Les produits bio rencontrent un succès phénoménal en France, avec un marché estimé à 8 milliards. Mais les producteurs français n’ont pas augmenté leur rendements pour répondre à cette demande, et ainsi la consommation augmente plus vite que l’offre.

Si la France est autosuffisante en oeufs et vin bio, le pays a importé plus de la moitié de ses fruits et produits d’épicerie biologiques, ainsi qu’un quart de ses légumes.

Troisième marché du bio au monde

Aujourd’hui, la France est le troisième marché mondial du bio avec un chiffre d’affaires de 8 milliards et une croissance à deux chiffres, juste derrière les États-Unis et l’Allemagne qui affichent 11 milliards et 9 milliards. Les acteurs français du bio se portent bien même si ce marché doit évoluer afin de répondre à la consommation croissante. En 2016, 69% des français auraient consommé un produit bio et la part des français qui en consomment ne cesse d’augmenter depuis 2012.

L’agrandissement des exploitations est inévitable

En France, seules 6,5 % des surfaces agricoles sont dédiées au bio, tandis que la moyenne européenne est de 8%. La marge de progression de la France est importante, ce qui devrait permettre de répondre à une demande croissante.

Si une grande partie des acteurs de l’agriculture biologique craint que l’industrialisation de la production de dénature le concept du bio, l’agrandissement des exploitations paraît inévitable.

Les exploitations d’agriculture biologique plus solides financièrement

D’après la Coface, les exploitations bio seraient financièrement bien plus solides que les exploitations traditionnelles. Selon l’assureur, elles seraient en effet moins vulnérables aux défaillances d’entreprise et une augmentation de seulement +10% de la part du bio dans la production totale ferait baisser les défaillances d’entreprises de -11%. Pour la Coface, les exploitations biologiques sont donc plus solides face au secteur agricole traditionnel qui affiche un taux de défaillance en augmentation de 4,9% par an.

Rendements inférieurs au secteur conventionnel

Bien évidemment, le bio n’a pas que des qualités. Non seulement ses rendements sont environ 20% inférieurs à ceux de l’agriculture traditionnelle, mais sa production nécessite davantage de main d’oeuvre.

Comment changer l’industrie du bio française ?

D’après Coface, la seule manière de changer l’échelle du bio française est d’avoir recours à l’innovation afin de se diriger vers une agriculture de précision. On parle ici de l’utilisation de capteurs et de la simplification de la logistique, mais aussi de l’augmentation de la taille des exploitations. Alors qu’une partie des agriculteurs français souhaite conserve l’industrie du bio à taille humaine, ces changements seront mis au défi.

Les importations de produits bio sont massives

Malgré la hausse de la consommation de bio depuis 2016, le poids de cette industrie reste toujours modeste et ne représente que 3,5% du marché agroalimentaire français. Ce contraste s’explique par un recours intensif aux produits importés, qui représentent 29% de la consommation. A en croire l’Agence Bio, pour cultiver 35 hectares de manière conventionnelle il faut employer une personne à temps complet, tandis que 2 personnes sont nécessaires pour le bio.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo