La Chine a marqué une nouvelle étape de son expansion économique à travers le monde, en devenant pour la première fois en 2016 un exportateur de capital. Cela signifie que la valeur des capitaux sortants du pays a dépassé la valeur des capitaux entrants. D’ici 2020, le gant asiatique investira 200 milliards de dollars aux États-Unis et en Europe, alors que de janvier à juillet 2016 la valeur des fusions et acquisitions de la Chine vers le monde a atteint 54,3 milliards de dollars, soit plus de la moitié des investissements directs étrangers de la planète. Sur cette période, la Chine a effectué des fusions et acquisitions dans pas moins de 63 pays et régions, dans tous les secteurs.

 

En quatorze ans, les investissements chinois à l’étranger ont été multipliés par cent

Les investissements chinois à l’étranger sont massifs, c’est le moins que l’on puisse dire. Ils représentent 870 milliards de dollars à la fin de l’année 2015. Cette stratégie d’investissement chinoise est relativement récente, et était inexistante jusqu’en l’an 2000. Mais en une quinzaine d’années, les groupes chinois ont commencé à investir dans les matières premières hors Chine, et les capitaux sortants du pays ont été multipliés par cent. Pour le moment, la moitié de ces investissements sont absorbés par les États-Unis, où la Chine a acheté en masse start-ups et groupes alimentaires.

 

La Chine est doucement en train de se tourner vers l’Europe

Le phénomène d’afflux des capitaux chinois est plus récent en Europe dans la mesure où les investissements ont été verrouillés dans quelques secteurs du marché américain, tels que les télécommunications et l’énergie. En 2014, les investissements chinois en Europe se chiffraient à 18 milliards de dollars, ce qui est relativement marginal. Les destinations privilégiées y sont le Royaume-Uni, l’Italie, le Portugal et la France. Aujourd’hui, les investissements de la Chine ne comptent que pour 2 % des investissements étrangers en Europe. Lorsqu’on demande aux Chinois pourquoi l’Europe les attire, la sécurité est le premier argument invoqué.

 

 « L’environnement légal européen est stable. Venir en Europe rassure, même si ça n’est pas forcément facile. Et puis, un élément très important dans le raisonnement chinois, c’est la monnaie unique. La Chine est très dépendante dans ses réserves en devises vis-à-vis du dollar. L’euro lui permet de diversifier ses devises », Jean-François Di Meglio, président de l’institut de recherche Asia Centre.

 

La force des investisseurs chinois, c’est leur pragmatisme

Les chinois réagissent aujourd’hui en tant que capitalistes, ils sont conscients de leurs faiblesses et sélectionnent donc les secteurs qui peuvent leur profiter. Prenons l’exemple de la France : ils y ont investi dans l’immobilier, le vin et l’agroalimentaire. En raison du manque de confiance en leurs propres industries qui sont éclaboussées par de nombreux scandales sanitaires, les chinois investissent à l’étranger afin d’obtenir les labels de qualité européens et américains sur leurs produits. Ils disposent ainsi d’industries dont les normes de sécurité sont importantes et donnent confiance aux consommateurs asiatiques. Acquérir massivement des parts de marché et technologies est une stratégie de long terme est classique qui n’a certes rien de révolutionnaire, mais qui a l’avantage d’être efficace, basée sur la solide base financière du pays, à savoir 3400 milliards de dollars de liquidités.

 

“On voit déjà la Chine tourner comme un vautour autour de pays qui sont notoirement en très grande difficulté: le Venezuela, le Nicaragua, Cuba, l’Argentine, la Grèce… Autant de pays qui sont au bout du rouleau et qui, s’étant lourdement endettés et n’ayant pas ou plus d’actifs à vendre, n’ont plus qu’à négocier le moins mal possible l’abandon de leur souveraineté à une grande puissance, la Chine, la Russie ou les Etats-Unis…Mais c’est la Chine qui a les poches les plus profondes et qui a le plus de chances de les inscrire dans son orbite géopolitique”, Antoine Brunet, directeur d’AB marchés

 

La Chine est déjà le premier partenaire commercial de l’Afrique

La Chine a commencé à investir en Afrique en 2004, avec l’Angola, dans le cadre d’un programme d’investissement sur les infrastructures routières en échange de l’accès aux vastes réserves de pétrole du pays. Cinq ans plus tard, la Chine est devenue le premier partenaire commercial non seulement de l’Angola, mais aussi de toute l’Afrique. L’an dernier, c’est 20 milliards de dollars qui ont été investis dans les infrastructures africaines. Mais la Chine ne se cantonne plus aux routes, et couvre tous les secteurs, de l’immobilier aux minerais, jusqu’aux services financiers. Des pays comme le Chad et le Niger ont reçu de la part de la Chine des fonds quinze fois supérieurs à ce qu’ils reçoivent de la part du FMI. Mais le but de la Chine en Afrique n’est pas humanitaire : il s’agit de puiser dans les ressources naturelles du continent pour approvisionner les industries manufacturières chinoises, ce qui se fait directement de la mine au lieu de livraison, en Asie. Les africains ont à présent bien conscience qu’ils perdent des opportunités, car tous les usinages sont effectués en Chine et non pas sur le continent africain.

 

En Amérique du Sud, la Chine aide les pays en situation de crise

La Chine est un gros prêteur pour le Venezuela et l’Argentine, des pays très problématiques en Amérique du Sud et longtemps délaissés par les grandes puissances occidentales. Le Président du Venezuela Nicolas Maduro et la Présidente de l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner ont tous deux sollicité la Chine pour obtenir des capitaux, en échange de pétrole évidemment. Ainsi, en 2015 65 milliards de dollars ont été investis par la Chine directement au Venezuela. En aidant des pays en crise et instables politiquement, la Chine peut certes s’assurer un approvisionnement en ressources naturelles, mais elle s’expose grandement aux conséquences de crises géopolitiques.

 

L’Asie et le Moyen-Orient sont en première ligne

La Chine investit massivement au Pakistan et au Bangladesh, avec des capitaux qui dépassent de loin les prêts accordés par le FMI et les puissances occidentales. Ces investissements sont principalement dirigés vers les secteurs de l’énergie, mais le secteur de l’immobilier n’est pas en reste notamment aux Émirats Arabes Unis : en 2012 la Chine y a investi 3 milliards de dollars, pour chiffrer la part totale des investissements chinois à 5,5 milliards de dollars. Même l’Inde et le Japon, concurrents historiques de la Chine, ont reçu respectivement 1,6 milliards et 12 milliards de dollars en provenance de la deuxième puissance mondiale.

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