aéronautique en chute libre

Le communiqué de l’administration des douanes est très clair : après un mois de juillet exceptionnel, l’industrie aéronautique a connu en août un net ralentissement de ses exportations. Airbus est directement en cause, avec 17 appareils livrés pour un montant de 1,5 milliard contre 37 appareils livrés en juillet pour un montant de 2,842 milliards.

Le secteur de l’énergie affiche également un solde négatif : les importations de pétrole raffiné ont décollé en juillet après avoir reculé en août. Cela est lié à l’augmentation des prix qui accentue l’évolution du volume des approvisionnements.

D’après le Ministère des Affaires étrangères, la facture énergétique française représente 60% du déficit de la balance commerciale. Alors que les importations d’hydrocarbures naturels sont restées à un niveau élevé, le déficit commercial s’est creusé pour les métaux et les excédents se sont réduits pour les produits pharmaceutiques et agricoles.

Du côté de l’industrie automobile, après un retrait ces derniers mois, les exportations ont rebondi en août. Cela est dû à la progression des ventes de voitures à destination de la Belgique, de l’Espagne et du reste de l’UE dans une moindre mesure.

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Le solde commercial : bête noire de la France

Souvent considéré comme le point faible de l’économie française, le solde commercial est régulièrement négatif. Il était déjà dans le rouge au premier trimestre de l’année avec 33,5 milliards. Force est de constater qu’il ne se redresse toujours pas, ce qui traduit le manque de compétitivité de l’économie. Selon les dernières projections de l’Insee, la contribution du commerce extérieur au PIB français devrait s’améliorer à la fin de l’année grâce aux livraisons aéronautiques prévues au troisième trimestre.

Depuis maintenant 14 ans, le solde commercial français est déficitaire. Cela signifie que la France achète beaucoup plus à l’étranger que ce qu’elle y vend. En 2018, le déficit cumulé ne devrait être guerre meilleur que celui de 2017 qui atteignait 62,3 milliards.

Pendant ce temps, l’Allemagne dégageait un excédent commercial de 121 milliardss. Certes le secteur de l’énergie joue un grand rôle dans le déficit, mais les produits étrangers, tels que l’électroménager, l’électronique et les vêtements, continuent de gagner du terrain dans l’hexagone. Pour quelle raison ? Parce que l’appareil productif français, incapable de se moderniser, s’est progressivement affaibli.

Faiblesse de la machine exportatrice

L’an dernier, seules 124 000 entreprises françaises, essentiellement des grandes entreprises, franchissaient les frontières. En Allemagne, elles étaient 300 000. Dans le bal des échanges mondiaux, la France ne cesse de perdre des parts de marché : entre 2016 et 2017, la part de ses exportations de biens et services dans le total des exportations de la zone euro a reculé, pour passer de 13,2 % à 12,9 %. En 2000, cette part était de 17%.

Malheureusement, les perspectives ne sont pas encourageantes. La guerre commerciale qui s’intensifie et le ralentissement de la croissance en Europe vont sans aucun doute peser sur le demande adressée à la France.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo