Des universitaires américains ont fait un constat très surprenant : à chaque chute importante du Bitcoin, la baisse a été enrayée avec des achats massifs de la monnaie virtuelle via la plateforme Bitfinex.

Superstar de l’année 2017, le Bitcoin a connu une ascension fulgurante: la monnaie a multiplié sa valeur par 20, pour passer de $1.000 à $20 000 en 1 an.

En 2018, il semble avoir perdu de sa superbe avec une chute de 50% de sa valeur depuis janvier. Mais si tout cela était en réalité factice ? Et si le cours du Bitcoin était artificiellement gonflé ?

La valeur du Bitcoin serait artificielle ?

C’est un professeur de finance à l’Université du Texas,  John Griffin,  qui a dévoilé le pot aux roses mercredi : il a publié un rapport documenté selon lequel la moitié de la hausse du Bitcoin en 2017 et 2018 a été faite de manière artificielle. Souvenez-vous, la valeur du Bitcoin était passée de $1 190 à $7 000 de mars 2017 à 2018, ce qui représente une hausse de 488%.

Sans hausse artificielle, la valeur du Bitcoin aurait été autour des $4 100 à la fin du mois de mars 2018, ce qui aurait représenté une hausse de 245% sur un an. D’après l’universitaire John Griffin, une plateforme d’échange de monnaies virtuelles serait responsable de la manipulation.

Pour produire ce rapport, des milliers de transactions relevées sur la blockchain ont été analysées. Par définition, la blockchain est publique est tout un chacun peut vérifier les transactions qui y sont inscrites.

Certes aucun nom n’y figure, mais les adresses cryptographiques peuvent être tracées, telles que des numéros de comptes bancaires. Cette hausse artificielle des cours n’aurait pas profité qu’au Bitcoin : d’autres monnaies telles que l’Ethereum et le Zcash sont également concernées.

Une autre monnaie en cause : le Tether

C’est une autre crypto-monnaie très connue qui aurait été utilisée afin d’augmenter mécaniquement la valeur du Bitcoin et stabiliser ses cours très volatils : le Tether. Contrairement aux autres monnaies virtuelles, le Tether est indexé sur le dollar américain. On comprend sont sa faible volatilité et sa popularité.

Lors de chaque évolution brutale du Bitcoin, que cela soit une hausse ou une baisse, des Tethers ont été émis pour acheter des Bitcoins et faire monter le cours. D’après la RTBF, alors que 2 milliards de Tethers ont été émis pour acheter des Bitcoins en 2018, aucun dollar correspondant n’a été provisionné.

Le fondateur du Thether Jan Ludovicus Van der Velde a nié ces accusations et une enquête a été ouverte aux États-Unis. Le chercheur qui a publié l’étude souligne que le Tether est une monnaie développée et contrôlée par Bitfinex.

Selon John Griffin, il est à ce stade impossible de prouver que la plateforme Bitfinex ait favorisé cette manipulation. Il souligne cependant que les flux en question sont liés à des adresses qui appartiennent à Bitfinex.

Une enquête est ouverte aux États-Unis

Une information publiée par Bloomberg a davantage fragilisé le secteur des monnaies virtuelles la semaine dernière : le département américain de la Justice aurait ouvert une enquête pour manipulation des cours. Cette fois, ce sont les techniques de “spoofing” et de “wash trading” qui sont dans le viseur de l’organisation.

Qu’est-ce que le “spoofing” ? Il s’agit d’une technique de financière qui consiste à proposer des des titres boursier à la vente ou l’achat, pour ensuite annuler l’ordre juste avant qu’il soit exécuté. Cette technique a pour résultat d’orienter la demande des ordinateurs de trading à haute fréquence, de plus en plus utilités pour échanger les contrats à terme du Bitcoin (également appelés “futures”). Afin d’éviter une nouvelle crise financière, cette technique de trading a été déclarée illégale en 2010 avec la loi de régulation financière Dodd-Frank.

Qu’est-ce que le “wash trading” ? C’est trader avec soi-même tout en donnant aux autres investisseurs l’impression que la demande s’accroît. Cela les attire dans un piège. La technique de “wash trading” est considérée comme illégale depuis 1936.

Piratage d’une plateforme sud-coréenne

La dégringolade du Bitcoin s’est accentuée à partir du 13 juin, date à laquelle la plateforme sud-coréenne Coinrail a été piratée. $37,2 millions ont été dérobés par les attaquants, dont la plus grande partie en Pundi X (NPXS) et en Aston. Si Coinrail n’échange que des alt-coins, cet évènement a jeté un froid sur l’ensemble du secteur et le cours du Bitcoin a chuté de 10% pour à présent osciller autour des $6 800.

C’est loin d’être la première fois qu’une plateforme subit une attaque dans le pays : on se souvient de Youbit qui a déposé le bilan en décembre 2017 après avoir été piratée à deux reprises. Plus récemment, Coincheck s’est fait dérober $530 millions en NEMs.

Selon Reuters, $1,2 milliards de crypto-monnaies ont été dérobés depuis le début de l’année 2017, 20% de cette somme ayant été récupérée par la suite.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo