Les entreprises françaises ont le vague à l’âme. En quelques années, de nombreux d’usines ont mis à mal l’économie nationale, résultat, des licenciements très médiatisés, repris par l’ensemble de la classe politique.

Caterpillar, Whirlpool et désormais Ford questionnent la politique socio-économique du Président, alors que de nombreux syndicats plaident pour un interventionnisme de rigueur. 

Alors que plusieurs milliers d’ouvriers se retrouvent sans emploi, la courbe du chômage et la numérisation des emplois provoquent une incertitude face à une génération d’ouvriers en fin de carrière, qui risquent de ne pas retrouver un emploi avant l’âge de la retraite.

Retour sur les affaires qui ont marqué le début du quinquennat, dans une ambiance houleuse et où les Gilets Jaunes comptent bien faire entendre leurs voix, aussi bien dans la rue qu’aux élections européennes. 

Une communication maladroite

Tout quinquennat compte ces petites phrases reprises par la presse, que chaque Président aurait bien voulu éviter. Du “bruit et l’odeur” du Président Jacques Chirac, en passant par le “coup de kärcher” de Nicolas Sarkozy ou encore les “sans-dents” de François Hollande, la communication est un art bien délicat à manipuler lorsqu’on est Président.

Des petites phrases maladroites, reprises et amplifiées par la presse, qui à long terme, jouent un rôle déterminant dans la popularité du chef de l’état, mais affecte aussi son parti.

Pour le Président, son discours à l’étranger où il a décrit les français comme “fainéants, cyniques, extrêmes” a provoqué la colère des classes ouvrières et moyennes, en proie à une paupérisation sans précédent.

Pour Emmanuel Macron, le contexte est inédit. D’abord, parce qu’il a crée son propre parti, ne comptant sur aucune autre popularité que la sienne.

Un exercice d’autant plus difficile, dans une Europe en pleine débâcle face à un Brexit imminent et à une crise du chômage qui ne s’atténue pas depuis la dépression financière de 2008.

Aussi, Emmanuel Macron est le premier Président depuis des décennies dont les chefs de communication et de cabinets démissionnent aussi rapidement. Sylvain Lefort, Ismaël Emelien et David Amiel, soutiens de la première heure, ont décidé de claquer la porte à l’ancien Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.

La fermeture de Ford, “inacceptable”

L’industrie justement, est un sujet qu’il maîtrise bien et qu’il l’a utilisé tout le long de sa campagne. Déçus par ses promesses électorales, les classes ouvrières et moyennes se sont elles même nommées les “oubliés” du quinquennat.

Il y a quelques semaines, le Président a décidé de changer le cap. Alors qu’il avait déclaré il y quelques mois encore qu’il souhaitait continuer à développer davantage les lois commerciales, le Président s’en est pris à Ford, le constructeur d’automobiles américain qui menace de fermer son site français à Blanquefort, près de Bordeaux. Cette fermeture menace plusieurs centaines d’emplois.

Alors que la cette fermeture causerait un vide considérable dans la région, aussi bien pour l’emploi que pour l’économie locale, le Président a condamné le “cynisme” du géant américain, qui a refusé la reprise par Punch Powerglide.

La fermeture de l’usine concernerait 850 postes, on parle alors de milliers d’emplois menacés indirectement, des commerces locaux, en passant par les secteurs de l’immobilier et des loisirs.

L’incertitude plane chez Airbus

Alors que les classes ouvrières semblent être les premières victimes des délocalisations, les salariés diplômés ne semblent plus aussi épargnés qu’avant. Air France, fleuron de l’aérospatial français, en est un exemple. 

Avec l’entrée du Néérlandais KLM au capital à hauteur de 14% chez Air France il y a quelques mois, la compagnie hexagonale connaît des turbulences qui pourraient bien causer des licenciements massifs côté français.

La production des A380 a été mise à l’arrêt à Toulouse. Les 700 employés du site ne savent pas comment ils pourront être “redéployées”, comme l’a promis l’entreprise. Pour beaucoup, l’incertitude plane.

Comme l’expliquent les experts, les nouveaux Airbus, très coûteux et plus complexes à développer, auraient pâti d’un carnet de commandes trop mince. Son rival historique, l’américain Boeing connaît un nouveau regain dans les pays du Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est.

Annoncé fin 2016, la mise en application de ces licenciements n’a pas encore été appliquée, mais a d’ores-et-déjà orienté la grogne des salariés vers un vote plus radical, dans une région historiquement socialiste.

Car les déçus de la politique d’Emmanuel Macron ont tous un dénominateurs commun : une préférence pour le vote extrême.

En fond de toile : Le Pen contre Macron

L’image forte de la dernière campagne présidentielle était survenue lorsqu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tous les deux candidats en finale en 2016, ont visité en même temps l’usine à Whirlpool.

Depuis, l’usine a fermé en mai 2018, un symbole de l’impuissance et de la vacuité des promesses de campagne, selon l’opposition.

Pour les ouvriers, dont la plupart sont encore au chômage, la politique d’Emmanuel Macron n’a pas arrangé leurs conditions de vie.

Alors que le Front National, rebaptisé Rassemblement National, promet une baisse des impôts en cas de victoire aux élections européennes, il y a fort à parier que les “oubliés” du quinquennat, dont les Gilets Jaunes, s’orienteront vers un vote extrême pour exprimer leur mécontentement.

Un risque pour l’économie française, puisque le Rassemblement National n’a pas encore dévoilé de plans précis quant à la reprise de nombreux sites, dont Ford.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo