Vingt ans après la victoire des Bleus, la population française s’est retrouvée en liesse sur les Champs-Elysées ce dimanche 15 juillet 2018 : le pays entier a fêté la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du Monde.

Même si la compétition n’avait pas lieu à domicile, l’économie tricolore a connu un bel essor ces dernières semaines. Les secteurs de la restauration et de l’habillement sont en tête.

Qu’attendre de la Coupe du Monde 2018 ? Alors que la première étoile, décrochée en 1998, avait provoqué un pic de naissances et relancé l’économie, les experts se penchent sur l’effet “Deschamps”. 

Les Français sont de sortie

Depuis les attentats de 2015 à Paris et de 2016 à Nice,  les Français avaient tendance à moins sortir de chez eux. La Coupe du Monde a changé cette tendance, avec un record d’affluence dans les bars et les restaurants.

L’association des bars parisiens a d’ores-et-déjà confirmé un chiffre d’affaire record pour le mois de juillet. Et ce, malgré qu’une nouvelle redevance télévisuelle et un versement à la SACEM sont demandés pour diffuser le match.

Côté marques, Heineken, Kronebourg et les biscuits apéritifs Belin se retrouvent en tête.

Des ménages en fête

Comme le précise le Ministre de l’Economie Bruno le Maire sur France 2, la consommation des ménages devrait également s’envoler. Il déclarait quelques jours sur France 2 avant la finale, qu’une victoire redonnerait confiance aux Français. 

“Il y a une part d’irrationnel dans l’économie française qui tient à la confiance en soi, à l’envie, à l’enthousiasme…”, avait-il alors déclaré.

Certains économistes ont même prévu une croissance embellie, jamais vue depuis la crise des subprimes en 2008.

La croissance française à la hausse

Selon Ludovic Subran, économiste expert, gagner la Coupe du Monde pourrait rapporter environ +0,2 points de consommation – soit 10% de croissance supplémentaire.

A la fin de l’année, cela représenterait une hausse de +1,1% à +1,3%. Le Produit intérieur brut finirait l’année à +1,9%, une croissance française jamais vue depuis 2008. A titre comparatif, la Coupe d’Europe de 2016 organisée à domicile avait généré 1,2 milliard d’euros à la France.

Si les Français peuvent se féliciter de tels pronostics, un en particulier se réjouit d’une telle nouvelle : le Président de la République, Emmanuel Macron.

En pleine chute dans les sondages, à moins de 30% de popularité, le Président s’est montré très heureux et impliqué dans cette Coupe du Monde – il a même été salué les joueurs après le match dans les vestiaires.

Chirac et Macron : même destin ?

Jacques Chirac, grand amateur du Japon, était plus connu pour son goût des combats de sumo que les matchs de football. D’ailleurs, comme le rappelait France 2 ce matin, l’ancien Président de la République ne s’y connaissait pas vraiment en ballon rond lorsque la France a décroché sa première étoile.

Pourtant, on se rappelle que sa côté de popularité avait augmenté de sept points, soit à 67%. Emmanuel Macron, en revanche, aime le football.

Ses photos en pleine extase dans les gradins en Russie lors de la finale font d’ailleurs grincer les dents de ses opposants, l’accusant de récupération politique.

Car de politique, il en est également question : si le Président s’est rendu en Russie, c’était également pour rendre visite au Président Vladimir Poutine, qui rencontrera le Président Américain Donald Trump ce lundi.

Une rencontre placée sous haute tension en Finlande alors que Donald Trump a menacé de quitter le Conseil de l’Otan il y a quelques jours.

La diplomatie française en finale

Syrie, Otan, Iran… Les deux Présidents n’ont pas manqué de sujets de conversation. Et pour cause : entre la rencontre avec Donald Trump, le sommet du G7 il y a quelques semaines très chahuté et l’emprisonnement du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, les deux dirigeants n’ont pas eu assez de temps pour aborder tous les sujets.

Lors de la finale, le collectif anti-Poutine, les Pussy Riots, a même envahi le terrain un court instant, pour appeler Emmanuel Macron à faire pression sur Vladimir Poutine pour libérer le cinéaste ukrainien.

Mais l’échange diplomatique fut de courte durée. Le Président français est reparti rapidement pour préparer la cérémonie traditionnelle du retour des Bleus sur les Champs-Elysées, ainsi qu’un dîner ce lundi soir au Palais de l’Elysée.

Alors que la population française est en fête, les sociologues eux, pensent déjà à l’impact de l’histoire des joueurs de l’équipe, pour la plupart enfants d’immigrés et ayant grandi dans des banlieues défavorisées. Des lieux qui auraient dû bénéficier d’une aide gouvernementale, annulée à la dernière minute par le gouvernement Macron.

Le plan banlieue et MBappé

La fête sera de courte durée pour le Président s’il ne voit pas la réalité du terrain : ce sont les banlieues qui ont créée les héros d’aujourd’hui.

Ces mêmes banlieues, dans un très troublant “hasard” de calendrier, se sont vues supprimer leur Plan Banlieues cet été. Ceux-ci mêmes étaient censés financer des projets pour les jeunes et leur permettre une évolution sociale et professionnelle.

La Présidente de l’Ile-de-France, Valérie Pécresse, a présenté son Plan Banlieues indépendamment le mois dernier. Elle y propose un plafonnement de logements sociaux à 30%, des lycées ouverts soirs et weekend pour l’étude, ou encore le triplement de micro-crédits pour les entrepreneurs.

MBappé, avait lui, personnellement financé le voyage en Russie de dizaines d’adolescents de Bondy, sa ville natale. L’objectif : leur offrir un aperçu de la Coupe du Monde et leur permettre de voyager. Il y a fort à parier que son parcours en inspirera plus d’un…

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo