Que faire des dérivés à échéance longue ? L’allemande Deutsche Bank aurait peut-être trouvé la solution. D’après une enquête publiée dans Les Echos, celle-ci pourrait bien concentrer tous ses dérivés à long terme pour un montant total avoisinant les €50 milliards.

Selon le quotidien, la banque aurait pour objectif de créer une “banque transactionnelle” capable de réaliser des gestions d’actifs.

Après un mariage manqué avec Commerzbank, le projet d’une banque d’investissement pourrait sauver les activités de courtage, alors que Deutsche Bank vient de s’associer à UBS pour pénétrer le marché du Bitcoin.

Quelques semaines auparavant, elle annonçait la fermeture partielle de ses bureaux aux États-Unis. La “bad bank” serait-elle une manière de masquer des activités en déclin ? Analyse.  

Une restructuration en profondeur

Dix ans après la crise financière de 2008, Deutsche Bank a annoncé une stratégie de restructuration “en profondeur de ses activités de trading”, rapporte le Financial Times. A la clé, la création d’une “bad bank” –  structure de défaisance –, afin de regrouper près de €50 milliards d’actifs à long terme.

Si le plan est confirmé, la nouvelle “bad bank” représentera 14% du bilan annuel de Deutsche Bank.

Quelques jours auparavant, Christian Sewing, son Directeur Général éloignait le principal prêteur d’Allemagne de sa banque d’investissement.

L’annonce a été bien reçue : en fin de séance, l’action de la banque allemande avait grimpé de 3%, soit à €6,22.

Mais selon The Economist, l’annonce de restructuration de Deutsche Bank serait la preuve d’un malaise dans le monde de la finance en Europe. “Le plus grand prêteur d’Allemagne saura t-il survivre seul ? Le résultat de sa restructuration en donnera la réponse”, titrait le quotidien plus tôt cette semaine.

Diminution de l’activité aux Etats-Unis

Si cette décision a reçu un bon accueil en bourse, elle est surtout le résultat de mesures radicales. Conséquence de cette nouvelle stratégie, les activités aux Etats-Unis seront réduites.

Un banquier, qui a souhaité rester anonyme, a expliqué au Financial Times qu’elle disposera alors “du capital et de la liquidité nécessaires pour faire ce qui doit être fait.”

JP Morgan a estimé que les opérations outre-Atlantique de Deutsche Bank aux Etats-Unis en 2018 ont perdu $0,25 par dollar d’activité – soit près de €600 millions par an en dehors d’Europe.

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Des pertes historiques

Si la banque n’explique pas en détail les raisons de sa décision, les pertes historiques des deux derniers trimestres, ainsi que le cours de son action au plus bas depuis 149 ans, pourraient bien avoir tiré la sonnette d’alarme.

Après l’échec de la fusion avec la Commerzbank, de nombreuses amendes, un scandale de blanchiment d’argent aux Etats-Unis et la révélation d’une mauvaise activité globale, la Deutsche Bank a vu son taux de rendement s’effondrer à 1,3% au premier trimestre. De plus, la faible rentabilité de ses prêts s’affichait à moins de 4%, soit un taux en-dessous de celui de ses concurrents.

Enfin, l’annonce de la Banque Centrale Européenne de garder des taux d’intérêts négatifs aurait bien contraint Deutsche Bank à lancer une “bad bank”. Le projet de restructuration devrait être dévoilé dans sa totalité dans les prochains jours.

Selon le Financial Times d’hier, les responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) n’ont pas caché leurs inquiétudes concernant cette stratégie de la Deutsche Bank et réclament des explications.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo