Le monde connaît vraisemblablement sa plus grande crise globale depuis la Seconde Guerre Mondiale. La pandémie a mis des pans entiers de l’économie à l’arrêt. Avec plus de la moitié de la population mondiale confinée et la plupart des frontières fermées, le transport aérien vit une crise sans précédent. Les faillites semblent inévitables… Et les actions des compagnies aériennes sont en chute libre.

Des compagnies en lutte pour leur survie

Dans les aéroports de nombreux pays, les avions sont cloués au sol. Les équipages et personnels sont licenciés ou au chômage technique. Conséquence directe de la pandémie de Covid-19, le trafic aérien est quasi nul, à part quelques vols de rapatriements de passagers coincés à l’étranger. Du jamais vu dans l’histoire de l’aviation.

Les transporteurs aériens estiment leurs pertes à près de 40 milliards de dollars entre avril et juin. Près de 61 milliards de dollars de liquidités devraient partir en fumée dans les prochains mois. Le secteur aérien est à l’agonie. Et certains acteurs n’y survivront pas.

C’est notamment le cas des plus petites compagnies et de transporteurs low-cost. Ces entreprises, qui bénéficiaient jusque-là d’une course effrénée aux petits prix et aux vols de dernière minute, risquent non seulement de ne pas survivre à la crise du coronavirus, mais aussi de se retrouver post-pandémie face à un monde totalement différent.

Pour Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair, cité dans Le Monde : « la crise va laisser des traces chez les gens. Elle pourrait provoquer un changement de comportement chez le consommateur ».

Autre conséquence potentielle à terme pour les compagnies, la généralisation du télétravail avec le confinement, qui pourrait avoir un impact significatif sur les voyages d’affaires.

Mais avant de se projeter aussi loin, la plupart des acteurs du secteur essaient surtout de savoir comment limiter la casse et entrevoir une sortie de crise définitive pour l’année prochaine.

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Des actions en chute libre

Symboles de cette crise de l’aérien, les fleurons nationaux de grands pays, ont vu leurs actions chuter brutalement depuis deux mois. Air France – KLM a, par exemple, perdu 53% de sa valeur depuis le début de l’année. British Airways, Lufthansa, Alitalia… Autant de compagnies qui ont vu leur valeur plonger ou leurs bénéfices s’effondrer. Même si ces grands groupes disposent d’importantes liquidités financières, les investisseurs ne sont pas rassurés pour autant.

Si certains comme la Lufthansa, Ryanair ou easyJet chez les low-cost, semblent mieux armés que d’autres pour affronter la crise, beaucoup de compagnies en appellent aux États.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) abonde d’ailleurs en ce sens. Son président, Alexandre de Juniac, prévient qu’à l’aune de cette situation sans précédent, c’est « 252 milliards de dollars de baisse du chiffre d’affaires pour l’ensemble du secteur soit une chute de 40% sur l’année ». Son organisation appelle donc les États à aider les compagnies à éponger les coûts fixes en débloquant « du cash, de la trésorerie ». Des mesures que la plupart des pays semblent engagés à prendre.

L’Italie a rapidement envisagé une nationalisation d’Alitalia. Les États-Unis comptent prendre une participation au capital de certaines de leurs compagnies les plus importantes. Seul son de cloche discordant, celui de Boris Johnson. Le Premier ministre britannique a, en effet, indiqué qu’un plan de sauvetage du secteur n’était pour l’instant pas à l’ordre du jour.

La sortie de crise pas pour demain…

L’incertitude ambiante, autour de l’évolution de la pandémie et des politiques de confinement mises en place pour y répondre, n’aide pas les compagnies aériennes à se projeter sur une éventuelle sortie de crise. La saison estivale 2020 semble plus que jamais moribonde.

Pour l’heure, les professionnels du secteur prévoient une courbe d’activité économique en U, où la chute brutale, à laquelle nous assistons, serait suivie d’une stagnation. Les entreprises du secteur craignent donc une reprise longue et difficile. Le temps que les États ouvrent leurs frontières, que les craintes liées à une éventuelle nouvelle vague épidémique ne se dissipent. Le temps aussi pour les consommateurs touchés directement au portefeuille de retrouver un certain pouvoir d’achat.

L’été 2021 apparaît pour beaucoup comme l’objectif à atteindre pour engranger à nouveau des bénéfices. À condition pour les compagnies aériennes de ne pas mourir avant.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo