En moins de sept ans, les dividendes ont augmenté de 30% pour les entreprises cotées dans le monde entier, selon Oxfam. Bien que les Etats-Unis se positionnent en première position, la France se hisse à la cinquième place, juste après l’Australie.  

Le rapport prend en compte les 1 200 entreprises les plus puissantes sur la planète. L’analyse d’Oxfam alerte sur un recours récurrent aux paradis fiscaux pour les entreprises françaises et un actionnariat de plus en plus opposé aux droit des salariés. 

“CAC 40: des profits sans partage”

Oxfam est en colère. L’association britannique a publié un rapport le 14 mai sur la bourse. Intitulé “CAC 40, des profits sans partage”. Le rapport accable les entreprises cotées. Alors qu’en 2000, elles ne reversaient que 30% de leur bénéfices annuels, les enterprises listées en Bourse reverseraient jusqu’à 67% de leurs profits en 2016.

Par ailleurs, la rémunération des actionnaires aurait progressé quatre fois plus vite que celle des salariés entre 2009 et 2016. Oxfam parle de “grand écart salarial”, en précisant qu’en 2016, les PDG du CAC 40 ont gagné en moyenne 257 fois le SMIC et 119 fois plus que la moyenne des salariés.

Oxfam alerte également les pouvois publics sur la régulation des travailleurs sous-traitants – et indique qu’une cueilleuse de thé pour Carrefour, payée 505 euros par mois, devrait travailler 64 ans pour recevoir l’équivalent d’une journée de salaire du PDG.

Les paradis fiscaux en ligne de mire

Au-delà d’une condamnation ferme des inégalités salariales au sein des plus grandes entreprises, Oxfam remet en question les paradis fiscaux.

Selon l’ONG, 1 454 filiales se situeraient dans les paradis fiscaux, et c’est une entreprise française qui en détient le plus : le groupe LVMH, avec 234 branches. En seconde position au palmarès français, BNP-Paribas avec 172 filiales, suivi de près par la Société Générale avec 133, le Crédit Agricole avec 131 et Total avec 130 antennes.

Les destinations préférées des entreprises cotées sont des “coquilles vides”, déjà jugées par le gouvernement français comme partie intégrante de l’évasion fiscale : l’île de Jersey, Guernesey et les Bermudes.

Enfin, Oxfam note que si les taxes sur ces entreprises avaient été ajustées à leurs profits, plus de 13 milliards d’euros auraient pu être collectés en 2016. Une somme suffisante, d’après Oxfam, pour couvrir les besoins humanitaires de plus de 93 millions de personnes dans 34 pays.

Pour Oxfam, le gouvernement doit agir

Pour Oxfam, il n’est pas seulement question d’un ajustement au sein des entreprises – le gouvernement français doit intervenir dans la politique des entreprises.

Il faudrait, selon l’ONG britannique, imposer une échelle allant de de 1 à 20 pour les salaires dans les entreprises. C’est déjà le cas en Belgique – où les salaires sont plafonnés et en Suisse, où le pays a même passé une loi visant à limiter les “parachutes dorés”.

Enfin, Oxfam appelle les entreprises cotés à agir sur un plan “social et environnemental”. En d’autres termes, l’ONG voudrait établir une liste de valeurs à respecter “tout au long de la chaîne”, pour améliorer la santé au travail.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo