Victoire pour les Gilets jaunes : le référendum d’initiative partagée vient d’être validé par les Sages du Conseil constitutionnel. Le premier vote historique du genre portera sur la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP).

Près de 4,7 millions de signatures sont attendues. Le vote a été soutenu par 248 parlementaires, il en fallait 185 minimum pour valider le projet.

Une première démocratique qui réjouit le mouvement populaire des Gilets jaunes et suscite la curiosité de toute la classe politique, bien décidée à voir si les changements demandés par le mouvement populaire sauront satisfaire les électeurs et les élus locaux. 

Mais quelques jours après l’annonce, le gouvernement a annoncé vouloir durcir les conditions du RIP, alors que des médias alternatifs dénoncent un trafic d’influence et un conflit d’intérêts entre Emmanuel Macron et les dirigeants d’ADP. 

Le RIP : une idée des Gilets jaunes

Si les parisiens ne connaissent pas le concept d’aéroports privés, bon nombre d’entre eux se souviennent du passage de certains tronçons d’autoroutes aux mains du secteur privé.

Une victoire pour le Parti socialiste et La France insoumise qui, après que les Gilets jaunes aient exprimé l’idée, l’avaient relayée à l’Assemblée Nationale.

Cependant, la droite a également voté pour le projet. Plus de 53 députés du parti Les Républicains ont soutenu l’initiative. “Nous allons pouvoir consulter les Français pour qu’Aéroports de Paris demeure sous contrôle public. Première victoire pour l’intérêt général que j’ai toujours défendu”, a déclaré Gilles Carrez, ancien Président de la Commission des Finances de l’Assemblée.

Selon les experts, l’alliance plutôt inattendue du Parti socialiste avec Les Républicains, le Parti communiste mais aussi L a France Insoumise ne serait en réalité pas vraiment un signe de soutien aux Gilets jaunes, mais plutôt une stratégie de front commun contre Emmanuel Macron.

Macron veut déjà changer le RIP

Cependant, il semblerait que l’exécutif veuille -déjà- changer les démarches pour valider le référendum. Quelques jours après cette annonce retentissante, une information du Monde confirmait qu’Emmanuel Macron voulait rallonger de deux à trois ans la mise en effet du RIP.

Autrement dit, si le résultat du RIP au sujet de la privatisation d’ADP se trouvait être “non”, la décision pourrait bien n’être appliquée qu’en 2022.

De plus, Emmanuel Macron aurait déclaré à ses proches qu’il voudrait abaisser le nombre de signatures à un million contre 4,7 millions actuellement. Pour le Huffington Post, cela ne fait aucun doute : “l’exécutif souffle ainsi le chaud et le froid”.

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Une polémique houleuse

Pour certains experts, ce report de la mise en effet du RIP sur ADP en cas de victoire du “non” n’est pas un hasard. La mise en vente des actions de l’Etat fait polémique pour l’ensemble de la classe politique.

Actuellement, l’Etat est le principal actionnaire du groupe Aéroports de Paris (50,9% ). S’il privatise ADP, la vente de ses actions lui rapporterait jusqu’à €11 milliards, une aubaine alors que les caisses sont vides.

Pour rappel, le groupe ADP en 2018 comptait l’Etat comme deuxième actionnaire à hauteur de €9,7 milliards, derrière EDF avec €30 milliards.

Pour de nombreux politiques, ADP est la “poule aux oeufs d’or” que l’Etat ne devrait pas revendre afin de maintenir une stratégie financière cohérente. L’expression a d’ailleurs été utilisée par de nombreux responsables au cours de ces dernières semaines dans les médias.

En 2017, ADP affichait un chiffre d’affaires consolidé de €3,6 milliards et un résultat net en progression. D’excellents résultats, alors que le nombre d’aéroports ne cesse d’augmenter dans le monde et que le tourisme devient de plus en plus compétitif en Europe.

De plus, l’Etat avait perçu près de €173,4 millions en dividendes en 2017 selon l’Agence des participations de l’Etat.

Des chiffres qui encouragent d’autant plus l’opposition à affirmer que la privatisation d’ADP ne serait pas une idée judicieuse à long terme pour les caisses de l’Etat.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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