WeWork, la chaîne internationale de co-working vient d’annoncer son entrée imminente en Bourse. C’est son cofondateur, Adam Neumann, qui l’a confirmée à la presse américaine cette semaine. Le dossier de candidature aurait été soumis il y a déjà plus de six mois. 

La licorne israélo-américaine fait partie de la nouvelle économie de partage, au même titre que Lyft, Uber ou encore AirBnB et se démarque des autres, car celles-ci ont pris la décision de ne pas être cotées en Bourse.

Implanté dans 35 pays et avec plus de 400 000 membres, le groupe WeWork affiche de très grosses pertes qui pourraient bien expliquer une entrée en bourse relativement discrète.

Une annonce en catimini

Lundi 29 avril, WeWork a publié un communiqué de presse confirmant que l’entreprise avait déposé son dossier pour entrer en Bourse à la Security and Exchange Commission en novembre dernier.

Une annonce en catimini donc, alors qu’on apprenait en janvier que le japonais SoftBank Group avait injecté plus de $2 milliards, augmentant la valorisation de WeWork à près de $47 milliards – soit €42 milliards.

Pourquoi alors avoir annoncé l’entrée en Bourse avec tant de retard – presque six mois – et dans un communiqué de presse ?

Selon plusieurs analystes, WeWork essuierait actuellement de grosses pertes financières. Cela aurait poussé les décisionnaires de l’entreprise à une cotation rapide.

Comme le souligne le quotidien belge l’Echo : “Certes, WeWork a doublé son chiffre d’affaires en 2018 pour le porter à $1,8 milliards, mais elle a affiché dans le même temps une perte de $1,9 milliards”. 

Un rebranding en janvier

Il y a une autre explication à ces pertes colossales : la facilité à dupliquer le modèle de WeWork. Contrairement aux autres start-ups qui ont inventé un concept unique et difficile à copier, lancer un espace de travail partagé est relativement facile, où que l’on se trouve.

La tendance du “coworking” pour les freelances et les auto-entrepreneurs s’est tellement développée qu’elle a porté préjudice à “The We Company” – le nouveau nom de Wework, dévoilé en janvier.

De nombreux entrepreneurs ont eux-mêmes lancé des espaces de travail partagés, moins chers et tout aussi bien placés.

Dans l’espoir de redonner un second souffle à l’entreprise, une nouvelle campagne marketing a été lancée en début d’année. Comme l’explique Forbes, WeWork a commencé en 2010, alors que la crise de l’immobilier à New York battait son plein. Mais depuis, la situation a changé.

Sept and plus tard, l’entreprise était valorisée à $45 milliards. En 2017, elle rachète le site Meetup afin d’élargir sa clientèle.

Interrogé sur le nouveau nom de la chaîne d’espaces de co-working, le PDG Adam Neumann a expliqué au magazine : “Notre valorisation dépend plus de notre énergie et de notre spiritualité que de nos profits”.

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De nouvelles acquisitions

Alors qu’Adam Neumann a partagé dans la presse américaine sa stratégie de ralentissement de croissance pour une meilleure stabilité, l’entreprise continue d’acquérir des start-ups à un rythme effréné.

Derniers achats en date il y a quelques semaines, WeWork a acheté “Managed by Q”, une plateforme d’offre de services par abonnement et à la demande. Le prix du rachat est resté confidentiel. En février dernier,  l’entreprise rachetait Euclid, une start-up de logiciels basée à San Francisco, spécialiste d’analyse des espaces de travail.

Enfin, en septembre dernier, WeWork a fait l’acquisition du spécialiste des outils de gestion d’espaces de travail Teem pour près de $100 millions.

Par ailleurs, il y a un an, WeWork s’attaquait au marché asiatique en rachetant son concurrent et homologue chinois “Naked Hub” pour près de $400 milliards – une transaction qui aurait très probablement fait plonger l’entreprise dans le rouge.

Pour rééquilibrer ses comptes, WeWork Paris a lancé il y a quelque semaines un programme d’incubateur de start-ups spécialisées dans la gastronomie.

Pour y participer, l’entrepreneur doit simplement ajouter une cotisation mensuelle de €450 à son loyer mensuel. Une aubaine pour l’entreprise, qui a déjà ouvert un “lab” à New York et compte en ouvrir un à Londres d’ici à la fin de l’année.

Bref, WeWork a opéré un virage à 180° et n’est plus qu’une seule entreprise de coworking mais un vrai groupe high-tech qui poursuit son ascension.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo